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dodo
Articles récents

Nouvel an 2015!!

1 Janvier 2015 , Rédigé par dodo

ce ne seront JAMAIS les urnes qui nous sauverons du marasme. Voter, c’est abdiquer, voter c’est consentir, voter, c’est jouer la main oligarchique du contrôle et de la division. Boycott de tout vote ! Boycott pas à pas des institutions en les remplaçant par l’organisation populaire des assemblées depuis les lieux de travail, depuis les voisinages. Pensons, parlons entre nous, communiquons, rassemblons-nous, agissons pour les générations futures, révisons l’organisation sociale et adaptons les succès autogestionaires passés et présents à notre société, court-circuitons les institutions politiques et économiques par l’organisation populaire autonome, abandonnons la société de consommation mortifère, créons les alternatives de production et de consommation locales. Boycottons vote et instititions, boycottons les entreprises du CAC40, de Wall Street et autres transnationales criminelles, Là où nous dépensons notre argent à un énorme impact sur les entreprises. L’Espagne a par exemple récemment boycotté les produits Coca-Cola… L’effondrement des revenus locaux de cette transnationale criminelle est sans précédent. Cela commence pour Monsanto également. Il faut attaquer le système là où cela le touche directement: au porte-feuille par le boycott et le développement des économies participatives locales et aussi dans sa (pseudo) légitimité politique et économique et non pas dans la rue dans des manifestations devenues inutiles (sauf pour occuper, ou entrer en grève générale expropriatrice..) où l’oligarchie nous attend de pieds fermes avec ses forces de répression hyper-militarisées.

Il suffit de dire NON !

Ensemble !…

De construire l’alternative !

Ensemble !…

Regain de conscience politique… Action populaire concertée. Gagner les cœurs et les esprits, faire basculer les forces de coercition du côté du peuple, là où elles appartiennent et non pas dans ce mercenariat forcé.

2015 doit voir le regain de conscience politique se transformer en un élan de contre-pouvoir populaire.

Il faut penser et agir en dehors du moule, en dehors de la boîte où nous avons été enfermés souvent à notre insu.

Une réflexion sur l’organisation des sociétés dites “pré-étatiques” (anti-étatiques en fait, comme l’ont prouvé les anthropologues politiques Clastres et Sahlins) s’impose, car les solutions existent déjà, il suffit de dépoussiérer, de remettre au goût du jour des solutions qui ont fait leurs preuves dans la vie pratique de sociétés passées et présentes (sociétés traditionnelles amérindiennes et africaines par exemple..) en les adaptant à nos vies actuelles.

Une fois sur le chemin de l’autonomie populaire… Toute option est parfaitement discutable et les communautés gèreront leur vie immédiate sans directive de qui que ce soit. Une ligne d’association (confédération) devra être établie et cela se réalisera le mieux avec un accord, un traité, une charte associative dont quelques très bon exemples existent comme la DDHC de 1793 et la Grande Loi de la Paix (Kaianere’ko:wa) de la Confédération Iroquoise, que nous avons traduit entièrement en français pour la première fois du moins, en format de divulgation de masse. La traduction en français des 117 articles/wampums de Kaianere’ko:wa a été envoyée par nos soins à la confédération iroquoise via le conseil des anciennes (conseil des femmes de clans élisant traditionnellement les chefs). Elle sera publiée par la nation Mohawk en français, puis par nous-mêmes sur ce blog, afin de favoriser compréhension, partenariat et pour les Québecois, un retour plus facile au paradigme politique originel.

Le point commun entre la DDHC française de 1793 et Kaianere’ko:wa est que toutes deux sont fondées sur le droit naturel, ayant seul, une validité et une portée véritablement universelles. Le droit naturel est simple et répond à deux impératifs, qui si respectés, régissent l’ensemble de la vie sur terre:

  • Respecte ton environnement
  • Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’on te fasse

Tout le reste en découle…

Les solutions existent, rien n’est inéluctable, sauf peut-être encore la mort, mais ne le sont ni l’État, ni même l’impôt (si, si…), qu’il faudra aussi boycotter une fois le contre-pouvoir populaire renforcé, car refuser de payer le tribut au tyran que sont l’État et ses gestionnaires, est le commencement de l’émancipation réelle. Il faut renverser la vapeur de la dette: Nous, les peuples, ne devons rien à nos “chefs”, ce sont nos “chefs” au contraire, qui nous doivent tout. La dette va du “chef” vers son peuple et non pas du peuple vers son/ses “chef(s)”. Cette règle est millénaire et bien établie dans les sociétés non politiquement divisées où la “chefferie” est le privilège de porter la parole du peuple sans avoir quelque pouvoir que ce soit. (cf Pierre Clastres)

Une fois cela compris… Un énooooooorme pas est fait ! Beaucoup de choses ensuite coulent de source… L’idée est de “lâcher-prise” du modèle qui nous est imposé à grand renfort de propagande et de contraintes, de “lâcher-prise” du matérialisme consumériste et tout va aller beaucoup mieux très vite…

Alors ?… 2015 année du contre-pouvoir populaire ? Ceci représente une décision indivduelle à prendre, décision qui ensuite très vite trouve racine dans le terreau des autres décisions individuelles semblables. Tout part de l’individu qui prend la main de son voisin, le principe de la réaction en chaîne si bien connue des scientifiques.

Chiche ?… En tout cas, nous continuerons en 2015 à offrir des suggestions posées et réfléchies pour un changement de paradigme politico-social. Quand nous parlons aux gens, tout le monde dit “çà ne peut plus durer”… Certes, commençons à changer en comprenant et à débroussailler la voie de la confédération démocratique.

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Révolution arrive en fiacre !

17 Décembre 2014 , Rédigé par dodo

La « révolution altermondialiste »

Face à la crise systémique de l’ensemble du mode de production impérialiste qui secoue tous les continents, les courants de la gauche bourgeoise sont unanimes et ils déclament qu’un Nouveau Monde est possible (sic). À l’exemple de Warren Buffet le multimilliardaire, ils réclament une plus juste répartition des revenus entre les riches, dont les 1% accapare presque 20% du patrimoine mondial, alors que les 99% restants se partagent le 80% résiduel. Pire, quelques milliards d’individus subsistent dans une immense pauvreté, sans eau potable, et avec moins de 2 dollars par jour pour se nourrir et se vêtir. Nous connaissons toutes ces calamités issues de l’impérialisme débridé. La question qui nous confronte n’est pas de reconnaître cette réalité souffrante, mais de la transformer, de la changer radicalement… Mais comment ?

La go-gauche bourgeoise s’aventure à quémander des augmentations de salaire pour tous les salariés. Différentes tactiques sont présentées pour redistribuer l’argent et hausser le salaire minimum (SMIC). Ou alors pour augmenter les prestations d’assistance sociale et d’assurance chômage. On propose de réduire les tarifs des services publics. On suggère de hausser les impôts des riches et d’enrayer l’évasion fiscale. Évidemment, ces pseudo « solutions » ne concernent que les pays occidentaux, puisque dans les pays du tiers-monde ces prestations et ces services ne sont même pas disponibles pour l’immense majorité… Comment hausser un salaire minimum qui n’existe pas et alors que 50% des travailleurs sont sans emploi ? Comment hausser des prestations d’aide sociale inexistantes ? Misérables bobos altermondialistes, petits-bourgeois gauchisants et décadents.

Enfin, quelques économistes aussi « progressistes » que le nobélisé Joseph Stiglitz ex-conseiller du Président américain Bill Clinton, et l’altruiste Thomas Piketty, à la remorque du millionnaire John Maynard Keynes attestent qu’il y a va de la survie du capitalisme et qu’il faut augmenter les revenus des salariés pour relancer la consommation (4). On en vient à ne plus rien comprendre. Pensez donc, l’économie impérialiste s’écroule, les thuriféraires universitaires et les Nobels d’économie biens pensants ont trouvé la solution (augmenter les revenus des consommateurs afin de relancer la demande) et les magnats de la finance, les capitaines d’industrie, les larbins politiciens n’écoutent rien et refusent d’appliquer le remède qui pourrait sauver tout leurs biens. Comment expliqué une telle contradiction entre la raison et les centres de décision ? C’est que la « solution » des sommités de l’économie est bidon et les pontifes de l’économie politique capitaliste ronronnent pendant que la gauche bourgeoise s’époumone.

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presse aux ordres!!

10 Décembre 2014 , Rédigé par dodo

Sur ce qui se passe en Ukraine c'est le black out total dans les médias pourtant la SALE GUERRE contre la population civile devenue GENOCIDAIRE continue. Torture exécutions sommaires fosses communes remplies de centaines de cadavres, utilisation de phosphore blanc 60 % des habitations détruites ou sévèrement endommagées dans certaines villes du Donbass, la liste des horreurs commises par cette dictature fasciste est sans fin.

Et pourtant rien n'est dit dans ces officines de presse. Tous ces journalistes se taisent alors même que l'Ukraine est devenu le pays le plus dangereux pour les journalistes. Des journalistes qui tentent de faire honnêtement leur travail – il en existe encore quelque uns mais c'est une espèce en voie de disparition à protéger d'urgence par l'opinion publique – sont arrêtés torturés emprisonnés et pour certains parce que russes ont été froidement éxécutés. Ces « journalistes »qui hurlent quand un des leurs est éxécuté par les terroristes de DAECH se taisent quand l'un des leurs est éxécuté par les judéo fascistes qui ont pris le pouvoir à Kiev.

Cette inversion orweillienne de la Réalité par ces officines de Propagande montre à quel point on a affaire actuellement à un véritable Négationnisme historique totalitaire extrêmement dangereux pour les peuples leur histoire leur culture leur liberté.

Il est temps que ces propagandistes et les apparatchicks politiques qui agissent en tandem avec eux rendent des comptes. Barricadés dans leur tour d'ivoire du Mensonge et du Silence Mensonge ils ne sont plus à l'abri ici en France d'une révolte populaire qui pourrait dans le futur les considérer comme cibles légitimes parce qu'ils sont devenus les symboles arrogants sans scrupule d'une dictature totalitaire fusse t- elle de « gauche ».

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AU LOUP !

3 Décembre 2014 , Rédigé par dodo

Jusque dans certains milieux écolo-libertaires se véhiculent de drôles d’idées noires. Voilà qu’on y crie « au loup » ! Qu’on y fait la propagande de films apparemment documentés, mais à l’argumentaire plus que biaisé, pour exiger la « régulation » des loups en insistant sur les images des carnages et sur la fin de l’agriculture paysanne. Pourtant cette intimidation cinématographique, qui a valeur d’une thèse à charge contre la vie sauvage, ne peut guère faire croire que l’élevage serait en péril en France à moins d’une très grosse manipulation.

Pour 24.7% de « parcs naturels », il n’existe sur le territoire français que 2% de zones en réserve pour le maintien de la faune sauvage quand l’espace naturel et nos montagnes sont de plus en plus avalés par les aéroports, par des barrages, par l’intensification des cultures, par le tourisme et par la croissance urbaine. Il est probable pourtant que cette invasion continuelle des espaces soit de plus en plus incompatible avec la présence de la faune sauvage. Alors, la solution serait, sinon de détruire tous ces animaux qui gênent, au moins de les écarter ailleurs, plus loin encore, de réduire leur prétendue « prolifération » ?

Mais que viennent faire tous ces moutons seuls et sans défenses dans nos montagnes et sur nos causses ? Pourquoi ces territoires fragiles sont-ils entre les mains de propriétaires terriens qui admettent un pâturage aussi brutal ? D’autant que la plus grande part de la production ovine reste largement industrielle ou quasi industrielle et dépendante des subventions bien qu’elle se présente comme extensive. Il y a environ 7 millions de moutons en France (seulement 38000 en bio soit 0.5%) dont 2 millions pour la production laitière, mais tout cela finit toujours à l’abattoir où un agneau se vend 6 € la tête. Car ce qui menace la filière, c’est le modèle économique lui-même. A peu près 14 tonnes sont exportées sur un total de 65 tonnes soit quasiment 1 agneau produit pour l’étranger sur 5. Dans les élevages, 60% de la mortalité des agneaux survient pendant les 3 premiers jours. Et à l’âge adulte, les conditions atroces du transport des brebis domestiques à des densités réglementaires de 5 moutons par m² (!) durant jusqu’à 19h (mais le voyage peut durer 2 semaines) entraînent à elles seules la mort de milliers d’animaux. Enfin, moins de 1800 élevages ont admis les mesures de protection contre le loup. Or, d’après les chiffres maximum, les loups emportent à peine 0.08% du cheptel un peu avant l’abattoir. Quelle place reste-t-il pour la faune sauvage ? Les lions, les tigres, les panthères et les ours attaquent bien davantage ailleurs, prélevant aussi régulièrement des animaux domestiques. Il existe, même au Canada, des accidents avec les humains. Et j’en suis désolé, du point de vue de la détresse humaine, un paysan espagnol, un ouvrier agricole indien, ou un éleveur tanzanien valent bien autant qu’un producteur d’ovins français.

Les détracteurs du loup répètent toujours la même chose, il faut « réguler ». Mais les éleveurs ont déjà droit à effectuer des tirs de défense pour tuer ou effaroucher les loups qui approchent les herbages. Ils ne s’en privent pas. Il s’ajoute désormais nombre de battues, menées tambour battant. L’élimination exceptionnelle d’individus agressant un troupeau peut se comprendre, mais l’élimination indifférenciée ne s’avère jamais une solution durable. A combien de loups tués s’arrêteront ils ? Car ici, le mot « régulation » n’est qu’une autre forme du mot « élimination ». On tue tout ce qui est vu. On a déjà « régulé » c’est-à-dire tué 33 loups en France (15 femelles et 18 mâles au 30 novembre 2014), soit 11% de la population des 300 loups français (il y a 3000 loups en Espagne), dont des femelles gestantes ou allaitantes. Les chasseurs « régulent » c’est-à-dire massacrent tous les ans 200 000 putois, 150 000 martes, 300 000 belettes et nombre de renards, de blaireaux, de fouines et de visons pour « protéger » leur gibier. Et pourtant, le petit putois de nos campagnes est juste accusé de manger des grenouilles, des lapins et… des rats !

A-t-on été si mauvais dans l’enseignement que l’écologie n’est plus vécue que comme une économie du monde ? Quand et à combien d’animaux tués cesseront ils de dire qu’il y a trop de renards, de loups, de blaireaux ? Cette prétendue « régulation » est une incongruité écologique. Les prédateurs ne prolifèrent jamais. Plus même, chez des animaux vivant en communautés sociales, le groupe familial constitue la clé de la survie. Tuer des loups au hasard entraîne juste l’éclatement des groupes. Le territoire atteint environ 200 km². Les survivants inexpérimentés qui n’ont rien pu apprendre risquent alors de mener une vie plus ou moins erratique et, s’en prenant aux proies les plus faciles, ils peuvent au contraire aggraver le problème des attaques contre les moutons. La proie « naturelle » du loup reste le chevreuil, et le prédateur a besoin d’environ 3 à 5 kg de viande par semaine, soit en moyenne 1 à 2 chevreuils par mois, moins de 2% de ce que l’activité cynégétique tue. Car les chasseurs tuent 500 000 cervidés en France par an et entre 1985 et 2000, le nombre de chevreuils abattus a été multiplié par 4. On le constate, les chiffres n’ont rien de comparable.

Il n’y a pas à être pour ou contre le loup, mais juste à apprendre à vivre avec les animaux sauvages qui nous accompagnent durant notre passage sur cette planète. Vivre avec les animaux comme les agriculteurs biologiques apprennent à cultiver en tolérant les plantes sauvages. Cela n’est pas facile, mais la nature n’est pas la seule affaire des petits propriétaires qui industrialisent nos vies. Notre monde est comme un château de cartes et la biodiversité est nécessaire à notre survie, comme les abeilles et les syrphes pollinisent des millions de plantes à fleurs, depuis nos courgettes à nos assiettes, comme les vers de terre labourent et digèrent des millions de tonnes de déchets et comme les oiseaux, les blaireaux et les fouines dispersent des milliards de graines. On ne sait pas bien à partir de quelles altérations les écosystèmes perdent leur intégrité fonctionnelle mais ôter une carte, puis une autre, encore une autre et c’est l’ensemble de notre monde qui s’écroulera… On a pourtant vu défiler à Paris des cortèges de tracteurs demandant à continuer à user des pesticides encore, et encore.

Au lieu de précariser les ouvriers agricoles, d’exploiter les pauvres et de détruire les milieux naturels, il faut réinventer une agriculture humaine avec des bergers, de vraies communautés et où la survie des uns ne dépendra pas du prix de vente d’animaux regardés comme marchandises, ni de la destruction des autres espèces. Ce n’est pas le loup qui menace l’agriculture paysanne, c’est l’industrialisation de nos vies !

Doit-on considérer la nature comme un espace mercantile dévolu à toujours plus d’échanges marchands ? Doit-on exploiter toutes les « ressources », braconner tous les rhinocéros ? Détruire tous les tigres ? Massacrer tous les putois ? Eliminer tous ces animaux dont on affirme qu’ils dérangent afin de garder seulement des espèces condamnées à perpétuité à être contemplées dans des « réserves » où seuls Mickey et Goofy seraient bien gentiment derrière des grilles ? Partout l’érosion de la biodiversité s’aggrave et la détérioration des milieux s’empire, et, cependant, jamais autant d’éléphants, de tigres, d’hermines et de rhinocéros n’ont été braconnés.

Alors, qui orchestre cette nouvelle fable du loup et de l’agneau ? Je me refuse à vivre dans un monde dépeuplé d’animaux sauvages où la seule réalité serait l’économie de nos vies assujetties aux marchandises. Ce que veulent ces gens-là, c’est une nature vide, bien propre, sans dangers ni animaux sauvages, dépeuplée de tout ce qui en fait l’écologie vitale. Apparemment, les hérauts de« chasse pêche nature et tradition » et autres réactionnaires semblent encore posséder bien de la marge. Ne nous trompons pas d’ennemis. Nous ne voulons pas de ce monde-là, vide des êtres vivants et seulement rempli de leur police, de leurs producteurs et de leurs marchands. Oui, la nature n’est pas un monde de petits pandas gentils, la vie sauvage peut être inquiétante, vivre c’est prendre des risques.

Mais le vrai danger en France, ce n’est pas la survie d’à peine 300 loups sauvages, c’est la gigantesque propagande idéologique de 3 millions de fachos dans l’hexagone.

Thierry Lodé « Manifeste pour une écologie évolutive » Eds O Jacob, Nov. 2014.

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Pouvoir Suprême! ou est-tu?

3 Octobre 2014 , Rédigé par dodo

Oui, mais ils ont créé l’Institut Tavistok, le Darwinisme social suivit de pratiquement toutes les "théories" économiques du libre-échange, du libéralisme économique et financier et de leurs pseudo-opposants("Das Kapital"). La City reste au centre de toutes les affaires "économiques" et Financières internationales avec sa constellation de Paradis Fiscaux appartenant à l’Impératrice et Reine Elizabeth II protégée par "l’Official Secrets Act", et son "Privy Concil"et ses 390 conseillers, le MI6 et le MI5 et leurs sous-groupes(British invisibles, Crown’s agents, etc….) restant les "secret services" au top de la pyramide. Les loges maçonniques qui leurs sont affiliées (l’arche royale maçonnique, le chef de la maçonnerie internationale et le rite écossais), les Banquiers juifs ou pas (Rotchild, Goldsmith, Hamphro, Weil, et autres Mellon, Harriman, Bush, etc…) et assis sur des fortunes ridiculisant Bill Gates….etc
Ils sont à la tête de "Sociétés Secrètes" tel que Chatam House ou RIIA, le Club des 1001, la Société des Pélerins(pilgrim’s society) etc,et sont actionnaires souvent majoritaires de Sociétés transnationales comme Royal Dutch Shell,BP,Lonrho,Monsanto,GE, BAE system, etc…La Reine d’Angleterre est le plus gros propriétaire terrien et foncier au Monde, avec ses 6. 600 millions d’Acres, après c’est le Roi d’Arabie….En réalité, les USA sont une Corporation dont les bénéfices servent le "Syndicat du Temple de la Couronne de Londres" et leurs employés (marionnettes)à la tête du "Gouvernement".
Leurs hiérarchies sont très strictes, et les rôles sont distribués à travers un certain nombre d’ordre(l’ordre de la Jarretière, l’ordre de la croix de st Jean de Jerusalem,l’Excellentissime Ordre de l’Empire Britannique,etc…)souvent très ancien, dont ils se servent pour mener leurs affaires. Leur étendard est le Dragon Rouge en référence direct à Satan, et leur projet est l’Empire Monde(Antéchrist) sous leur contrôle évidemment. Ils sont adeptes des "religions des mystères"de l’ancienne Egypte, Rosicruciens,Théosophistes et autres religions druidiques ainsi que des cultes Satanistes et Lucifériens, notamment le culte sacrificiel épouvantable du 9ème Cercle impliquant de nombreux membres du Vatican et autres officines gouvernementales. La Reine est le chef de l’Eglise Anglicane, et de bien d’autres choses encore qu’il serait trop long d’énumérer ici…..à part ça elle pose bien son cul sur une pierre effectivement…..

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Journaliste et information

18 Août 2014 , Rédigé par dodo

Sans "riches" pas de salut ! Ou la cupidité comme moteur de l’économie.
de : Michel Taupin
lundi 18 août 2014 - 17h00

Dans l’Express Christine Kerdellant compare la France à Cuba !

L’Express avec Cuba, c’est comme le Klu Klux Klan avec les noirs américains : une haine viscérale qui voue aux gémonies tout ceux et tout ce qui les dérangent, avec un mépris profond pour les êtres ou les politiques qui s’opposent à eux. Comme le Klu Klux Klan qui revendique la suprématie blanche, l’Express lui revendique la suprématie du capitaliste ultralibéral. Alors on se permet le pire ! Avec l’Express, c’est le lynchage médiatique systématique de Cuba !

En août, c’est la chroniqueuse Christine Kerdellant, journaliste, ancienne directrice du Figaro Magazine, qui s’y colle. Avec un texte intitulé "La France victime du syndrome de Cuba" on peut être sûr que son seul but est de flétrir à la fois la France et Cuba. L’idée de sa chronique est de taxer la France du même immobilisme dans lequel "l’île des Castro" (sic) s’est figée depuis 50 ans. Bref, comme Cuba, "la France est à l’arrêt", "la croissance est en berne", la France ne cesse de dévisser". Comme elle le dit elle-même, "le parallèle est osé". Mais il est bien plus qu’osé, il est imbécile, malhonnête, arrogant, mensonger, crapuleux et indécent.

Imbécile en effet, quand vous comparez Cuba, un pays pauvre des Caraïbes, à la France, pays riche d’Europe. La Banque Mondiale s’y refuse évidemment tant les ressources, les infrastructures et les disparités géographique, historique, culturelle, démographique et économique sont différentes et le pays étranglé par le blocus étatsunien.

Malhonnête, car vous cachez volontairement à vos lecteurs le blocus criminel que les USA infligent à Cuba depuis 53 ans et qui lui a été (et lui est encore) terriblement dommageable au plan de son développement économique puisque cette vengeance anachronique lui a déjà fait perdre 1100 milliards de USD, sachant que le PIB annuel de Cuba sous blocus s’élève aujourd’hui à environ 80 milliards USD. A quoi il faut ajouter la part de budget importante que Cuba doit consacrer à sa défense pour se préserver des attentats et agressions multiples que le pays subit toujours de la part de l’Empire. N’en parler jamais est à la fois une faute journalistique inexcusable et une véritable escroquerie.

Arrogant, lorsque vous jetez sur Cuba ce regard méprisant et condescendant qu’ont les nantis, installés bien au chaud dans leur appartement cossu du 16ème et que vous jugez, péremptoire, que les cubains n’inventent plus parce qu’on "ne leur permet pas de devenir riches". Pour vous et votre dogme néolibéral, le moteur de l’activité économique ne saurait être autre chose que la cupidité ! Mais Madame Kerdellant, comment faire fortune sinon au détriment de la majorité, par le vol et l’exploitation d’autrui ? Citez moi une autre manière de s’enrichir qui ne fasse pas appel à ces deux là ?

Mensonger puisque vous affirmez que la croissance cubaine est au point mort. Or c’est tout le contraire, jugez plutôt : la croissance annuelle moyenne du PIB de Cuba a été entre 1971 à 2010 de 3,2% (malgré une chute vertigineuse entre 1988 (3,8%) et 1993 (-15%) due à l’écroulement des échanges commerciaux avec les Pays de l’Est). Elle est remontée dès 1994 pour atteindre 8% en 1996 et, jusqu’en 2012 (derniers chiffres enregistrés par la BM), en net redressement, elle a connu une moyenne de 4,8%. Or, si la croissance moyenne du PIB de la France entre 1961 et 2012 est la même que Cuba (3,2%), de 1996 à 2012, elle n’a été que de 1,57% avec une chute importante en 2008 et 2009... qui continue. Cela signifie que Cuba n’est pas, comme vous l’affirmez, immobile, mais au contraire de la France, un pays qui cherche en permanence à faire évoluer sa démarche révolutionnaire socialiste vers plus d’initiative, d’efficience, d’équité et de bien-être dans la mesure de ses moyens.

Crapuleux, quand vous moquez les transports, effectivement difficiles à Cuba, en ne donnant comme raison à ces difficultés que le fait suivant : "les malheureux cubains ne peuvent s’acheter de voitures individuelles bien trop chères" ! Or la politique éco-socialiste cubaine est tout le contraire de l’individualisme forcené et du consumérisme ravageur qui sont deux des raisons de l’appauvrissement intellectuel et de la dépendance d’un peuple. La priorité du gouvernement cubain est le développement des transports publics accessibles à tous et la préservation de l’environnement. Mais comme vous le savez, elle se heurte au blocus étatsunien et à l’extra-territorialité des lois américaines qui le régissent (crédits bancaires impossibles, paiements comptant obligatoires et prix très élevés), et les empêchent de développer les infrastructures lourdes et d’acheter des véhicules et les pièces de rechange nécessaires à leur entretien. Et les vieilles voitures américaines qui roulent nombreuses à Cuba et qui font frémir votre petit cœur de VRP du capitalisme (elles font désormais partie du patrimoine culturel cubain), subissent le même sort puisque leurs propriétaires ne peuvent se procurer de pièces de rechange. L’entretien de ces monuments historiques est bien le seul domaine d’ailleurs où vous reconnaissez aux cubains de l’imagination et de l’inventivité ! Quant au prix des voitures importées, vous êtes aussi sérieuse qu’un clown dans un cirque : Cuba importe ses véhicules au prix fort (tarif moyen appliqué en local) et les taxes que Cuba prélève, servent à développer et moderniser les transports en commun. Il est évident que le revenu moyen des cubains ne peut leur permettre de se payer des voitures individuelles neuves. Et la frustration des cubains n’est pas tant comme vous l’affirmez, l’impossibilité de s’offrir une bagnole (même si cela flatte l’égo) mais dans le fait que Cuba est empêché par l’Empire de développer et moderniser son réseau de Transports Publics. Ce que vous n’arrivez pas à rentrer dans votre petite tête préformatée d’HEC, c’est que Cuba est socialiste et préfère le partage à l’égoïsme destructeur d’une consommation insatiable.

Indécent, quand vous affirmez que les forces vives d’un pays, ce sont "les riches" qui, seuls selon vous, inventent, innovent. Sans les riches dites-vous, point de salut. Par conséquent, les pauvres sont responsables de leur propre indigence puisqu’ils n’ont aucune imagination et n’osent prendre aucun risque. Puis, sentencieuse, vous assénez : "Un pays qui refuse la logique de l’économie de marché, est un pays mort-vivant". Une logique dévastatrice qui plonge une part toujours plus grande de la population française non seulement dans la pauvreté (9 millions) mais de plus en plus dans la misère(2,5 millions) avec parallèlement un nombre de super-riches qui s’accroît, affichant des fortunes indécentes. D’un côté donc une concentration accrue des richesses, de l’autre une explosion de la pauvreté ! Robespierre disait en son temps : "Le fléau des peuples ce sont les riches. L’intérêt du peuple est l’intérêt général, celui des riches est l’intérêt particulier". Rien n’a changé, seules les féodalités sont passées dans d’autres mains. Des féodalités qui nous enfoncent dans l’obscurantisme du Moyen-âge. C’est un dessein inhumain et mortifère.

A Cuba, depuis la Révolution, c’est une projet de société autrement plus vivant et humaniste qui est proposé. Une toute autre logique est en œuvre à Cuba, malgré ses faibles ressources et les obstacles mis sur sa route, c’est la logique du partage ! Après le triomphe de la Révolution, les riches capitalistes cubains n’ont jamais voulu partager avec le peuple. Il s’en suivit une série de nationalisations dont les profits ont été enfin redistribués au peuple lui-même. Le socialisme cubain était en marche soutenu par l’une des formes de démocratie les plus avancées, la démocratie participative. Et, comme vous le dites peu et mal, il a permis au pays d’éradiquer la misère et la discrimination raciale, d’éduquer, de soigner, de loger, de cultiver toute la population sans exception.

Cette logique que vous exécrez tant, a ouvert des droits nouveaux, inconnus jusqu’alors, comme l’égalité des droits hommes-femmes, l’interdiction du travail des enfants, la prise en charge des anciens, le respect de la diversité sexuelle et la défense de l’environnement pour n’en citer que quelques uns.

Cette logique que vous haïssez tant, a permis au peuple cubain de retrouver sa dignité, sa fierté et sa joie de vivre, et a fait de Cuba un pays phare détesté par les cupides mais aimé par tous les humanistes. Imaginez un petit instant, Mme la chroniqueuse, que Cuba ait disposé depuis 1960 de toute sa liberté, de sa souveraineté pleine et entière et de tous les moyens financiers dont les USA l’ont privé depuis 50 ans, imaginez alors ce qu’aurait pu être Cuba aujourd’hui !

C’est la peur de voir le modèle capitaliste KO qui fait que l’Empire refuse de voir cette expérience se développer sans entrave. Cuba résiste parce que son peuple sait depuis longtemps que le système que vous proposez est un leurre et que si le socialisme cubain est perfectible, le peuple dans son immense majorité lui est acquis et ne voudra jamais revenir aux temps d’avant la Révolution. Alors vous enragez.

Vous auriez dit : "Seuls souffrent de l’horreur du monde ceux qui en ont vu la beauté." Je partage cet aphorisme en le précisant : "Voyez la beauté de Cuba et vous souffrirez sans doute plus encore des horreurs de votre monde".

Michel Taupin

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La république ne pourra pas être sauvée! L'hitoire vous le dira!

5 Août 2014 , Rédigé par dodo

Bien sûr, il y a eu 1789, la prise de la Bastille et tout le reste, mais peut-on qualifier de révolution ce qui s’est passé, puisqu’il s’agissait seulement pour la bourgeoisie de déposséder le Roi de son pouvoir ? lien

Pour faire court, le Roi avait congédié Necker, le grand argentier du royaume, lequel avait toute la confiance des bourgeois, et ceux-ci ont décidé d’armer la population afin de renverser le monarque, puis une fois la mission réussie, ils ont récupéré les armes qu’ils avaient distribué, en échange du versement de 40 sols, ce qui équivalait à 2 journées de travail. lien

Il faudra attendre 1791 pour voir débouler la révolution du peuple, laquelle sera anéantie par La Fayette qui fera tirer sur les insurgés. lien

Bien sur, il reste la célèbre « déclaration des droits de l’homme et du citoyen », mais n’est-elle pas encore aujourd’hui plus du domaine de la fiction que de la réalité... ?

Les hommes sont-ils « libres et égaux en droits »…la loi est-elle « la même pour tous »…tous les hommes sont-ils toujours « présumés innocents jusqu’à ce qu’ils aient été déclarés coupables ?… »

Et quid de « la liberté d’exprimer une opinion, même religieuse ? ». lien

Puis est venue la Commune, matée par un certain Adolphe Thiers.

Etonnante carrière que celle de cet homme.

Il avait sur la religion des idées très arrêtées, affirmant que « la religion va plus loin que la philosophie », ajoutant que « seule la religion qu’est le Christianisme a donné un sens à la douleur »… il serait intéressant de savoir ce qu’en pensent les bouddhistes tibétains martyrisés par le pouvoir chinois, et d’autres…

Cet homme qui se disait « un homme de progrès », un « Républicain » avait refusé les chemins de fer, et était en réalité le chantre de la défense de la propriété et du protectionnisme, œuvrant toujours pour le camp monarchiste ou bourgeois. lien

Il est probable qu’il dut son succès à une indéniable éloquence, maniant allègrement le cynisme : « la science de gouverner est toute dans l’art de dorer les pilules » disait-il. lien

Celui qui avait déclaré : « la République sera conservatrice ou ne sera pas » s’était toujours opposé aux idées défendues par la gauche. lien

Lors des 3 glorieuses, épouvanté par les coups de feu, il fuit Paris, puis une fois le calme revenu, se met au service de Louis Philippe, devenant à 37 ans ministre de l’intérieur. lien

En 1834, lors de la fameuse révolte des Canuts Lyonnais, ces ouvriers de la soie, Thiers va commander au Préfet de Lyon : « ne reculez devant aucun moyen de destruction », ordonnant très clairement de résoudre au besoin par la force des canons tous ces trublions. lien

A 43 ans, il devient Président du Conseil, mais ne le restera pas longtemps, Louis Philippe trouvant inquiétant sa volonté d’entrer en guerre contre les Britanniques. lien

Il va ronger son frein quelques années, puis à la faveur du soulèvement de 1848, il va d’abord se mettre à l’abri, appliquant la règle du « courage, fuyons… », et une fois l’ordre rétabli, il analyse la nouvelle situation : 2 groupes monarchistes s’affrontent pour prendre le pouvoir, et il se fera le chantre de la République, avec comme devise : c’est le régime qui divise le moins.

Contre toute attente, c’est Louis-Napoléon Bonaparte, un vague descendant de l’empereur Napoléon, qui va l’emporter.

Thiers considère que le nouvel élu est « un crétin manipulable », ce en quoi il se trompe lourdement, puisque Louis-Napoléon Bonaparte va tout renverser, la République et le reste, en se faisant nommer Empereur, exerçant son pouvoir pendant 18 ans. lien

Arrive la guerre, et la catastrophe de Sedan, provocant la chute de l’Empire, Thiers, à 74 ans, rêve que son heure est enfin venue.

A cette époque, un romancier nommé Elémir Bourges, fera de lui une description cruelle : « une espèce de nain ridé, à figure de vieille fée, les cheveux dressés en huppe, un petit nez crochu, entre des lunettes ». lien

Toujours est-il que Thiers préfère provisoirement rester dans l’ombre, conscient que le nouveau gouvernement ne va pas rester trop longtemps populaire, parce qu’obligé de « se salir les mains » : il faudra céder l’Alsace et la Lorraine à l’ennemi, et surtout, tout comme après la prise de la Bastille, reprendre les armes au peuple.

En effet devant la menace allemande, le pouvoir impérial avait fait rentrer dans la garde nationale, laquelle en principe était issue des milieux nantis, monarchistes ou bourgeois, des milliers d’hommes issus des milieux populaires : pour 250 000 gardes, ceux-ci représentaient plus de la moitié, et il fallait vite les désarmer.

Alors Thiers ne veut pas se mêler de ça : espérant que ceux qu’il appelle « les Jules » vont faire le sale boulot, se couvrant les mains de sang, et il va faire le tour de l’Europe, se présentant dans les chancelleries étrangères comme le sauveur républicain, futur président d’un état neutre, et pacifique.

De retour à Paris, il se prétend porte parole des gouvernements européens, chargé d’une mission humanitaire.

Sauf qu’à ce moment, le général Achille Bazaine, et son armée de 180 000 hommes, a tourné sa veste, faisant allégeance à la Prusse, provocant la colère populaire parisienne, laquelle soutiendra son gouvernement. lien

Thiers, comprenant qu’il va falloir attendre encore un peu, se réfugie chez le chancelier Bismarck, lequel est à Versailles, lui promettant, une fois de plus, que lorsqu’il sera au pouvoir, il aura l’Alsace et la Lorraine.

C’était sans compter sur Gambetta qui à Tours, en 3 semaines, est parvenu à lever une armée considérable bien armée, forte de 125 000 hommes, artillerie, cavalerie, et qui est décidé à faire une guerre nationale.

Or Metz n’est toujours pas tombé, et Bismarck ne dispose que de 40 000 hommes pour se défendre, ce qui inquiète beaucoup Thiers, qui avait recueilli les confidences de Gambetta, décidé à attaquer le 29 octobre.

Ce qui n’arrange pas beaucoup les affaires de Thiers qui a bien compris que la fatale victoire de Gambetta fera de lui un héros, et probablement le futur chef du gouvernement.

Il va donc convaincre le général en chef des forces armées de Gambetta, un certain D’Aurelle de Paladines, de ne pas lancer l’attaque, qu’il qualifie d’insensée du point de vue social.

Ce dernier va donc justifier auprès de Gambetta le report de l’attaque, prétextant la pluie, un terrain peu favorable, et tergiversera pendant 13 jours (lien) amenant la capitulation… l’armistice sera signée le 28 janvier (lien) et le peuple français réclamera une assemblée, provocant les élections du 8 février 1871, laquelle sera majoritairement composée de nobles et de bourgeois, enfin provisoirement réconciliés.

Il y eut sur 650 députés, 500 monarchistes, sauf que la vieille querelle entre légitimistes de Charles X et les Orléanistes de Louis Philippe perdurait, et Thiers va reprendre l’idée qu’il avait lancée en 1848 : en attendant que la fusion entre les monarchistes se réalise, il se propose en chef d’une république conservatrice.

Dans le camp des républicains, se trouve d’abord Louis Blanc, un homme défendant les idées de la gauche, et qui avait fait l’un des meilleurs scores (216 000 voix), suivi par Victor Hugo, opposant notoire à Napoléon III, mais aussi Gambetta, piégé par la manœuvre honteuse de Thiers, ce qui lui avait fait perdre de son aura, Garibaldi complétant le trio de tête.

Or Thiers élu dans 26 départements (à l’époque, on pouvait se présenter dans plusieurs départements), et auréolé de ce succès électoral sera finalement nommé « chef de l’exécutif ».

Il doit encore résoudre un problème, c’est mater la fronde de Paris : il évoquait à l’époque le concept de « réduire Paris », opération délicate, car ses prédécesseurs n’avaient pas désarmé la garde nationale, dont on n’a pas oublié que 150 000 d’entre eux venaient du petit peuple.

Alors que faire ?

Thiers va d’abord se rendre auprès de Bismarck, toujours à Versailles et qui n’est pas tout à fait content : il a bien obtenu l’Alsace, validée par la conférence des neutres qui s’était tenue à Londres, mais n’avait pas eu gain de cause pour la Lorraine.

C’est Thiers qui va « tout arranger », demandant, via son gouvernement, à Belfort qui avait résisté à l’ennemi, de se rendre, (lien) et Belfort servira de monnaie d’échange à Bismarck lequel otiendra enfin la Lorraine. lien

Vient le soulèvement de la Commune de Mars 1871, et devant les « dérives » de la garde nationale parisienne qui s’est érigée en fédération républicaine, il nomme à sa tête un monarchiste, lequel pour la reprendre en main commence par supprimer les soldes, seule ressource financière des fédérés.

Puis Thiers se fera aider par les armées de Bismarck pour combattre la commune : près de 40 000 communards vont perdre la vie, 35 000 autres seront emprisonnés, jugés, et pour certains condamnés à mort. lien

Aujourd’hui la devise présente sur le fronton de nos mairies « liberté, égalité, fraternité » n’est pas toujours d’actualité, et les politiques sont plus souvent tenté de « se servir », plutôt que d’être au service de ceux qui les ont élus.

Rien n’est donc encore fait.

Comme dit mon vieil ami africain : « qui veut du miel doit affronter les abeilles ».

L’image illustrant l’article vient de « lacausedupeuple.blogspot.fr »

Merci aux internautes pour leur aide précieuse

Olivier Cabanel

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Valls prems ministre normal!

9 Avril 2014 , Rédigé par dodo

La nomination de Manuel Valls comme nouveau premier ministre français fait partie d’un net virage à droite des élites politiques partout en Europe. Le président François Hollande a réagi à la défaite du Parti socialiste (PS) aux élections municipales en intensifiant la guerre qu’il mène contre la classe ouvrière et en lançant des appels chauvins qui renforceront le Front nationale (FN) néofasciste.

La mission de Valls consiste à mettre en oeuvre les coupes sociales et les contre-réformes du marché du travail les plus vastes de l’histoire de la France. En tant que ministre de l’Intérieur, Valls a fait ses preuves en promouvant un programme de libre marché associé à une politique du tout sécuritaire et à des attaques implacables contre les réfugiés et les Roms. Il est appelé tour à tour le « Blair à la française », le « Schröder français » et le « Sarkozy de gauche ».

Les 50 milliards d’euros de coupes budgétaires devant être imposées d’ici 2017 et annoncées par son prédécesseur, Jean-Marc Ayrault, ne sont qu’un début. Les marchés financiers et leurs organes directeurs, le Fonds monétaire international (FMI) et la Commission de l’Union européenne, exigent des réductions de plus en plus drastiques.

Les dépenses publiques s’élèvent actuellement à 56 pour cent du produit intérieur brut français (PIB) contre 45 pour cent en Allemagne. Pour atteindre le niveau allemand, la France devrait engager une réduction de 200 milliards d’euros par an de ses dépenses publiques. Dans le même temps, le patronat exige des baisses radicales des salaires et des attaques encore plus substantielles contre les conditions de travail afin de réduire le déficit commercial de la France qui s’élève à 60 milliards d’euros.

L’application d’un tel programme par le gouvernement PS apporte de l’eau au moulin du FN qui a réalisé des gains considérables aux élections municipales. La dirigeante du FN, Marine Le Pen, tirera parti de la politique de Valls à deux égards : ses attaques sociales lui permettront de se faire passer pour la représentante des gens ordinaires et les tirades de Valls contre les immigrés banaliseront son propre racisme.

Pour Hollande, le PS et la classe dirigeante française, le renforcement du FN n’est pas un effet secondaire indésirable mais un objectif politique sciemment poursuivi. Valls est en train de planifier des attaques contre la classe ouvrière qui ne peuvent être menées à bien sur la base de méthodes démocratiques.

La classe dirigeante se fait de plus en plus à l’idée d’en appeler aux fascistes pour réprimer les luttes de classe. Au sein du parti conservateur gaulliste, l’Union pour un mouvement populaire (UMP), les partisans de la collaboration avec le FN gagnent du terrain et dans les rangs du PS et de ses partisans de la pseudo-gauche ils ne sont pas si rares ceux qui sont disposés à en faire autant.

Ceux qui connaissent l’histoire du PS ne devraient pas être surpris de voir Hollande nommer Valls à la tête du gouvernement. Le PS a toujours défendu les intérêts du capital financier français. S’il s’est servi à l’occasion d’un discours de gauche, il ne l’a fait que pour tromper plus efficacement les travailleurs français, pour saper leurs traditions combatives et pour les contrôler.

Par Alex TERRIEUR

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Dans les sociétés primitives....., ..?

5 Avril 2014 , Rédigé par dodo

Question : Qu‘est-ce que, pour toi, "l’anthropologie politique"? Comment te situes-tu dans ta démarche ethnologique actuelle (notamment par rapport au structuralisme)?

Réponse : La question du structuralisme d’abord. Je ne suis pas structuraliste. mais ce n’est pas que j’aie quoi que ce soit contre le structuralisme, c’est que je m’occupe, comme ethnologue, de champs qui ne relèvent pas d’une analyse structurale a mon avis; ceux qui s’occupent de parenté, de mythologie, là apparemment ça marche, le structuralisme, et Lévi-Strauss l’a bien démontré que ce soit quand il a analysé les structures élémentaires de la parenté, ou les mythologiques. Ici je m’occupe, disons, en gros, d’anthropologie politique, la question de la chefferie et du pouvoir, et là j’ai l’impression que ça ne fonctionne pas; ça relève d’un autre type d’analyse. Maintenant ceci dit il est très probable que si je prenais un corpus mythologique je serais forcement structuraliste parce que je ne vois pas très bien comment analyser un corpus mythologique d’une manière extra-structuraliste… ou alors faire des sottises, genre la psychanalyse du mythe ou la marxisation du mythe – "Le mythe, c’est l’opium du sauvage" – mais ça, ce n’est pas sérieux.

Question : Tu ne renvoies pas seulement à la société primitive; ton interrogation sur le pouvoir est interrogation sur notre société. Qu’est-ce qui fonde ta démarche? Qu’est-ce qui justifie le passage ?

Réponse: Le passage, il est impliqué par définition. Je suis ethnologue, c’est à dire que je m’occupe des sociétés primitives, plus spécialement de celles d’Amérique du Sud où j’ai fait tous mes travaux de terrain. Alors là, on part d’une distinction qui est interne à l’ethnologie, à l’anthropologie les sociétés primitives, qu’est-ce que c’est? Ce sont les sociétés sans état. Forcément parler de sociétés sans état c’est nommer en même temps les autres, c’est à dire les sociétés à état. Où est le problème ? De quelle manière il m’intéresse, et pourquoi j’essaie de réfléchir là-dessus ? C’est que je me demande pourquoi les sociétés sans état sont des sociétés sans état et alors il me semble m’apercevoir que si les sociétés primitives sont des sociétés sans état c’est parce qu’elles sont des sociétés de refus de l’état, des sociétés contre l’état. L’absence de l’état dans les sociétés primitives ce n’est pas un manque, ce n’est pas parce qu’elles sont l’enfance de l’humanité et qu’elles sont incomplètes, ou qu’elles ne sont pas assez grandes, qu’elles ne sont pas adultes, majeures, c’est bel et bien parce qu’elles refusent l’état au sens large, l’état défini comme dans sa figure minimale qui est la relation de pouvoir. Par là même parler des sociétés sans état ou des sociétés contre l’état, c’est parler des sociétés à état, forcément le passage, il n’y en a même pas, ou il est d’avance possible; et la question qui s’enracine dans le passage, c’est : d’où sort l’état, quelle est l’origine de l’état ? Mais c’est tout de même deux questions séparées :

- comment les sociétés primitives font-elles pour ne pas avoir l’état ?

- d’où sort l’état ?

Alors, "l’ethnologie politique" ? Si on veut dire "est-ce que l’analyse de la question du pouvoir dans les sociétés primitives, dans les sociétés sans état, peut nourrir une réflexion politique sur nos propres sociétés", certainement, mais ce n’est pas nécessaire. Je peux très bien m’arrêter à des questions sinon académiques, du moins de pure anthropologie sociale

- comment la société primitive fonctionne-t-elle pour empêcher l’état ?

- d’où sort l’état ?

Je peux m‘arrêter là, et rester purement et simplement ethnologue. D’ailleurs, en gros, c’est ce que je fais. Mais il n’y a pas de doute qu’une réflexion ou une recherche sur, on fin de compte, l’origine de la division de la société, ou sur l’origine ( de l’inégalité, au sens où les sociétés primitives sont précisément des sociétés qui empêchent la différence hiérarchique, une telle réflexion, une telle recherche peuvent nourrir une réflexion sur ce qui se passe dans nos sociétés. Et,là, d’ailleurs très vite on rencontre la question du marxisme.

Question : Est-ce que tu pourrais préciser ? Quels sont tes rapports avec les ethnologues marxisants ?

Réponse: Mes rapports avec ceux de mes collègues qui sont marxistes sont marqués par un désaccord au niveau de ce qu’on fait, au niveau de ce qu’on écrit, pas forcément au niveau personnel. La plupart des marxistes sont orthodoxes, je dis la plupart parce qu’il y en a qui. ne le sont pas, heureusement; mais ceux qui sont orthodoxes, ils s’en tiennent beaucoup plus à la lettre qu’a l’esprit. Alors la théorie de l’état, dans ce sens là, qu’est-ce que c’est ? C’est conception instrumentale de l’état, c’est- à dire, l’état c’est l’instrument de la domination, de la classe dominante sur les autres; à la fois dans la logique et dans la chronologie, l’état vient après, une fois que la société est divisée en classes, qu’il y a des riches et des pauvres, des exploiteurs et des exploités; l’état c’est l’instrument des riches pour mieux exploiter et mystifier les pauvres et les exploités. A partir de recherches et de réflexion qui ne quittent pas le terrain de la société primitive, de la société sans état, il me semble que c’est le contraire, ce n’est pas la division en groupes sociaux opposés, ce n’est pas la division en riches et pauvres, en exploiteurs et exploités, la première division, et celle qui fonde on fin de compte toutes les autres, c’est la division entre ceux qui commandent et ceux qui obéissent, c’est à dire l’état, parce que fondamentalement c’est ça, c’est la division de la société entre ceux qui ont le pouvoir et ceux qui subissent le pouvoir.

Une fois qu’il y a ça, c’est à dire la relation commandement/obéissance, c’est à dire un type ou un groupe de types qui commandent aux autres qui obéissent, tout est possible à ce moment là; parce que celui qui commande, qui a le pouvoir, il a le pouvoir de faire faire ce qu’il veut aux autres, puisqu’il devient le pouvoir précisément, il peut leur dire travaillez pour moi, et à ce moment là l’homme de pouvoir peut se transformer très facilement en exploiteur, c’est à dire en celui qui fait travailler les autres. Mais la question est, que quand on réfléchit sérieusement à la manière dont fonctionnent ces machines sociales que sont les sociétés primitives, on ne voit pas comment ces sociétés là peuvent se diviser, je veux dire, peuvent se diviser en riches et pauvres. On ne voit pas parce que tout fonctionne pour empêcher cela précisément. Par contre on voit beaucoup mieux, on comprend beaucoup mieux, enfin plusieurs questions obscures se clarifient, à mon avis, Si on pose d’abord l’antériorité de la relation de pouvoir.

C’est pourquoi il me semble que pour y voir plus clair dans ces questions il faut carrément renverser la théorie marxiste de l’origine de l’état – c’est un point énorme et précis on même temps – et il me semble que loin que l’Etat soit l’instrument de domination d’une classe, donc ce qui vient après une division antérieure de la société, c’est au contraire l’état qui engendre les classes. Cela peut se démontrer à partir d’exemples de sociétés à Etat non-occidentales, je pense particulièrement à l’Etat Inca dans les Andes. Mais on pourrait prendre aussi bien d’autres exemples parfaitement occidentaux, et puis même un exemple très contemporain c’est l’URSS. Naturellement je simplifie, je ne suis pas russologue ni kremlinologue… mais enfin si on regarde massivement, vu d‘un peu loin, mais pas de très loin la révolution de 17, qu’est-ce qu’elle a fait ?

Elle a supprimé les relations de classe, tout simplement en supprimant une classe les exploiteurs, les bourgeois, les grands propriétaires, l’aristocratie et l’appareil d’état qui marchait avec tout ce qui était la monarchie, ce qui fait qu’il n’est resté qu’une société dont on pourrait dire qu’elle n’était plus divisée puisque l’un des termes de la division avait été éliminé, il est resté une société non divisée et par là-dessus une machine étatique (le parti aidant) détenant le pouvoir au bénéfice du peuple travailleur, des ouvriers et des paysans. Bon. Qu’est-ce que c’est que l’URSS actuelle ? Sauf si on est militant du parti communiste, auquel cas l’URSS c’est le socialisme, c’est l’état des travailleurs: etc.,’ si on n’est pas dans la théologie et le catéchisme, si on n’est pas dans l’aveuglement et tout ce qu’on veut, l’URSS qu’est-ce que c’est ? C’est une société de classes, je ne vois pas pourquoi hésiter à utiliser ce vocabulaire, c’est une société de classes et une société de classes qui s’est constituée purement à partir de l’appareil d’état. Il me semble qu’on voit bien là la généalogie des classes, c’est à dire des riches et des pauvres, des exploiteurs et des exploités, c’est-à-dire cette division là, cette division économique de la société à partir de l’existence de l’appareil d’état.

L’état soviétique, centré sur le parti communiste, a engendré une société de classes, une nouvelle bourgeoisie russe qui n’est certainement pas moins féroce que la plus féroce des bourgeoisies européennes au XIX°S, par exemple. Ca me parait sûr, et lorsque je dis cette chose qui a l’air surréaliste, à savoir que c’est l’état qui engendre les classes, on veut l’illustrer en prenant des exemples dans des mondes complètement différentde celui où on vit, à savoir les Incas ou l’URSS. Il est probable que des spécialistes, disons, de l’Egypte ancienne ou d’autres régions, ou d’autres cultures, des sociétés que Marx désignait sous le nom de despotisme asiatique ou d’autres sous le nom de civilisation hydraulique, je pense que les spécialistes de ces sociétés iraient, je suppose, dans le même sens que moi ils montreraient comment à partir de la division politique s’engendre, d’ailleurs très facilement, la division économique, c’est à dire ceux qui obéissent deviennent on même temps les pauvres et les exploités, ceux qui commandent, les riches et les exploiteurs. C’est parfaitement normal parce que détenir le pouvoir c’est pour l’exercer; un pouvoir qui ne s’exerce pas ce n’est pas un pouvoir; et l’exercice du pouvoir par quoi passe-t-il ? par l’obligation qu’on fait aux autres de travailler pour soi même.

Ce n’est pas du tout l’existence du travail aliéné qui engendre l’état mais je pense que c’est exactement le contraire c’est à partir du pouvoir, de la détention du pouvoir que s’engendre le travail aliéné; le travail aliéné qu’est-ce que c’est ? "Je travaille non pour moi, mais je travaille pour les autres" ou plutôt, "je travaille un peu pour moi et beaucoup pour les autres". Celui qui a le pouvoir, il peut dire aux autres: "Vous allez travailler pour moi". Et alors apparaît le, travail aliéné! La première forme et la forme la plus universelle du travail aliéné étant l’obligation de payer le tribut. Car si je dis 1‘c’est moi qui ai le pouvoir et c’est vous qui’ le subissez", il faut que je le prouve; et je le prouve en vous obligeant à payer le tribut, c’est-à-dire à détourner une partie de votre activité à mon profit exclusif. De par là même, je ne suis pas seulement celui qui a le pouvoir, mais celui qui exploite les autres; et il n’y a pas de machine étatique sans cette institution qui s’appelle le tribut. Le premier acte de l’homme de pouvoir, c’est d’exiger le tribut, paiement du tribut par ceux sur qui il exerce le pouvoir.

Alors, vous me direz: "pourquoi obéissent-ils? Pourquoi payent-ils le tribut?". Ca, c’est la question de l’origine de l’Etat, justement. Je ne sais pas très bien, mais il y a dans la relation de pouvoir quelque chose qui n’est pas seulement de l’ordre de la violence. Ce serait trop facile, parce que ça résoudrait le problème tout de suite! Pourquoi y-a-t-il l’Etat? Parce qu’à un moment donné, ici ou la, un type ou un groupe de types disent: "Nous avons le pouvoir et vous allez obéir". Mais là, deux choses peuvent se passer: ou bien ceux qui entendent ce discours disent "oui c’est vrai, vous avez le pouvoir et on va obéirou bien "non, non, vous n’avez pas le pouvoir et la preuve, c’est qu’on ne va pas vous obéir" et ils pourront traiter les autres de fous ou on va les tuer. Ou bien on obéit, ou bien on n’obéit pas; et il faut bien qu’il y ait eu cette reconnaissance du pouvoir, puisque l’Etat est apparu ici et là dans diverses société. En fait, la question de l’origine de cette relation de pouvoir, de l’origine de l’Etat, à mon avis, se dédouble, au sens où il y a une question du haut et une question du bas:

- la question du haut, c’est: qu’est-ce qui fait que, quelque part à un moment donné, un type dise "c’est moi le chef et vous allez m’obéir"? C’est la question du sommet de la pyramide.

- la question du bas, de la base de la pyramide, c’est: pourquoi les gens acceptent-ils ‘d’obéir, alors que ce n’est pas un type ou un groupe de types qui détient une force, une capacité de violence suffisante pour faire régner la terreur sur tout le monde. Donc il y a autre chose; cette acceptation de l’obéissance renvoie à autre chose. Je ne sais pas trop ce que c’est; je suis un chercheur… donc je cherche. Mais tout ce qu’on peut dire pour le moment, il me semble, c’est que si la question est pertinente, la réponse n’est pas évidente.

Mais on ne peut pas faire l’économie de la question du bas, c’est-à-dire pourquoi les gens acceptent-ils d’obéir. Si l’on veut réfléchir sérieusement à la question de l’origine de la relation, de pouvoir, à la question de l’origine de l’Etat.

Question : C’était déjà là les deux questions que posait Rousseau au début du Contrat Social, quand il disait: jamais un homme ne sera suffisamment fort pour être toujours le plus fort, et pourtant il y a, Etat; sur quoi fonder alors le pouvoir politique? J’ai eu l’impression, en lisant" La Société contre l‘Etat", qu’il y avait une analogie entre ta démarche et celle de Rousseau, avec un point d’ancrage très significatif: la référence à des petites sociétés (je pense aux références de Rousseau à Genève, à la Corse, aux petites vallées suisse) une telle recherche débouchant sur la question de l’origine du pouvoir politique.

Réponse : Ce n’est pas une recherche. C’est ce que m’apprennent les sociétés primitives… Là, on se déplace un petit peu, mais en fait on est toujours dans le même champ. A quelle condition une société peut-elle être sans Etat? Une des conditions est que la société soit petite.. Par ce biais là, je rejoins ce que tu viens de dire à propos de Rousseau. C’est vrai, les sociétés primitives ont ceci en commun qu’elles sont petites, je veux dire démographiquement, territorialement; et ça, c’est une condition fondamentale pour qu’il n’y ait pas apparition d’un pouvoir séparé dans ces sociétés. A ce point de vue là, on pourrait opposer terme à terme les sociétés primitives sans Etat et les sociétés à Etat: les sociétés primitives sont du côté du petit, du limité, du réduit, de la scission permanente, du côté du multiple, tandis que les sociétés à Etat sont exactement du côté du contraire; elles sont du côté de la croissance, du côté de l’intégration, du côté de l’unification, du côté de l’un. Les sociétés primitives, ce sont des sociétés du multiple; les sociétés non-primitives, à Etat, ce sont des sociétés de l’un. L’Etat, c’est le triomphe de l’un.

Tu viens d’évoquer Rousseau; on pourrait en évoquer un autre, qui s’est posé la question fondamentale, celle que je posais il y a un instant, à savoir ce que j’appelais la question du bas: pourquoi les gens obéissent-ils, alors qu’ils sont infiniment plus forts et plus nombreux que celui qui commande? C’est une question mystérieuse, en tous cas pertinente, et celui qui se l’est posée il y a très longtemps et avec une netteté parfaite, c’était La Boétie dans le "Discours sur la servitude volontaire". C’est une vieille question, mais ce n’est pas parce que c’est une vieille question qu’elle est dépassée. Je ne pense pas qu’elle est du tout dépassée; au contraire il est temps de revenir à cette question là, c’est-à-dire sortir un peu du marécage "marxiste", qui rabat l’être de la société sur, parlons massivement l’économique, alors que peut-être il est plutôt dans le politique.

Question : Tu disais que tu rencontrais naturellement le problème du marxisme. Est-ce que tu ne rencontres pas aussi la grille de lecture psychanalytique et pourquoi est-ce que tu n’y fais pas référence

Réponse : Là, c’est autre chose Je dois dire que je suis quasiment analphabète en ce qui concerne la littérature psychanalytique. Donc, l’absence de référence vient de l’absence de culture. Et deuxièmement je n’en ai pas besoin. Je n ai pas besoin do faire référence à la lecture, à la grille psychanalytique pour ce que je cherche. Peut-être que ce faisant, je me limite ou je perds du temps, mais jusqu’à présent je n’en ai pas eu besoin. Et je dois dire que d’autre part les quelques lectures que j’ai eu de textes qui sont à cheval sur l’ethnologie et la psychanalyse ne m’ont pas encouragé à aller dans cette direction. Lorsque, parlant de la question du pouvoir, je parle du désir de pouvoir, ou à l’autre bout, c’est-à-dire en bas, du désir de soumission, je sais bien que "désir" ça fait partie du vocabulaire et de l’arsenal de concepts de la psychanalyse; mais enfin, je peux très bien avoir pris ça chez Hegel ou même chez Karl Marx , et en fait mes références sont plutôt de ce côté-là. Très simplement, là, je ne sais pas grand-chose; je ne sais presque rien pour ce qui est de la psychanalyse, et puis ça ne me manque pas. Naturellement, si un jour il me semble que j’arrive à une impasse et que la grille psychanalytique me permette d’en sortir, alors là, je ferai un effort… Mais pour le moment, non, je n’ ai pas besoin de cet instrument là; je pense au contraire que ça me brouillerait les idées; les idées, c’est pas grave, mais ça brouillerait le réalité.

Le pouvoir dans la société sauvage

Question: Tu dis que le fondement de la distinction entre société primitive et société non-primitive, c’est la division dans un cas, la non-division dans l’autre Mais il me semble que si la division riche/pauvre, exploiteur/exploité n’existe pas par exemple chez les Guayaki, il existe un autre type de division, ne serait-ce que homme/femme, bien sûr, et normaux/déviants. Dans la "Chronique des Indiens Guayaki", par exemple, tu as pris le cas de deux pédérastes, il y en a un qui s’adapte aux normes et l’autre non. Quelle sorte de pouvoir s’exerce sur lui pour lui faire sentir que sa position est anormale?

Réponse: Là on est loin, on s’écarte. Quelle sorte de pouvoir? Comment dire… le point de vue du groupe, le point de vue de la communauté, l’éthique de la société. Là, c’est un cas précis: les Guayaki, c’est, c’était, puisqu’il faut en parler au passé, une société de chasseurs. Alors là, un bonhomme qui n’est pas un chasseur, c’est presque un moins que rien. Donc le type, il n’a pas tellement le choix; n’étant pas chasseur, pratiquement il n’est plus un homme. Il n’y a pas un chemin très grand à parcourir pour aller de l’autre côté, c’est-à-dire dans l’autre secteur de la société, qui est le monde féminin. Mais je ne sais pas si on peut parler en terme de pouvoir. En tous cas, ce n’est pas un pouvoir au sens où on en a parlé jusqu’à présent, un pouvoir de nature politique.

Question: Un pouvoir non coercitif? Mais est-ce que le fait de ne pas repérer un pouvoir qui soit cristallisé sur un bonhomme ne te fait pas dire que c’est une société sans pouvoir, parce que, justement, il n’est pas cristallisé sur quelques individus? Mais il existe quand même bien une division, une réprobation sociale, qui fait que les individus ne se comportent pas n’importe comment. Ainsi, dans les relations matrimoniales, le type qui refuse que sa femme ait un second époux (La chronique des indiens Guayaki"), finalement, il rentre dans le rang au bout d’un certain temps. Alors le pouvoir existe quand même puisqu’il y a des normes de comportement?

Réponse: Ce sont des normes soutenues par la société entière, ce ne sont pas des normes imposées par un groupe particulier à l’ensemble de la société. Ce sont les normes de la société elle-même; ce sont le normes à travers lesquelles la société se maintient; ce sont les normes que tout le monde respecte; elles ne sont imposées par personne. Les normes dans les sociétés primitives, les interdits, etc., c’est comme les lois chez nous, on peut toujours transiger un petit peu. Mais enfin là, ce ne sont pas les normes d’un groupe spécial de la société, qui les impose au reste de la société; c’est les normes de la société elle-même. Ce n’est pas une question de pouvoir. D’ailleurs pouvoir de qui? Sur qui? C’est le pouvoir de la société prise comme un tout unitaire, puisqu’elle n’est pas divisée, c’est le pouvoir de la société comme un tout sur les individus qui la composent. Et ces normes, comment sont-elles apprises, acquises, intériorisées? Par la vie, l’éducation des enfants, etc. On n’est pas dans le champ du pouvoir. De la même manière que le "pouvoir" d’un père sur ses enfants, dans la société primitive, ou d’un mari sur sa femme, ou s’il en a plusieurs sur ses femmes, n’a rien à voir avec cette relation de pouvoir que je place comme essence de l1Etat, de la machine étatique. Le pouvoir d’un père sur ses enfants, cela n’a rien à voir avec le pouvoir d’un chef sur les gens qui lui obéissent; ça n’a rien à voir. Il ne faut pas confondre les domaines.

Question: Il y a une division de l’espace, qui est généralement posée comme déterminante chez H. Lefebvre et les situs, c’est la division ville/campagne. Dans la "Chronique des indiens Guayaki" et surtout dans. le chapitre "L’arc et le panier" de "La société contre l’Etat", tu fais apparaître une autre division entre espace masculin et espace féminin. A quoi renvoie cette division?

Réponse: C’est normal qu’il y ait cette division dans ce cas. N’oublions pas qu’il s’agit de chasseurs nomades; c’est normal qu’il y ait deux espaces assez bien différenciés, car la chasse, c’est une affaire d’hommes et ça se fait dans la forêt. C’est un domaine de forêts de toutes façons, tout le monde est dans la forêt; mais il y a une distinction entre le campement où on s’arrête, où on dort, où on mange, etc., qui est l’espace de tout le monde (les hommes, les femmes, les enfants, les vieillards…) et la forêt, qui est très marquée par ceux qui y passent leur temps, qui sont les hommes en tant que chasseurs. Il se trouve que, à part ça, en raison de la composition démographique des Guayaki, les femmes (talent plus nombreuses que les hommes; donc le campement était plus marqué du côté des femmes que du côté des hommes; d’autant plus que les hommes, ils s’en vont à la chasse, entre hommes et que les femmes restent avec les enfants au campement. Donc, sans pousser trop loin cette opposition, on peut en effet distinguer deux espaces:

- la forêt, c’est l’espace de la chasse, du gibier et des hommes en tant que chasseurs.

- le campement, c’est plutôt l’espace féminin, avec les enfants, la cuisine, la vie familiale, etc.

Ceci dit, on n’a pas là quoi que ce soit qui rappelle une quelconque relation de pouvoir des uns sur les autres.

Question: En fait, l’espace divisé entre ville et campagne est un espace hiérarchisé, autoritaire. Ici, il n’y a pas un rapport identique de hiérarchie entre les deux espaces?

Réponse: Non, pas du tout! Même si on prend d’autres cas, parce que là c‘ est un cas spécial, c’est des chasseurs nomades (après tout, c’est très rare une société de chasseurs nomades, ou plutôt c’était très rare…), même si on prend le cas le plus courant qui est celui des sociétés primitives d’agriculteurs sédentaires (c’était le cas de la quasi totalité des indiens d’Amérique du Sud, et je ne parle pas des Andes, je parle des indiens de forêt, les sauvages-à-plumes-tout-nus, l’Amazonie quoi… presque tous sont des agriculteurs sédentaires, même s’ils vont à la chasse, s’ils pêchent, s’ils cueillent… ce sont des agriculteurs sédentaires), il n’y a aucune distinction entre le village, comme première image de la ville, et la campagne. Ca n’a strictement rien à voir.

La distinction ville/campagne apparaît quand il y a la ville, avec des gens qui ne sont pas des villageois, parce que villageois, ça correspond à village, mais qui sont des bourgeois, des gens qui habitent le bourg, avec des chefs. C’est là où habitent les chefs d’abord. La ville et la distinction ville/campagne apparaissent avec et après l’apparition de l’Etat, parce que l’Etat, ou la figure du despote, se fixe tout de suite dans un centre, avec ses forteresses, ses temples, ses magasins… Alors là, forcément, il y a une distinction entre le centre et le reste; le centre, ça devient la ville, et le reste, ça devient la campagne. Mais cette distinction là ne fonctionne pas du tout dans une société primitive, même si on a des communautés primitives qui ont une taille considérable.

La dimension n’y change rien : qu’on ait affaire à une bande de chasseurs Guayaki de 30 personnes. ou a un village Guarani de 1500 personnes, il n’y a absolument pas la distinction ville/campagne. Ville/campagne, c’est quand l’Etat est là, quand il y a le chef, et sa résidence, et’ sa capitale, et ses dépôts, ses casernes, ses temples, etc. Les villes sont créée par l’Etat; c’est pour ça que les villes, les cités sont aussi anciennes que l’Etat là où il y a Etat, il y a ville; là où il y a exercice de la relation de pouvoir il y a distinction ville /campagne. Forcément parce que tous les gens qui habitent dans la ville autour de celui qui commande, il faut bien qu’ils mangent, il faut bien qu’ils vivent, et alors ce sont les autres, ceux qui sont hors de la ville, ceux qui sont dans la campagne qui travaillent pour eux.

D’ailleurs, c’est pour ça qu’on pourrait même dire que la figure du paysan, en tant que tel, apparaît à l’intérieur de la machine étatique, le paysan étant celui qui vit et travaille dans la campagne partiellement au profit de ceux qui sont dans la ville et qui commandent, c’est à dire qu’il paie le tribut, il paie le tribut sous forme de services personnels qui sont soit des corvées, soit des produits de ses champs… Mais le tribut, à quoi sert-il ? Il sert d’abord à marquer le pouvoir, c’est le signe du pouvoir ! Il n’y a pas d’autre moyen de manifester le fait du pouvoir. Cela ne peut passer que par le tribut. De quelle manière, moi disant "je suis le chef, j’ai le pouvoir", vais-je le manifester ? En vous demandant quelque chose, ce quelque chose, ça s’appelle le tribut. Le tribut c’est le signe du pouvoir et en même temps c’est le moyen d’entretenir, d’assurer la permanence de la sphère du pouvoir, de tous ceux qui entourent le chef. Et la bureaucratie se gonfle très vite à partir du moment où il y a un chef, un despote il est très vite entouré de gens qui assurent son pouvoir, des gardes du corps, des guerriers. Ils peuvent se transformer très rapidement en fonctionnaires spécialisés pour aller ramasser le tribut, ou le comptabiliser, le compter, en statisticiens, en prêtres, enfin toute la constellation des soldats, des fonctionnaires, des scribes, des. prêtres apparaît très vite avec la figure, autour de la figure du chef.

Il suffit que le champ d’application de la relation de pouvoir soit un peu vaste; alors à ce moment là, il y a tout de suite tout ce qui entoure la figure du chef : les prêtres, les militaires, les scribes, les fonctionnaires, les inspecteurs, etc. et une vie de cour, une aristocratie. Tous ces gens’ là ne vont pas travailler, parce qu’ils ont en fait autre chose à faire, ce n’est même pas par paresse, par désir de jouissance comme le maître chez Hegel, mais parce qu’ils ont autre chose à faire, ils ont à être prêtres, généraux, fonctionnaires, etc. Ils ne peuvent pas en même temps cultiver les champs, élever des troupeaux, donc il faut que les autres travaillent pour eux.

Question : Il y a des sorciers dans la société primitive, des shamans. Comment rendre compte de leur place ?

Réponse : Là on revient un peu à ce dont on parlait tout à l’heure, des ambiguïtés du terme de pouvoir.

Question : Oui, je crois qu’en fait un certain nombre de nos questions jouent sur ce type d’ambiguïté, à savoir : coercition qui assure la cohésion sociale et d’un autre côté pouvoir politique; et il me semble que tu distingues très nettement les deux, alors que ça nous apparaissait moins clairement. C’est peut-être ce point-là qui nous a le plus "choqué" dans l’ensemble des questions qu’on a pu se poser.

Réponse : D’abord, tu dis coercition; il n’y a pas de coercition dans les sociétés primitives.

Question : L’exemple, la nécessité de rendre, de donner et de rendre, de recevoir et de rendre.

Réponse : L’échange et la réciprocité ! Il serait absurde de nier, disons, l’obligation d’échanger, d’échanger des biens ou des services, comme celle d’échanger les femmes pour respecter les règles matrimoniales, et d’abord la prohibition de l’inceste, mais l’échange des biens qui se passe tous les jours, qu’on voit, c’est celui de la nourriture principalement, d’ailleurs on ne voit pas très bien ce qui pourrait circuler d’autre. Cela se passe entre qui et qui ? Quelles sont les personnes englobées dans ce réseau de circulation des biens ? Ce sont principalement les parents, la, parenté, ce qui implique non seulement les consanguins mais aussi les alliés, les beaux-frères…

C’est une obligation, mais à peu prés de la même manière que c’est chez nous une obligation de faire un cadeau à un neveu ou de porter des fleurs à une grand-mère. En plus c’est le réseau qui définit ce qu’on pourrait appeler les assurances sociales. Sur qui un individu d’une société primitive peut-il d’abord compter ? C’est sur sa parenté. La manière de montrer qu’on escompte, éventuellement, en cas de besoin, l’aide des parents et des alliés, c’est de leur offrir de la nourriture, c’est un circuit permanent de petits cadeaux. Ce n’est pas compliqué; quand les femmes font la cuisine, quand la viande ou n’importe quoi d’autre est prêt, on voit, en effet, tout de suite, la femme elle-même, ou un enfant qu’elle envoie, porter une petite quantité, quasiment symbolique d’aliment -ça ne constitue pas un repas- à telle personne, telle personne, telle personne, etc. Ce sont presque toujours des parents ou des alliés, pourquoi fait-on cela ?

Parce qu’on sait qu’eux-mêmes feront la même chose, on pourra compter sur ces gens-là, en cas de besoin, de catastrophe… ce sont les assurances, la sécurité sociale. C’est une sécurité sociale qui n’est pas d’état, elle est de parenté. Mais il ne viendrait jamais à l’idée d’un sauvage d’offrir quoi que ce soit à quelqu’un dont il n’a rien à attendre. Ca ne lui viendrait pas même à l’esprit ! C’est pour cela que le champ des échanges est rabattu, je ne dis cas exclusivement mais, principalement sur les réseaux d’alliance et de parenté. Maintenant, il peut y avoir naturellement d’autres types d’échange qui, eux, ont une fonction différente, qui sont plus ritualisés, et qui concernent, par exemple, les relations d’une communauté avec une autre communauté alors-là, on est dans l’ordre des "relations internationales" en quelque sorte. Ces échanges inter-parentaux et inter-alliés, dont je parlais, se passent à l’intérieur de la communauté.

Tu parlais tout à l’heure du shaman en effet, le shaman (il n’y a pas de doute), c’est probablement l’homme qui a, disons, le plus de pouvoir. Mais, qu’est-ce que son pouvoir ? Ce n’est pas du tout un pouvoir de nature politique; je veux dire, le lieu où il est inscrit dans la société, ce n’est pas du tout un lieu à partir duquel il peut dire "je suis le chef, donc vous allez obéir". Absolument pas. Il y a des shamans, selon les groupes, qui ont une plus ou moins grande réputation, selon qu’ils sont plus ou moins grands shamans. Il y a des shamans qui ont une réputation formidable, c’est-à-dire dont la réputation s’étend très loin chez des groupes qui ne le connaissent même pas . Le shaman, en tant que médecin, c’est-à-dire en tant que maître des maladies, est maître de la vie et de la mort : s’il soigne quelqu’un, il met la maladie, il enlève la maladie du corps du patient; il est maître de la vie. En tant que tel il soigne et il guérit. Mais en même, temps, il est forcément maître de la mort, c’est-à-dire qu’il manipule les maladies, et s’il est capable d’arracher la maladie… ou plutôt d1arracher une personne à la maladie, inversement il est capable de jeter la maladie sur quelqu’un. Ce qui fait que le métier de shaman n’est pas un métier de tout repos, parce que si quelque chose d’anormal arrive dans la société (soit que le shaman échoue plusieurs fois dans ses cures, soit que quelque chose d’autre se passe), le shaman fonctionnera, de préférence comme bouc émissaire dans la société. Le shaman sera rendu responsable de ce qui se passe, des choses anormales qui se passent dans la société, des choses qui font peur et qui inquiètent les gens, c’est lui qu’on va rendre responsable en raison du fait qu’en tant que maître de la vie, il est maître de la mort. On dira "c’est lui", c’est lui qui jette des sorts, c’est lui qui rend les enfants malades etc.

Que fait-on dans ce cas là ? Eh bien, le plus souvent, le shaman est tué! Il est tué. C’est pour cela que je disais tout à l’heure que le métier de shaman, ce n’est pas un métier de tout repos. Mais, en tous cas, le prestige et le respect dont peut bénéficier le shaman dans une tribu ne lui donne pas la moindre possibilité de fonder l’état, de dire : "c’est moi qui commande"; il n’y penserait même pas.

Question : Son prestige n’est-il pas sujet à caution ? Ce n’est pas nécessairement un personnage, disons, sacré. Dans les deux "contes" que tu rapportes sur les shaman, on se moque d’eux

Réponse : Mais les shamans ne sont pas du tout dans le sacre. Les Indiens ne sont pas du tout par rapport au shaman comme l’indien des Andes, autrefois, par rapport à l’inca ou comme le chrétien, ici, devant le Pape. Simplement on sait que si on est malade on peut compter sur lui et on sait aussi qu’il faut faire attention avec ce bonhomme parce qu’il a des pouvoirs, il n’a pas le Pouvoir, il a des pouvoirs, ce n’est pas du tout la même chose. Parce qu’il est aidé par ses esprits assistants (comment et pourquoi est-il aidé par ses esprits assistants ? Parce qu’il a appris c’est long pour devenir shaman, ça demande des années et des années, disons, d’études), il a des pouvoirs, mais ça ne lui donnera jamais le pouvoir, il n’en veut pas ! A quoi ça lui servirait ? Et puis les gens rigoleraient ! il ne faut sûrement pas, à mon avis, chercher l’origine du pouvoir dans le prestige du shaman. Ce n’est certainement pas de ce côté-là.

Question : Il est "inspiré"… Y a-t-il un rapport entre le shaman et le prophète ?

Réponse : Aucun. Cela n’a rien à voir. Les shamans il faut voir exactement ce qu’ils sont des médecins. Ils soignent les gens et en même temps ils tuent les ennemis. Un shaman soigne les gens de sa communauté, il soigne, si on le lui demande, les gens des communautés alliées, et il tue les ennemis. Il est, en ce sens, un pur instrument de la communauté. Comment tue-t-il ? Il tue comme un shaman, il appelle toute son armée d’esprits-assistants et il les envoie tuer les ennemis; de sorte que, par exemple, dans une communauté x, il y a un enfant qui meurt, ou quelqu’un d’autre, et que le shaman local n’a pas réussi à le soigner. Que vont-ils dire "C’est le shaman de tel groupe qui a tué cette personne" d’où la nécessité de se venger de faire un raid etc.

Le shaman c’est ça. Il fonctionne comme médecin pour la communauté et comme machine de guerre au service de sa communauté contre les ennemis. Un prophète ce n’est jamais un médecin, il ne soigne pas. D’ailleurs, pour prendre l’exemple de l’Amérique du Sud, il y a eu des prophètes chez les Tupi-Guarani, mais tous les chroniqueurs font parfaitement la différence entre les shamans d’un côté, qui sont sorciers, médecins, et les prophètes de l’autre. Les prophètes parlent, ils font des discours de communauté en communauté, de village en village. Ils s’appellent d’un nom particulier les "carai"‘; tandis que les shamans s’appellent les "paji" La distinction est parfaitement claire. Je pense même qu’on peut aller un peu plus loin et dire que les prophètes ne sont pas d’anciens shamans. C’est une figure vraiment différente.

La Guerre

Question: Dans une note, en bas de page des Mémoires de Géronimo, Celui-ci est défini comme shaman de guerre. Qu’est-ce que cela peut-il vouloir dire ?

Réponse: Je n’en sais rien. Cela n’a qu’une importance secondaire Géronimo était un chef de guerre. C’est possible qu’en même temps il ait eu quelques talents de shaman, connu des chants spéciaux . Mais c’était un chef de guerre, principalement.

Question: On pourrait reprendre cette question de la guerre, à savoir : quel est le statut de la guerre dans les sociétés primitives ? Ce qui nous ramène au problème de savoir s’il faut parler de sociétés isolées, ou d’ensembles le sociétés, de rapports inter-groupes. La guerre est-elle un phénomène exceptionnel ou, finalement ne fait-elle pas partie de la quotidienneté, de. la vie de la communauté ? Dans la mesure où l’on parle du rôle de chef au moment de la guerre, qu’est-ce que cela peut vouloir dire ? Est-ce un phénomène exceptionnel ou n’est-ce pas à l’horizon de toute la vie sociale ?

Réponse: C’est certain; la guerre est inscrite dans l’être-même des sociétés primitives. Je veux dire que la société primitive ne peut pas fonctionner sans la guerre; donc la guerre est permanente. Dire que dans la société primitive la guerre est permanente ne veut pas dire que les sauvages se font la guerre du matin au soir et tout le temps. Quand je dis que la guerre est permanente, je veux dire qu’il y a toujours, pour une communauté donnée quelque part des ennemis, donc des gens qui sont susceptibles de venir nous attaquer. L’attaque en question ne se produit que de temps an temps, mais les relations d’hostilité entre les communautés elles, sont permanentes; c‘est pourquoi je dis, la guerre est permanente, l’état de guerre est permanent.

Pourquoi ? Là, on rejoint ce dont on a parlé tout au début, à propos de la taille des sociétés. Je disais à quelle condition une société pouvait être primitive? L’une de ces conditions qui est essentielle, c’est la taille de la société, de la communauté, il ne peut y avoir, du moins je le pense, de société à la fois grande et primitive. Pour qu’une société soit primitive, il faut qu’elle soit petite. Pour qu’une société soit petite, il faut qu’elle refuse d’être grande, et pour refuser d’être grande, il y a comme technique, qui est universellement utilisée dans les sociétés primitives et, en tous cas, dans les sociétés américaines, la fission, scission. Elle peut être parfaitement amicale quand la société juge, estime que sa croissance démographique dépasse un certain seuil optimal il y a toujours quelqu’un qui propose à un certain nombre de gens de partir. En général, ces séparations suivent des lignes de parenté; ça peut être un groupe de frères, qui décident d’aller fonder une autre communauté, qui sera naturellement alliée à celle qu’ils quittent puisque non seulement ils sont alliés mais encore ils sont parents. Mais ils fondent une autre communauté, donc il y a ce processus permanent de scission.

Mais au moins aussi important est le fait de la guerre, car la guerre primitive, la guerre dans les sociétés primitives, cet état de guerre permanent dont je parlais? Etat de guerre qui devient effectif de temps en temps, là, ça dépend vraiment des sociétés. Toutes les sociétés primitives sont guerrières ou presque, mais elles le sont avec plus ou moins d’intensité il y a des peuples très guerriers, il y a des peuple qui le sont moins, mais enfin pour tous, en tous cas, la guerre fait partie de l’horizon. Quels sont les effets de la guerre ? Les effets de la guerre sont de maintenir constamment la séparation entre les communautés. En effet avec des ennemis on ne peut avoir que des rapports d’hostilité, c’est-à-dire de séparation : ce rapport de séparation, l’hostilité culminant dans la guerre effective, mais l’effet de la guerre, de l’état de guerre c’est de maintenir la séparation entre les communautés, c’est-à-dire la division. L’effet principal de la guerre c’est de créer tout le temps du multiple, et, ce faisant, la possibilité pour qu’il y ait le contraire du multiple n’existe pas. Tant que les communautés seront, par le moyen de la guerre, dans un état de séparation, de froideur ou d’hostilité entre elles, tant que chaque communauté est et reste par ce moyen-là dans l’autosuffisance, on pourrait dire dans l’autogestion pratiquement, il ne peut y avoir d’Etat. La guerre dans les sociétés primitives, c’est d’abord empêcher l’un; l’un c’est d’abord l’unification, c’est-à-dire l’Etat.

Question: Est-ce qu’on pourrait revenir sur les phénomènes de scission? Tu dis que c’était des sociétés petites et, dés qu’elles croissaient, elles se scindaient. Comment expliques-tu que les sociétés Tupi-Guarani aient atteint des dimensions assez colossales. Pourquoi ce mécanisme de scission ne fonctionnait-il plus ?

Réponse: Là, je ne peux pas répondre avec beaucoup de précision sauf sur les chiffres. La particularité des Tupi-Guarani en Amérique du Sud, c’est que les tribusou les communautés qui constituaient ce que j’appelle la société Tupi-Guarani, étaient d’une taille très considérable, à tel point qu’on est forcé penser à une espèce d’explosion démographique, toutes proportions gardées, ce n’est pas la Chine ou l’Inde; explosion démographique qui d’ailleurs a conduit les Tupi-Guarani à une espèce d‘expansion territoriale ils avaient occupé un espace gigantesque. Très probablement parce qu’ils avaient besoin d’espace vital comme ils étaient à la fois très nombreux et très guerriers, ils partaient ils chassaient les occupants qu’ils rencontraient et ils se mettaient à leur place; ils les chassaient ou ils les tuaient, ou ils les intégraient … je ne sais pas. Mais, en tous cas, ils arrivaient se mettaient à la place des autres après les avoir mis dehors;

Alors pourquoi cela ? Je veux dire pourquoi y a-t-il chez eux cette remarquable poussée démographique ? Cela, moi, je n’en sais rien. Et ce n’est plus seulement un problème d’ethnologue. C’est. un problème qui concerne un tas de gens; il peut concerner les généticiens, les écologistes ..:, je ne sais, pas trop que dire

Mais, en tous cas, ce que je peux dire (ça apparaît de plus en plus au fur et à mesure que des chercheurs s’intéressent aux questions de population dans les sociétés primitives) c’est que, disons, les sociétés primitives sont des "sociétés du codage", pour employer le vocabulaire de "L’Anti-Oedipe" . Disons que la société primitive, c’est toute une multiplicité de flux qui circulent, ou bien, autre métaphore, une machine avec ses organes La société primitive code, c’est-à-dire contrôle, tient bien en main tous les flux, tous les organes. Je veux dire par là qu’elle tient bien en main ce qu’on pourrait appeler le flux du pouvoir; elle le tient bien en main, et le tient en elle, elle ne le laisse pas sortir; car si elle le laisse sortir, là, il y a conjonction entre chef et pouvoir; et là, on est dans la figure minimale de l’Etat c’est-à-dire la première division de la société (entre celui qui commande et ceux qui obéissent). Cela elle ne le laisse pas faire; la société primitive contrôle cet organe qui s’appelle la chefferie.

Mais il semble bien qu’il y a un flux que la société primitive apparaît parfois de contrôler, c’est le flux démographique. On a dit souvent que les sociétés primitives savaient contrôler leur démographie; tantôt c’est vrai; tantôt ce n’est pas vrai. Il est évident qu’en ce qui concerne les Tupi-Guarani, au moment où on les connaît, c’est-à-dire dès le début du XVI° siècle, ça ne les dérangeait pas, parce qu’ils étaient en expansion territoriale. Il n’y avait pas de problème. Mais il y aurait eu un problème par exemple, si, voulant ou plutôt étant obligés d’avoir une expansion territoriale, ils avaient trouvé des adversaires décidés et déterminés pour protéger le territoire qu’ils voulaient occuper. Qu’est-ce qui se serait passé? Quand il y a ouverture démographique et fermeture territoriale, alors là, il y a des problèmes. Làil y a quelque chose qui peut-être échappe à la société primitive, la démographie.

Ils ont des tas de techniques pour contrôler la démographie : la pratique constante de l’avortement, 1a pratique très courante de l’infanticide, la grande quantité de prohibitions sexuelles; par exemple, tant qu’une femme n’a pas sevré un enfant (le sevrage intervient au bout de deux ou trois ans), presque d‘une manière universelle, les relations sexuelles sont interdites entre cette femme et son mari; Si la femme a un enfant (car, comme je le disais tout à l’heure, les prohibitions, les tabous, c’est fait pour être respecté, mais aussi pour être violé), ou est enceinte alors que son premier n’est pas sevré, il y a de grandes chances pour que l’on pratique l’avortement, ou que l’on tue l’enfant dès sa naissance. Malgré ça, il peut y avoir une très considérable croissance de la population sur un horizon, une économie et une écologie sauvage…

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Ukraine 2014. !

3 Mars 2014 , Rédigé par dodo

Un mélange hétéroclite mais cohérent : des banquiers prêts à obéir au FMI, de « businessmen » nés de la chute de l’URSS formés aux Etats-unis, des « ministres professionnels » pro-européens, trempés dans les scandales de corruption, proches des clans oligarques. Regardons cela en détail.

Aux affaires étrangères, des bureaucrates pro-européens

Aux Affaires étrangères, Andei Dechitsia, diplomate de formation, pro-européen, il a travaillé notamment dans les institutions internationales. La dernière en date, l’OSCE, l’Organisation pour la sécurité et la coopération européenne !

A l’intégration européenne, Boris Tarasiuk, un politicien professionnel, il a déjà servi comme ministre des Affaires étrangères dans quatre gouvernements différents de 1992 à 2007. Pro-européen, atlantiste, il a déjà été ambassadeur au Bénélux, représentant de l’Ukraine à l’OTAN.

Il est également le fondateur de l’Institut pour la coopération euro-atlantique (IEAC), une fondation qui milite activement pour l’adhésion de l’Ukraine à la fois à l’UE et à l’OTAN.

A la politique régionale, Volodimir Groysman, jeune loup, maire de Vinnitsa. Cet ancien membre du « Parti des régions » de Ioutchenko a fait fortune dans l’agro-business et l’immobilier, c’est aussi un ami de l’oligarque de Vinnitsa pro-européen et pro-américain Petro Poroshenko. Grosyman est par ailleurs réputé pour être proche du gouvernement polonais.

A l’économie, des banquiers proches des « oligarques »

A l’économie, Pavlo Cheremeta, la vitrine officielle, cet économiste de propagande formé aux Etats-unis est le fondateur de la première « business school » à Kiev, il est à la tête d’un réseau d’universités, écoles de commerces en Europe centrale et orientale diffusant l’idéologie libérale, tout comme la « Kiev school of economics » dont il était le président jusqu’en février 2014.

Aux finances, Oleksander Chlapak, le vrai homme fort. Successivement vice-président de PrivatBank – la 1 ère banque privée du pays – vice-président de la Banque centrale d’Ukraine et enfin président du Trésor national ukrainien, tout en ayant servi entre-temps comme Ministre de l’économie et de l’intégration européenne !

Chlapak est connu pour être le représentant de l’oligarque Kolomoysky, la deuxième fortune du pays, à la tête d’un conglomérat réunissant banques (PrivatBank), métallurgie, pétrole, médias, finance.

A l’énergie, Youri Prodan, a déjà été ministre sous Ioutchenko au même poste. Il est connu pour avoir travaillé à la création du « Marché national de l’énergie », censé réguler le marché national de l’énergie, en fait aboutissant à un partage du gâteau entre groupes oligarchiques et à une corruption généralisée. Prodan est également très proche du groupe du millardaire Igor Kolomoisky.

A la justice, Pavlo Petrenko, spécialiste du consulting privé en droit, il a été pendant plusieurs années Conseiller général de la Caisse des bons du trésor ukrainienne, une des premières banques du pays.

Enfin à l’Intérieur, le businessmen véreux Arsen Avakov, fondateur d’une banque commerciale et d’un fonds d’investissement, condamné pour prise illégale de terres, abus de pouvoir, il est sur la liste internationale d’Interpol. Un bon garant du respect du droit et de l’ordre juste !

Des fascistes aux postes-clés … jusqu’au numéro 2 du régime !

Le vice-premier ministre, numéro 2 derrière Iasteniouk, est Alexander Sytch. Membre du parti fasciste « Svoboda ». Il est connu pour ses interventions virulentes au Parlement, sa croisade « anti-avortement », son anti-communisme fervent (sa région Ivano-Frankisvk a fait interdire le PC).

La présidence du Conseil de sécurité nationale, organe suprême pour la défense et l’intérieur, est confiée à Andrei Parubiy, fondateur du Parti national-social (inspiré du NSDAP de Hitler, oui !) ancêtre de Svoboda, dont il fut le leader de sa jeunesse para-militaire, il a dirigé les forces d’auto-défense à Maidan, aujourd’hui il se dit membre de l’ « opposition modérée » (sic).

Dans un autre poste majeur, le Bureau du Procureur général, on retrouve un membre de Svoboda, Oleg Makhnitsky. Le procureur général dispose du pouvoir suprême sur le plan judiciaire, pouvant notramment lever l’immunité parlementaire pour faire inculper tout élu.

Le ministère de l’Agriculture est confié à Olexandr Myrni, autre membre de « Svoboda ». Ce millionnaire fasciste a fait fortune dans … l’agro-alimentaire. Les grands groupes allemands, polonais, américains qui lorgnent sur le « grenier » ukrainien peuvent être rassurés !

Enfin, le ministère de l’écologie va aussi à un membre du parti « Svoboda », Andrei Mokhnyk. Lui qui n’y connaît rien à l’écologie est aussi un farouche opposant des énergies renouvelables.

Cela va peut-être décevoir – comme le notent les médias ukrainiens – les multi-nationales qui avaient signé des accords pour ce type d’énergie, mais cela va rassurer par contre les multi-nationales du gaz, de l’électricité, du pétrole qui peuvent être les mêmes.

A l’Education, Sergei Kvit a fréquenté dans sa jeunesse diverses organisations néo-nazies, dont le « Trident », organisation se revendiquant des groupes collaborateurs pendant la dernière guerre.

Aux Sports, le voyou Dimitri Bulatov, héros des indignés à crânes crasés pour avoir organisé la logistique sur la place Maidan, est aussi connu pour ses liens très étroits avec le groupe ultra-fasciste « Secteur Droit ».

On pourrait aussi ajouter une égérie du mouvement, la journaliste anti-corruption Tatiana Tchornovol à la tête du Bureau anti-corruption qui fut responsable à la communcation de l’UNA-UNSO, groupe néo-nazi se revendiquant du nationalisme ukrainien collaborant avec les nazis, mantenant des relations très proches avec le parti néo-nazi NDP.

A noter que si les deux principaux dirigeants des partis d’extrême-droite ne sont pas au gouvernement, ce n’est pas parce qu’on les a exclus mais … parce qu’ils ont refusé les postes, préférant se préserver pour les prochaines élections.

Ainsi, le chef de Svoboda, Oleg Tyahnybok s’est vu proposer le poste de vice-premier ministre. Celui du parti néo-nazi « Secteur droit », Dmitri Yarosh a refusé le poste de vice-secrétaire du Conseil de sécurité national, attendant mieux peut-être.

Et des bouffons (corrompus) à la pelle, partout !

On pourrait continuer la liste des membres du gouvernement, même les miettes lancées aux « manifestants » n’ont pas convaincu même les plus fanatiques ou crédules des dits « indignés de Maidan ».

On peut penser à Olga Bogomolets aux Affaires humanitaires.

Cette millionnaire formée aux Etats-unis a fait fortune dans la création après 1991 de cliniques laser, d’instituts privés de dermatologie et de cosmétologie. Elle investit depuis sa fortune dans des institutions philanthropiques … avant tout destinés à glorifier la nation ukrainienne éternelle, bien ancrée à l’ouest.

Aux affaires sociales, Lioudmila Denisova, elle aussi déjà ministre du même poste pendant trois ans, elle a déjà été dénoncée par plusieurs ONG pour abus de pouvoir, népotisme et détournement de fonds. Une belle figure morale !

On pourrait continuer, pour rire, avec l’acteur raté Yevhen Nischchuk à la Culture, le recteur d’université servile Sergei Kvit à l’Education, ou le docteur formé aux Etats-unis et en Allemagne, Oleg Musiy à la Santé : tous ont suscité au mieux les réticences, au pire la désapprobation générale même des étudiants, milieux culturels et de santé pro-européens !

Arrêtons le massacre, arrêtons la mascarade. L’Union européenne – en soutenant ce coup d’Etat et ce gouvernement fantoche – a enterré la démocratie, montré l’hypocrisie de son discours, précipité le risque de guerre avec la Russie : que l’on sache enfin à qui nos dirigeants veulent confier le sort d’un des plus grands pays d’Europe.

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