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dodo

de stephan guillon

26 Janvier 2012 , Rédigé par dodo

Chronique Libération // Bismarck, papy et les Schleus…

Samedi soir, lors d’une séance de spiritisme, j’ai réussi à communiquer avec mon grand-père paternel. Il est mort en août 1991. Attention, je ne suis pas Paco Rabane, je ne discute que très rarement avec les morts, mais samedi soir le cadre était propice à une conversation avec les esprits. En effet, en tournée dans le Bordelais, mon équipe et moi-même étions logés dans un vieux château perdu au milieu des vignes. Après maintes libations, Laurent, mon régisseur lumière, s’est écrié goguenard : «Et si nous faisions tourner les tables !» Dix minutes plus tard, après quelques fous rires, quelques plaisanteries du style : «C’est quand même plus drôle d’être ici que dans une chambre d’hôtel à déprimer face au Téléthon !» ils assistaient tous médusés à mes retrouvailles avec mon grand-père ! Mon papy Henry… Ingénieur, gaulliste, fervent catholique, fait prisonnier en Allemagne en août 1914… Oui, il était parti trois semaines avant la déclaration de la guerre, apprendre la langue de Goethe à Munich ! Il reviendra en France en 1918, totalement bilingue. (Un séjour linguistique particulièrement pénible, mais tellement moins cher que des cours en immersion totale chez Berlitz !) Depuis 1991, Henry n’avait plus aucune nouvelle de la Terre (pour aider à couper les ponts, Dieu ne veut pas que ses ouailles se tiennent au courant) et c’est lui qui avait mille questions à me poser. Juste avant son départ, Edith Cresson était entrée à Matignon, on avait percé le tunnel sous la Manche et Saddam Hussein avait envahi le Koweït… Mais avant toute chose, papy voulait prendre de mes nouvelles. J’étais devenu un homme, j’ai aujourd’hui le même âge que mon père lorsqu’il l’avait serré pour la dernière fois dans ses bras.

«A l’époque, me dit-il, tu prenais des cours de théâtre, tu dois être à la Comédie-Française maintenant, pensionnaire ? Sociétaire, tu as été nommé sociétaire ! – Non papy… (Comment lui faire comprendre que j’avais légèrement bifurqué, que j’étais devenu humoriste ?) J’écris papy, j’écris des articles dans la presse. – Quel journal, laisse-moi deviner ? Le Figaro. Tu écris dans le Figaro, c’est magnifique ! - Oui, c’est ça papy, le… le Figaro. - Ah, le journal de Robert Hersant. Quelle coïncidence, je l’ai croisé hier au jardin d’Eden, je vais lui dire que tu es mon petit-fils. Stéphane, un Guillon, digne de ce nom, se doit de combattre la gauche ! (A cet instant, toute mon équipe était sous la table, morte de rire.) Et dis-moi, tu gagnes bien ta vie, tu es bien payé au Figaro ? - 224 euros. – C’est quoi ça… les euros ? – C’est la monnaie européenne, le franc a été abandonné en 1999. – Tout le monde a la même monnaie, même les Schleus ? hurla papy ! Il faut réagir, on ne peut pas laisser faire ça, qui est le Président ? Il est de droite, j’en suis sûr, François Mitterrand est au fond du trou, il déprime. Même l’arrivée de sa femme Danièle, la semaine dernière, ne lui a pas redonné le sourire. Ils font déjà chambre à part et ont repris leurs bonnes vieilles habitudes de la Terre.» Mon grand père était très énervé, cette histoire de monnaie commune avec l’Allemagne ne passait pas.

«Alors, comment s’appelle le Président ? insistait-il. - Ecoute, depuis ton départ, Chirac a été élu deux fois. Il n’est pas très en forme, tu risques de le voir bientôt et aujourd’hui c’est… Nicolas Sarkozy. – Qui ça ? – Sarkozy. – Il est au RPR ? – A l’UMP, papy, c’est la même chose. – Et il est bien ? C’est un bon Président ? Tu dis du bien de ce Sarkozy dans tes éditos au Figaro ? (Désormais mon équipe était en larmes, suffoquant, me suppliant d’arrêter !) Mais dis-moi, ce Sarkozy, il ressemble à quoi ? – Tu le connais papy, à ton époque, il était maire de Neuilly, il venait de piquer la femme de Jacques Martin. Tu sais, un petit brun très nerveux, qui bouge tout le temps les épaules !» Par nature, les esprits sont très zen, habités d’une vie spirituelle très riche et il en faut énormément pour les impressionner, mais là, je sentais que mon grand-père était sidéré, estomaqué… «Ce type-là est devenu Président ? – Oui papy… Mais tu sais, il est très entouré. En ce moment, il est cul et chemise avec la chancelière allemande, Angela Merkel, toutes ses décisions sont prises avec sa permission. Par exemple, la semaine dernière, avant de prononcer son discours à Toulon, il lui a fait parvenir le texte pour validation.»

La suite est assez confuse, mon grand-père se mit à hurler, à parler comme Montebourg (sauf que lui a des circonstances atténuantes) : «Les Boches, les Schleus, les Fritz avaient gagné, il fallait prendre les armes, se défendre !» D’ailleurs, avant-hier, il avait croisé Bismarck à la cantine, particulièrement en forme, souriant, plaisantant avec son état-major et ça lui avait paru suspect, il se doutait que quelque chose se tramait ! La voix de mon grand-père se mit tout d’un coup à faiblir, l’aube pointait… «Ecoute, mon Phanou, je vais te dire une chose que je n’aurais jamais pensé pouvoir dire : tu as le devoir de passer chez l’ennemi, écris tes articles dans Libération, ce brûlot gauchiste tenu par Serge July. Dans ces périodes-là, il faut savoir résister…» J’ai voulu lui répondre, lui dire qu’il pouvait être fier, rassuré, que… Mais le jour s’était levé et les esprits, comme chacun sait, disparaissent avec le soleil.

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syrie-iran

26 Janvier 2012 , Rédigé par dodo

26 janvier 2012

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Dans son discours auprès d’étudiants universitaires le 10 janvier 2012, Bachar el-Assad a parlé de conspiration contre la Syrie. Utilisez un autre mot si ça vous chante, mais il est certain qu’il y en a une.

 

Les sous-fifres subalternes dans cette campagne qui vise à destituer le gouvernement syrien sont des miliciens qui se font appeler « armée syrienne libre » ainsi que divers gangs armés. Ni les uns ni les autres ne pourraient poursuivre leurs campagnes de violences sans une aide extérieure. Sans soutien armé depuis l’extérieur, ils ne seront pas en mesure de renverser le gouvernement. Tout ce qu’ils peuvent faire, c’est continuer leurs tueries et provoquer le chaos dans l’espoir que le régime s’effondre. Leurs sponsors sont : les USA, la Grande Bretagne, la France, l’Arabie saoudite, le Qatar, les Frères Musulmans, le Conseil National Syrien, des « activistes » syriens en exil, dont certains sont liés de près aux ministères des Affaires Etrangères britanniques et étasuniens, ainsi que tous les salafistes présents dans la région. La réforme n’est pas la question. Leurs plans divergent sur bien des aspects, mais convergent sur un seul et même point : leur détermination à détruire le gouvernement baathiste. Pour les USA, la Grande Bretagne et la France – « l’Occident » -–, la destruction d’un gouvernement et d’un parti politique qui leur a longtemps tenu tête est l’enjeu. Pour l’Arabie saoudite, la question d’est d’affronter l’Iran et de contenir le chiisme dans la région. Pour les Frères Musulmans, la question est la revanche sur la répression de leur révolte de 1982 par Hafez al Assad, la destruction d’un gouvernement laïque, et la mise en place d’un gouvernement basé sur la sharia, gouvernement qu’ils entendent dominer. Tant pour les salafistes que pour les Frères Musulmans, la question est également de détruire les alaouites en tant que force sociopolitique en Syrie.


Pour les USA et l’Arabie saoudite, l’Iran et la Syrie, ainsi que le Hezbollah, sont les composantes d’un même problème. L’Arabie voit en l’Iran la tête du serpent et souhaitait qu’il soit attaqué lors des dernières années de l’administration Bush. Mais une attaque directe, enlevant le voile d’une guerre masquée déjà en cours, serait extrêmement dangereuse pour les pays qui sont en train de la mener. C’est ce qui les retient d’aller de l’avant, et non pas le fait que cette guerre serait catastrophique pour le peuple iranien et la région. (Notez au passage qu’il est assez extraordinaire que, bien que l’Iran vive depuis des années sous la menace constante d’une pareille offensive, les médias occidentaux n’ont pas encore parlé des conséquences possibles d’une attaque sur des sites nucléaires actifs.)


L’Iran serait sérieusement affaibli par une intervention armée directe en Syrie (contrairement à une guerre sous couvert actuellement en cours). Une telle intervention aurait des conséquences fort similaires à une attaque directe sur l’Iran. En 2006, les deux pays ont signé un accord de défense pour contrer les « menaces communes », et l’Iran verrait toute offensive ouverte dirigée contre la Syrie comme un prélude à une attaque sur lui-même.


La forme la plus probable d’intervention armée serait la déclaration d’une « no-fly zone », ou d’un « cordon humanitaire » juste au dessus de la frontière turco-syrienne. C’est ce qui s’est passé en Lybie, où près de 50.000 personnes ont perdu la vie après que la France, la Grande Bretagne, les USA et leurs alliés de moindre envergure, eussent décidé d’attaquer au nom du maintien de la no-fly zone. La Russie et la Chine ont indiqué qu’ils s’opposeraient à quelque manœuvre de la sorte au Conseil de Sécurité des Nations unies. À la lumière de ces difficultés, la seconde meilleure option est de déstabiliser la Syrie avec le même objectif final qu’une attaque ouverte. Faire tomber le gouvernement syrien, rompre ses liens stratégiques avec l’Iran et le Hezbollah, c’est là le but recherché par les USA et ses alliés d’Occident et du Golfe. Plongée dans des turbulences internes si fortes qu’elle ne sera plus en mesure de riposter, la Syrie est écartée des calculs militaires. Dans la mesure où l’Iran est concerné, cette situation renforcerait considérablement la position des USA et d’Israël et pourrait rendre une guerre plus probable.
Depuis le début de l’année, la carte géopolitique de la région a été redessinée de manière significative. Les partis islamistes sont arrivés au pouvoir ou sont en train d’y arriver au Maroc, en Tunisie et en Egypte, et il est fort probable qu’ils fassent de même lorsque des élections seront organisées en Lybie. Entre ce que les partis disent lorsqu’ils sont dans l’opposition, et ce qu’ils se sentent obligés de faire une fois au pouvoir, il y a généralement une certaine différence, et les partis islamistes ne font pas exception à la règle. Sur la question sensible des relations avec Israël, Rachid Ghannouchi, le leader du parti tunisien Ennahda, a eu des discussions tranquilles avec les Israéliens à Washington et a indiqué que la Palestine ne serait pas une priorité pour le nouveau gouvernement tunisien.


Des signaux assez vagues proviennent par contre des Frères Musulmans en Egypte. D’après le ministère des Affaires Etrangères à Washington, les Frères Musulmans ont donné des garanties qu’ils s’en tiendraient au Traité de 1979 concernant Israël. Ceci fut presque immédiatement démenti par des séniors emblématiques du mouvement, affirmant que le Traité ne pouvait être considéré comme sacrosaint, et répétant qu’il est possible qu’un referendum soit organisé afin que le peuple décide. Ce sera là l’un des thèmes les plus brûlants pour le nouveau gouvernement égyptien, mais puisque ce dernier a besoin des milliards de dollars promis par les USA, l’Arabie saoudite, le Qatar et le F.M.I. , il est probable que le pragmatisme l’emporte, à court terme, voir aussi longtemps qu’Israël lui-même ne met pas en péril le Traité avec une nouvelle attaque sauvage contre Gaza ou le Liban.


Dans cet environnement qui change très vite, la Syrie reste ferme, que ce soit contre les USA et Israël d’une part, ou contre la montée croissante des islamistes/salafistes d’autre part. L’opposition pacifique fut plongée dans la violence il y a bien longtemps, alors que l’armée continue à se battre contre des « déserteurs » et des gangs armés dont les médias nous disent toujours qu’ils ne sont qu’une invention de l’Etat. Les médias occidentaux doivent encore interviewer les familles de milliers de soldats et de civils tués par ces « rebelles » et autres « gangs armés » pour voir ce que les Syriens pensent de ce qu’il se passe dans leur pays. S’appuyant sur des accusations non vérifiées d’ « activistes » ou sur des sources suspectes hors de Syrie, les médias ont joué un rôle crucial dans le développement d’un récit trompeur. La semaine dernière, le Guardian s’est nouvellement livré à une bassesse avec l’accusation d’un « activiste » syrien résidant à Londres comme quoi les forces de sécurité syriennes remplissent de détenus des conteneurs qu’ils jettent ensuite à la mer. Il n’y a aucune preuve que ça se soit passé, mais c’est la façon de traiter l’information que le Guardian a préconisé pour « relater » cette crise. Lorsque Damas a été la cible d’attentats à la bombe, la BBC et le Guardian ont tous deux déclaré en toute hâte que ces attentats étaient l’œuvre du gouvernement – selon des activistes. À nouveau, ils n’avaient aucune preuve pour soutenir de telles accusations, faites au moment même où les Syriens nettoyaient le sang dans les rues et ramassaient les morceaux de corps de civils qui avaient été tués. Lorsque la Ligue Arabe a publié un rapport de gestion intermédiaire sur le travail de ses inspecteurs en Syrie, celui-ci appelait à la cessation de violences de la part du gouvernement et des gangs armés. Sur sa page internet, la BBC a uniquement relayé qu’il appelait à une cessation des violences de la part du gouvernement syrien.


L’Occident part à la chasse d’une nouvelle guerre au Moyen Orient. C’est là l’essence de cette campagne contre la Syrie. Cette semaine [11 janvier 2012, ndlr], un autre scientifique nucléaire iranien a été assassiné. L’intention très claire est de provoquer l’Iran pour qu’il riposte, fournissant du même coup le prétexte pour une attaque armée que beaucoup en Israël et aux USA souhaitent. Il n’y a aucun doute sur le fait que la Syrie a besoin d’une réforme. Mais quiconque pense que les USA, la Grande Bretagne, la France, l’Arabie saoudite et le Qatar mènent campagne contre la Syrie pour que cette réforme ait lieu vit dans le monde des rêves. Chaque accusation sauvage faite par des activistes et relayée par sens du devoir dans les médias est de l’eau qui alimente leur moulin. Ces puissances ne veulent pas que la violence cesse. Elles veulent que cela continue jusqu’à ce que le gouvernement syrien tombe, et elles ont de quoi faire durer cela éternellement. Si les USA et leurs alliés franchissent le pas et attaquent la Syrie ou l’Iran, il est très probable qu’ils déclenchent une guerre régionale, puis selon certains, une guerre globale. Dans leurs costumes gris et avec leurs cravates couleur pastelle, ces hommes sont aussi fous que n’importe quel fasciste en uniforme marron.



Jeremy Salt enseigne l’histoire moderne du Moyen-Orient dans le département de science politique à l’Université Bilkent, à Ankara. Il a enseigné précédemment dans les universités d’Istanbul ( Bogazici, Bosphore) et de Melbourne. Ses publications incluent ” The Unmaking of the Middle East : a History of Western Disorder in Arab Lands” (University of California Press, 2008). Il a contribué à la rédaction de cet article sur PalestineChronicles.com .


Source originale : The Palestine Chronicle

Traduit de l'anglais par Fabricle Lambert pour Investig'Action

Source : michelcollon.info

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Citations-01

24 Janvier 2012 , Rédigé par dodo

Dans le "meilleur des mondes", Aldous Huxley écrit :


"Les anciens dictateurs sont tombés parce qu'ils ne sont jamais parvenus à donner à leurs sujets assez de pain, assez de cirques, assez de miracles ni assez de mystères. Et ils ne possédaient pas non plus un système réellement efficace de manipulation du mental.
Sous un dictateur scientifique, l'enseignement fonctionnerait vraiment -avec pour résultat que la plupart des hommes et des femmes en viendraient à aimer leur servitude et ne rêveraient jamais de révolution. Il semble qu'il n'y ait aucune raison valable pour qu'une dictature scientifique soit jamais renversée."

{Livre, Ces mondes qui nous gouvernent, Laura Knight-Jadczyk, Ed. Pilule rouge}

 

 

 

 

John Swaiton, éditeur du New York Times, dit à ses collaborateurs lors de son discours d'adieu :
"La presse libre n'existe pas. Vous, chers amis, le savez bien, moi je le sais aussi. Aucun de vous n'oserait donner son avis personnel ouvertement. Nous sommes des outils et les laquais des puissances financières derrière nous. Nous sommes les pantins qui servent et qui dansent quand ils tirent sur les fils. Notre savoir faire, nos capacités et notre vie même leur appartiennent. Nous ne sommes rien d'autres que des intellectuels prostitués."

{Livre, Livre Jaune N° 7 (Le), Collectif d'auteurs, Ed. Félix, David Icke, The Robots Ribellion, The Story of the Spiritual Renaissance, Bath 1994, 205}

 

 

John Swinton, l'ancien chef du personnel du New York Times (que ses pairs appelaient "le doyen de la profession") fut prié un jour de porter un toast devant le New York Press Club. Cela se passait en 1953, et il dit :
"Une presse indépendante n'existe pas en Amérique - sauf peut-être dans de petites villes au fin fond de la campagne. Vous savez cela et je le sais aussi. Aucun de nous n'ose exprimer sa propre opinion, honnêtement. Oseriez-vous le faire, vous savez mieux que quiconque qu'elle ne serait jamais imprimée.
"On me paie 150 dollars par semaine pour taire ma propre opinion et ne pas la publier dans les journaux pour lesquels j'écris. Vous aussi vous avez un salaire équivalent, et pour des services équivalents. Si je faisais en sorte qu'un seul numéro de mon journal exprime une opinion honnête, en moins de 24 heures je perdrais ma place. Comme Othello, l'homme qui serait assez fou pour écrire ce qu'il pense réellement se retrouverait aussitôt dans la rue, à chercher du travail.
"La fonction d'un journaliste de New York est de mentir, déformer, insulter, lécher les bottes du dieu argent et vendre son pays et sa race pour son pain quotidien - ou, ce qui es du pareil au même, son salaire.
"Nous sommes les outils et les vassaux des riches derrière les décors. Nous sommes des marrionnettes. Ces hommes tirent les ficelles, et nous dansons. Notre temps, nos talents, notre vie, nos aptitudes sont tous la propriété de ces hommes. Nous sommes des prostitués intellectuels."
(cité par St John Gaffney dans "Breaking the silence", p. 4)

{Magazine, Nexus, No 1, 04/1999, Les Banques Centrales et le Contrôle Privé de l'Argent, www.themoneymasters.com, 1998}

 

 

 

 

Victor Marchetti, ancien cadre supérieur de la CIA, The CIA and the Cult of Intelligence : "Dans notre monde, il existe de nos jours une secte puissante et dangereuse.

 

 

...
Cette secte est parrainée et protégée par les plus hauts officiels gouvernementaux du monde. Ses membres sont ceux qui occupent les centres de pouvoir des gouvernements, des industries, du commerce, de la finance, et du travail. Elle manipule les individus dans des domaines d'importante influence du public, y compris le monde universitaire et des médias. La secte secrète est une fraternité globale d'aristocratie politique dont l'objectif est d'appliquer des politiques de personnes ou agences inconnues. Elle agit en sous-marin et illégalement."

{Livre, Histoire secrète du Monde (l'), un fil d'Ariane, Laura Knight-Jadczyk, Ed. Pilule rouge}

 

 

"L'Etat transfère vers des autorités administratives indépendantes des pans entiers de sa souveraineté : monnaie, budget, politique industrielle, médias, énergie, mais aussi droits des citoyens... Dans ces secteurs, les décideurs sont des experts inconnus nommés dans l'ombre à des postes stratégiques. Les ministres sont de passage, les gouvernements sont éphémères. La caste des décideurs, elle, reste, et saute d'un pouvoir à l'autre. Les gouvernements nationaux se retrouvent privés de toute marge de manoeuvre économique. Qui a tous les pouvoirs ? Les banquiers centraux !"
{Livre, Secret des Etoiles Sombres (Le), Anton Parks, Ed. Nenki, Source: Magazine Marianne N°331, août 2003}

 

 

"Après 25 ans de vie professionnelle, et je ne sais combien de centaines d'interventions devant les tribunaux de Grenoble et de toute la France, j'ai acquis une certitude : dans tout conflit idéologique, ou philosophique, les tribunaux se déterminent d'abord et essentiellement en fonction de leurs propres convictions, même s'ils s'en défendent, et cherchent après coup des arguments juridiques, alors que la logique voudrait qu'ils fassent l'inverse. Dans ce type de problèmes, les juges savent dés le départ qui aura raison ou tort, et le procès leur servira à chercher l'argumentation juridique qui justifiera leur opinion."
{Livre, Radis de la colère (Les), Jean Pierre Joseph, avocat au Barreau de Grenoble}

 

 

 

"Les salauds vivent du travail, de la maladie et de la misère des imbéciles et se servent d'eux pour neutraliser ceux qui s'en rendent compte."
{Citation, Serge Gainsbourg}

 

 

 

"Il faut prévenir les hommes qu'ils sont en danger de mort... la science devient criminelle."
{Citation, , 1946, Albert Einstein}

 

 

 

"Les crises économiques ne sont pas des fléaux de Dieu; elles sont, comme les guerres, l'oeuvre d'un petit nombre d'individus qui en profitent."
{Citation, Henry Ford}

 

 

 

"Notre monde est menacé par une crise dont l'ampleur semble échapper à ceux qui ont le pouvoir de prendre de grandes décisions pour le bien ou pour le mal.
La puissance déchaînée de l'homme a tout changé, sauf nos modes de pensées, et nous glissons vers une catastrophe sans précédent. Une nouvelle façon de penser est essentielle si l'humanité veut vivre. Détourner cette menace est le problème le plus urgent de notre temps."

{Citation, Albert Einstein}

 

 

Jacques Bergier a raconté un jour qu’il existe une série de questions dont il est absolument interdit à la presse de parler et dont la liste se trouve stipulée avec précision sur un petit carnet noir qui –quel que soit le régime politique du pays, car l’interdit est universel, mondial- se trouve remis à tout directeur d’un important organe de presse d’information, qu’il soit tributaire du grand capitalisme ou communiste

 

Note d'eva : Par exemple, la paix. J'ai été censurée à la télévision française (mon employeur de l'époque) quand j'ai voulu en parler... Mais les Grands Médias appartiennent aux Industriels de l'Armement, de mort ! Alors, ils sont pas beaux, nos médias ? La paix n'est-elle pas le premier bien pour les peuples du monde entier ?


 

 

Le romancier André Hardellet, dans son livre "Le seuil du jardin", écrit : "Derrière les gouvernements qui se succèdent, vous avez dû sentir la permanence de certaines forces, de certains principes, cette stabilité ne s'explique que par des puissances occultes qui, en fait, dirigent le pays."



Honoré de Balzac (dans Illusions perdues) a écrit : "Il y a deux histoires : l'histoire officielle, menteuse, ... puis l'histoire secrète où sont les véritables causes des évènements, l'histoire honteuse."


...
Le Cardinal de Richelieu déclara un jour que bien des gens seraient très étonnés s'ils savaient qui était le véritable souverain de France.

{Livre, Gouvernants invisibles et sociétés secrètes, Serge Hutin, Ed. J'Ai Lu}

 

 

"Le monde est dangereux à vivre non à cause de ceux qui font le mal

mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire."
{Citation, Albert Einstein}

 

 

 

"Rien de ce qui touche à la politique ne relève du hasard ! Soyons sûrs que ce qui se passe en politique a été bel et bien programmé !"
{Citation, F.D. Roosevelt}

 

 

"On peut tromper tout le monde pendant un certain temps et certains pour toujours, mais on ne peut pas tromper tout le monde éternellement."
{Citation, Abraham Lincoln}

 

 

"Nous vivons dans un pays superbe. Il nous suffit juste de nous débarrasser des gangsters qui détiennent le pouvoir et l'affaire est réglée."
{Citation, Ian Smith, Fondateur de la Banque des pauvres du Bengladesh}



"Mon gouvernement est le premier pourvoyeur de violence au monde."
{Citation, Luther King (Dr Martin), propos tenu pendant la guerre du Vietnam}



"Les individus sont sortis de l'état sauvage, les nations y sont restées."
{Citation, Alexandre Vinet}

 

 

 

"Un peuple n'a qu'un ennemi dangereux : c'est son gouvernement."
{Citation, Saint Just}

 

 

 

"Peuple, ton pire ennemi, ce sont tes dirigeants"
{Citation, Saint Just, Révolutionnaire franc-maçon, sur l'échafaud}

 

 

"Le peuple est le reflet de son gouvernement. Si le gouvernement est honnête, le peuple est honnête."
{Citation, Bouddha}

 

 

Dans une intervention à la chambre des Lords en 1770, Sir William Pitt déclara : "Il y a derrière le trône, quelque chose de plus puissant que le roi lui-même."
{Magazine, Nexus, No 61, 03-04/2009, Physique, Jean Pierre Garnier Malet}

 

 


Le 21/11/1933 le président américain Franklin D. Roosevelt écrivit à un confident :
"La vérité en ce domaine est, comme vous et moi le savons, que dans les grands centres un élément financier possède le gouvernement, et ce depuis le temps d'Andrew Jackson."

{Magazine, Nexus, No 61, 03-04/2009, Physique, Jean Pierre Garnier Malet}

 

 

Benjamin Disraeli, homme d'Etat anglais du siècle dernier, a écrit : "Le monde est gouverné par de tout autres personnages que ne l'imaginent ceux dont l'oeil ne plonge pas dans la coulisse."
{Livre, Gouvernants invisibles et sociétés secrètes, Serge Hutin, Ed. J'Ai Lu}

 

Napoléon a dit : "La main qui donne est au dessus de la main qui prend. L'argent n'a pas de patrie, les financiers n'ont ni patriotisme ni décence, et le gain est leur seul objectif."
{Magazine, Nexus, No 2, 05-06/1999}



Il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l'homme, mais pas assez pour assouvir son avidité.
{Citation, Gandhi}

 

Ce qui est important pour l'homme n'est pas la vérité mais l'idée qu'il s'en fait. Il adulera une encyclopédie même si elle dit des contre vérités (surtout historiques) alors qu'il reniera un texte disant des vérités historiques uniquement parce que l'encyclopédie correspond à l'idée qu'il se fait du monde...

 

 

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citations

24 Janvier 2012 , Rédigé par dodo

Le fait que les hommes tirent peu de profit des leçons de l'Histoire... c'est la leçon la plus importante que l'histoire nous enseigne..."


"Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire” Albert Einstein (1879-1955)

 

" Il faut prévenir les hommes qu'ils sont en danger de mort... la science devient criminelle."*


"Dans les temps de tromperie universelle, dire la vérité devient un acte révolutionnaire."
George Orwell, (1903-1950), auteur de 1984.

"Pour obtenir le contrôle total, deux ingrédients sont essentiels : une banque centrale, et un impôt progressif, pour que les gens ne s'en rendent pas compte."

 

Le hasard, c’est Dieu qui passe incognito.

 

L'environnement, c'est tout ce qui n'est pas moi.

 

Le problème de notre temps n’est pas la bombe atomique, mais le cœur de l’homme.
 

Le progrès technique est comme une hache qu’on aurait mise dans les mains d’un psychopathe.

 

 

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Autres citations d'Einstein,

Par ordre alphabétique :

 

 

A l'école, en algèbre, j'étais du genre Einstein. Mais plutôt Franck qu'Albert.

 

C’est le devoir de chaque homme de rendre au monde au moins autant qu’il en a reçu.
 

Ce qui m'intéresse vraiment c'est de savoir si Dieu avait un quelconque choix en créant le monde.
 

Dieu est subtil, mais il n'est pas malveillant.
 

En apparence, la vie n'a aucun sens, et pourtant, il est impossible qu'il n'y en ait pas un !

 

Il est étrange que la science, qui jadis semblait inoffensive, se soit transformée en un cauchemar faisant trembler tout le monde.
 

Il est plus difficile de désagréger un préjugé qu’un atome.

 

Il faut prévenir les hommes qu’ils sont en danger de mort, la science devient criminelle. (1946)
 

Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine... mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue.
 

Je méprise profondément ceux qui aiment marcher en rangs sur une musique: ce ne peut être que par erreur qu'ils ont reçu un cerveau ; une moelle épinière leur suffirait amplement...

 

Je n’ai pas échoué, j’ai trouvé dix mille moyens qui ne fonctionnent pas.

 

Je ne m'inquiète jamais de l'avenir. Il arrive bien assez tôt.
 

Je ne dors pas longtemps, mais je dors vite.
 

Je sais pourquoi tant de gens aiment couper du bois. C’est une activité où l’on voit tout de suite le résultat.

 

Je suis réellement un homme quand mes sentiments, mes pensées et mes actes n'ont qu'une finalité: celle de la communauté et de son progrès.
 

La folie est de toujours se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent.

 

La gravité n'est pas responsable de ceux qui tombent en amour.
 

La joie de regarder et de comprendre est le plus beau cadeau de la nature.
 

La plus belle chose que nous puissions éprouver, c'est le mystère des choses.
 

La possession de merveilleux moyens de production n'a pas apporté la liberté, mais le souci et la famine.

 

La seule chose absolue dans un monde comme le nôtre, c'est l'humour.

 

La science sans religion est boiteuse, la religion sans science est aveugle.

 

La théorie, c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c’est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.

 

La vie, c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour garder l’équilibre.
 

La vraie valeur d'un homme se détermine d'abord en examinant dans quelle mesure et dans quel sens il est parvenu à se libérer du Moi. 

 

Les amères leçons du passé doivent être réapprises sans cesse.
 

Les grands esprits ont toujours rencontré une opposition farouche des esprits médiocres.

 

L'imagination est plus importante que le savoir.
 

N’essayez pas de devenir un homme qui a du succès. Devenez un homme qui a de la valeur.
 

Ne fais rien contre ta conscience, même si c’est l’Etat qui te le demande.
 

Nous aurons le destin que nous aurons mérité.
 

Placez votre main une minute sur un poêle et cela vous semble une heure. Asseyez-vous auprès d’une jolie fille une heure

et cela vous semble durer une minute. C’est ça la relativité.

 

Quiconque prétend s’ériger en juge de la vérité et du savoir, s’expose à périr sous les éclats de rire des dieux

puisque nous ignorons comment sont réellement les choses et que nous n’en connaissons que les représentations que nous nous en faisons.
 

Se sacrifier au service de la vie équivaut à une grâce.
 

Si vous ne pouvez expliquer un concept à un enfant de six ans, c'est que vous ne le comprenez pas complètement.

 

Trois idéaux ont éclairé ma route et m'ont souvent redonné le courage d'affronter la vie avec optimisme: la bonté, la beauté et la vérité.
 

Un homme qui n'est plus capable de s'émerveiller a pratiquement cessé de vivre.
 

Un problème sans sa solution est un problème mal posé.

 

Une mode domine chaque époque sans que la plupart des gens soient capables de voir els tyrans qui imposent leur volonté.

 

Il devient indispensable que l'humanité formule un nouveau mode de penser si elle veut survivre et atteindre un plan plus élevé.

 

Chaque période est dominée par une mode, sans que la plupart des gens soient capables de découvrir les tyrans qui l'imposent

 

Notre monde est menacé par une crise dont l'ampleur semble échapper à ceux qui ont le pouvoir de prendre de grandes décisions pour le bien ou pour le mal. La puissance déchaînée de l'homme a tout changé, sauf nos modes de pensées et nous glissons vers une catastrophe sans précédent. Une nouvelle façon de penser est essentielle si l'humanité veut vivre. Détourner cette menace est le problème le plus urgent de notre temps.

 

A force de lire des ouvrages de vulgarisation scientifique, j'ai bientôt eu la conviction que beaucoup d'histoires de la Bible ne pouvaient pas être vraies. La conséquence a été une véritable orgie fanatique de libre pensée accompagnée de l'impression que l'Etat trompe intentionnellement la jeunesse par des mensonges. C'était une impression écrasante. Cette expérience m'a amené à me méfier de toutes sortes d'autorité, à considérer avec scepticisme les convictions entretenues dans tout milieu social spécifique : une attitude qui ne m'a jamais quitté, même si par la suite, parce que j'ai mieux compris les mécanismes, elle a perdu de son ancienne violence.
 

Un être humain fait partie d'un tout que nous appelons "l'Univers" ; il demeure limité dans l'espace et le temps.

Il fait l'expérience de son être, de ses pensées et de ses sensations comme étant séparés du reste -
une sorte d'illusion d'optique de sa conscience. Cette illusion est pour nous une prison,  nous restreignant à nos désirs personnels

et à une affection, réservée à nos proches.
Notre tâche est de nous libérer de cette prison en élargissant le cercle de notre compassion afin qu'il embrasse tous les êtres vivants,
et la nature entière, dans sa splendeur...

 

http://www.retrouversonnord.be/Einstein.htm

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la fillette en vert !

24 Janvier 2012 , Rédigé par dodo

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ALLV

24 Janvier 2012 , Rédigé par dodo

Benghazi – Depuis les derniers nouvelles tristes survenues en Libye, quelques journalistes, s’auto-censurant bien sûr, sont comme pris d’une étrange crise de conscience. A moins que ce ne soit simplement une ignorance dès le début du cas libyen qu’ils n’avaient su analyser ou simplement par racisme avec une doxa occidentale qui pense dicter tout et n’importe quoi aux autres peuples. Étrangement aussi, tous ceux qui se pavanaient dans nos médias, imbus de leur personne, se taisent. J’aimerai encore voir, cette fois-ci sans zapper, le chef de guerre germanopratin présenté comme intellectuel nous sortir sa science sans conscience. 

Comme je l’avais précisé lors d’une émission sur Télésud (vidéo en dessous) dès février 2011, le silence des Africains avait sonné le glas du régime de Mouammar Kadhafi. Pourquoi avais-je déclaré que c’est fini ? Simplement parce que je voyais en face, des barbares qui n’avaient qu’un but, tuer le frère guide et leader libyen. C’était l’empêcheur de tourner en rond qui avait une vision pour l’Afrique que ne voyaient pas d’un bon oeil les dirigeants occidentaux. J’avais conclu mon propos en précisant que le CNT ne pouvait gouverner la Libye…

Stupeur et tremblements. Aujourd’hui, les nouvelles sont de plus en plus alarmantes pour le CNT. Ses membres se sont réunis encore tôt ce matin, comme à leur habitude dans un endroit secret, pour statuer sur la demande, hier, du premier ministre sans pouvoir, Abdel Rahim al-Kib, de remettre sa démission ainsi que celle de son Gouvernement et sur l’envoi de renforts à Bani Walid, la ville retombée sous le joug de l’armée de libération de la Libye (verte)… Se rendant de plus en plus compte qu’il n’est qu’un homme-lige du CNT, il reproche à ce dernier de phagocyter le pouvoir en ne lui déléguant aucun rôle, mais en multipliant les embûches dans la mesure où, le CNT a son propre Gouvernement. Un bicéphalisme abscons avec une absence de pouvoir exécutif.

A vrai dire, le manque de méditation, d’intelligence, de réflexion, et d’étude des histoires et des cultures des autres, ont conduit l’homme occidental à rester dans  sa condition primaire. Cette dernière faite essentiellement de violence -depuis la nuit des temps-, est restée coincée dans le matériel car son idéologie rationaliste l’a empêché d’évoluer vers une sagesse qu’on pourrait qualifier de spirituelle. Les Libyens qui ont combattus Mouammar Kadhafi, sont dans la même dynamique. Ils espéraient pouvoir s’enrichir car, ils étaient dépourvu d’idéologie. C’est un peu la faute du frère guide.

La tâche est ardue, et nul ne sait qui pourra dénouer ce noeud coulant que les aventuriers du CNT, qui n’avaient que pour programme la haine d’un homme et la soif du pouvoir. Mais, le Gouvernement Abdel Rahim al-Kib qui reproche au CNT entre autres, la sortie controversée de son ministre de l’Intérieur Faouzi Abdelali, qui, sous l’injonction des renégats du CNT, a tenté de sauver les meubles, avec son démenti farfelu, alors que tout le monde sait que la prise de Bani Walid est effective, démissionnera-t-il ? Là, c’est une autre histoire, l’intérêt des Libyens étant visiblement le dernier de leurs soucis…

 

allains jules

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L'avenir est-il écrit!!

24 Janvier 2012 , Rédigé par dodo

La terre nous est étroite


24/01/2012 - Ouverture libre

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La terre nous est étroite

Juste avant l’invention de la civilisation, la nôtre, l’actuelle, celle-ci qui a à la fois cultivé la terre, domestiqué les animaux et les a élevés pour s’en nourrir puis construit des villes, l’homme n’était pas un loup pour l’homme.

 

Il chassait, cueillait et pêchait. Il était devenu efficace pour vivre des fruits de la terre.

La taille de ses outils était devenue précise, raffinée.

Il avait fabriqué des harpons et parvenait à attaquer des herbivores de plus en plus grands.

Depuis longtemps, il dressait des sépultures et décorait parfois de coquillages les dépouilles enterrées de ses proches à leur décès.

Il y a trente mille ans environ, l’humanité a été réduite à sa variante sapientielle. L’extinction des autres lignées, hommes néandertaliens, est sans doute due à leur dilution dans l’espèce résultante par le nombre élevé d’appariements matrimoniaux croisés.

La terre lui était devenue étroite.

Il a connu le problème de l’équilibre entre sa multiplication liée à l’acquisition de son habileté à chasser et le gibier devenu le facteur limitant à son expansion démographique.

L’humanité a survécu car elle a su surmonter cet antagonisme entre une maîtrise prédatrice de son environnement, alimentation moins aléatoire et défense contre les animaux carnassiers, et l’épuisement de ses ressources en raison de l’usage intensif de son outillage. Elle a pratiqué l’échange.

Bien plus que la capacité organisationnelle d’un groupe animal à se nourrir, cette étape a été décisive de l’humanisation car elle a relié des groupes entre eux, les a solidarisés et a permis l’émergence d’une entité supérieure à chacun des groupes humanoïdes isolés.

Cet échange a été celui de biens.

Celui des objets et des denrées.

Mais plus encore, celui des femmes. L’exogamie avec ses règles très contraignantes qui obligent un groupe à s’allier à un autre et interdit l’accouplement au sein du groupe lui-même a été l’invention de la loi et de la politique à la fois.

De proche en proche, le sapiens semi-nomade a colonisé le monde habitable à partir du Proche-Orient en réalisant un brassage génétique. La paix est venue de surcroît comme l’aboutissement d’un long travail politique de métissage qui a permis l’harmonie au sein d’un écosystème.

 

Le néolithique, avec son araire et son étable, a concentré les humains et leurs richesses dans des cités. L’abondance des denrées localisée de façon hétérogène s’accompagne d’une protection de celles-ci à l’intérieur de remparts, de frontières avec sécrétion d’une organisation militarisée de défense et ou d’agression. La terre est devenue trop vaste, le territoire à exploiter pour la survie du groupe est de la taille d’un champ ou d’un pâturage.

 

Début du deuxième millénaire.

 

Le monde s’est rétréci sérieusement.

L’énergie fossile gratuite est en train de faire défaut.

À point nommé, car la demande mondiale en hydrocarbures baisse, signe pathognomonique de récession. La “croissance” non souhaitable eu égard à la destruction de l’écosystème humain s’est arrêtée comme d’elle-même devant cet impératif vital.

Quelques éléments illustrent la fin du système dominant qui protégeait son fonctionnement et assurait ses approvisionnements en ancrant la majeure partie de sa politique de domination au Moyen-Orient.

La famille des Séoud a été incapable de compenser le déficit de production libyen au moment de la révolution démocratique commise par l’OTAN. Elle a atteint depuis au moins 2009 son niveau de ‘plateau ondulant’ de production. Pour des raisons alléguées d’une rentabilité immédiate insuffisante, l’entreprise Conoco Phillips, troisième firme pétrolière étasunienne, s’est désistée comme partenaire des Séoud. Ils confient actuellement à un acteur chinois, China Petroleum & Chemical Corporation (SINOPEC) la construction d’un site de raffinage pour son brut lourd qui sera achevé en 2014. La période de l’extraction à faible coût est dépassée. L’or noir résiduel y est d’une densité péjorative et d’une haute teneur en contaminants divers. La région a perdu de son intérêt stratégique pour le capitalisme étasunien. Il en résulte le changement d’orientation tout à fait perceptible dans le manque d’enthousiasme de l’administration étasunienne à s’engager contre l’Iran pour le compte d’Israël et des Séoud. Les majors étasuniennes ne peuvent ni ne veulent investir dans des forages trop coûteux en Irak, le terrain a été abandonné ici aussi à des firmes chinoises qui ont une profusion de dollars à convertir. La première puissance militaire de la planète préfère envoyer 5000 soldats protéger ses négociations avec le Conseil National de la Transition, un transitoire d’une grande longévité malgré l’assassinat de Qadhafi, et s’arroger l’exploitation très aisée du brut libyen léger et sans soufre.

L’Afrique reste un pôle d‘intérêt minier et énergétique croissant mesurable au nombre de conflits déclenchés et entretenus.

Le Nigeria est le premier fournisseur africain des Us(a) d’un pétrole aux qualités suffisamment rares pour qu’un conflit au masque ethnique y ait été engagé. La population du delta du Niger dont l’air, les nappes phréatiques et les terres sont polluées par les hydrocarbures est plongée dans la plus grande des détresses par les pompages sans précaution qui ont déversé l’équivalent de plus de 3000 marées noires.

Au terme de convulsions sur plus de trente années, le Soudan a subi une sécession pour punition de sa richesse en pétrole dans le Sud.

 

L’humanité est de nouveau confrontée à l’étroitesse de son monde.

L’échange est fétichisé. Il n’est plus la relation qui transfère des biens réels ou symboliques pour un usage réel. Tout objet est marchandise et toute relation est une transaction marchande dont le but est l’accumulation aberrante aux mains d’un très petit nombre du moyen universel de paiement. L’argent n’est plus bien commun, il est devenu Marchandise qui absorbe toute l’activité humaine et lyse tout rapport humain qui n’est pas au service de sa multiplication.

Lequel argent, unité de compte, moyen d’échange et de thésaurisation s’est éloigné de la figuration réelle de métal poinçonné pour n’être plus qu’une convention numérisée, une croyance commune en un artefact immatériel. Toute l’architecture des relations sociales et selon toutes les échelles, interindividuelles ou internationales repose sur cet édifice de crédits sans symétrie. Le détenteur de l’émission de l’argent monnaie sans contrepartie d’une création de marchandise réelle dispose d’un pouvoir illimité sur le reste de l’humanité.

Illimité tant qu’il prétend l’asseoir sur la puissance d’anéantissement de qui ose contrevenir à sa loi. Les armes ne sont qu’un argument presque explétif dans la panoplie de la puissance.

Sa vraie force est dans l’hégémonie de son discours et la bonne disposition des esprits à son endroit. La Federal Reserve instituée en tant que banque centrale imprime et numérise des dollars et les distribue à son gré, à ces institutions financières privées qui la constituent.

 

Sous l’effet de cette double rareté, l’une réelle de l’énergie fossile sur laquelle toute l’économie mondiale repose et l’autre factice, l’argent, autant que peut l’être une convention humaine artificielle et non essentiellement vitale maintenant mortifère pour les sociétés des humains, le monde se réduit à un défilé étroit.

 

Les servants des temples pharaoniques, États sans souveraineté régissant des peuples atones, continueront-ils d’apporter des offrandes aux statues alors que ces divinités de pierre les ignorent et restent muettes pour que le Soleil continue de prendre son char tous les matins? Chaque jour, les institutions financières exigent des immolations et facilitent quand elles ne fomentent pas la guerre de tous contre tous.

Les scribes et les prêtres argumentent, les medias sont leurs voix.

Et nous, délestés de notre chair et de notre sang, sommes le substrat de ce manque, feu qui calcine notre espace, le rend inhabitable.

À moins, à moins que ne se lève en nous comme un prochain destin un désir politique à la mesure de la prescription de l’exogamie par nos ancêtres.

 

Badia Benjelloun

 

 

La terre nous est étroite

 

«Elle nous accule dans le dernier défilé

»et nous nous dévêtons de nos membres pour passer.

(…)

»Où irons-nous après l’ultime frontière ?

»Où partent les oiseaux après le dernier Ciel ?

»Où s’endorment les plantes après le dernier vent ?....

Mahmoud Darwish

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Gauche française en 1920-30

23 Janvier 2012 , Rédigé par dodo

La gauche française et le colonialisme : « Une honte » de Robert Louzon

 Lorsque le Parti communiste français (PCF) fut fondé à Tours en 1920, la France était encore une grande puissance coloniale, avec des territoires en Afrique, en Extrême-Orient et ailleurs.  Pour adhérer à l’Internationale Communiste, le PCF dut accepter les fameuses 21 conditions, dont la huitième exigeait :

 « Tout Parti appartenant à la IIIe Internationale a pour devoir de dévoiler impitoyablement les prouesses de "ses" impérialistes aux colonies, de soutenir, non en paroles mais en fait, tout mouvement d'émancipation dans les colonies, d'exiger l'expulsion des colonies des impérialistes de la métropole, de nourrir au cœur des travailleurs du pays des sentiments véritablement fraternels vis-à-vis de la population laborieuse des colonies et des nationalités opprimés et d'entretenir parmi les troupes de la métropole une agitation continue contre toute oppression des peuples coloniaux. »

 En Algérie et en Tunisie, il existait des sections du Parti socialiste (SFIO), et après la scission de Tours des sections du PCF y furent formées. Les trois fédérations départementales d'Algérie se prononcèrent pour l'adhésion à la Troisième Internationale par 34 mandats sur 41. Mais, selon Jacob Moneta, en Afrique du Nord comme en d’autres pays coloniaux, « le mouvement communiste… n’était rien d’autre qu’un prolongement du PCF dans ces pays. Il était organisé par des Français qui vivaient sur place et le nombre des membres autochtones était peu important. Ils avaient dans l’organisation des fonctions de second ordre. »[1] Selon Charles-Robert Ageron, « les sections d'Algérie comprenaient surtout des petits fonctionnaires (employés de chemins de fer, des P.T.T. et de l'enseignement), mais aussi des ouvriers et employés ainsi que des dockers et des petits colons. »[2]

 Les conditions votées à Tours ne suffisaient donc pas pour transformer les partis communistes du Maghreb. Le 24 septembre 1922, un rapport fut présenté au 2e Congrès Interfédéral Communiste de l’Afrique du Nord, et adopté à l’unanimité.[3]

 Le rapport jugeait que le texte de la huitième condition était « trop général » et négligeait les « conditions particulières » des différents pays. En Algérie, il fallait reconnaître que « ce qui caractérise la masse indigène, c’est son ignorance. C’est, avant tout, le principal obstacle à son émancipation ». En particulier, « le fatalisme et le fanatisme religieux » chez le prolétariat musulman s’expliquait par « l’emprise des marabouts et des confréries religieuses sur une masse totalement ignorante et éprise du merveilleux ». D’autre part, les prolétaires musulmans ne reconnaissaient nullement l’égalité de la femme et « la femme arabe elle-même se refuse à comprendre l’humiliation de son état ». De plus, les syndicats indigènes étaient « à peu près inexistants ».

 Dans cette situation lamentable, « l’émancipation des populations indigènes d’Algérie ne pourra être que la conséquence de la Révolution en France ». Par conséquent, le but des communistes en Algérie n’était pas de soutenir un mouvement révolutionnaire parmi la population indigène : « La propagande communiste directe auprès des indigènes algériens du bled est actuellement inutile et dangereuse. Elle est inutile parce que ces indigènes n’ont pas atteint encore un niveau intellectuel et moral qui leur permette d’accéder aux conceptions communistes. » La priorité était dès lors l’activité parmi les Européens syndiqués : « Le premier but à atteindre est donc l’éducation des Européens avant d’entreprendre directement l’éducation sociale du prolétariat indigène. »

 Le rapport provoqua plusieurs réponses. Hadjali Abdelkader, un Algérien habitant à Paris, qui avec Messali Hadj devait fonder l’Étoile Nord-Africaine, répliqua qu’il fallait se rendre compte que « dans toutes les colonies les travailleurs indigènes, grâce à la Révolution russe, se réveillent et commencent à se grouper et chercher leur voie, afin d’arriver à briser leur chaînes ». Le PCF devait donc « faire de la propagande et du recrutement parmi les indigènes et, pour y parvenir, prendre comme plate-forme les revendications immédiates des indigènes ». Et pour conclure, il insista : « Il est temps que le Communisme ne soit plus limité à quelques Européens disséminés dans les colonies, alors qu’on laisse de côté des millions de prolétaires indigènes qui nous tendent la main. »[4]

 Au quatrième congrès de l’Internationale communiste, Léon Trotsky a condamné avec mépris les positions des communistes algériens : « Nous ne pouvons pas tolérer deux heures ni deux minutes des camarades qui ont une mentalité de possesseurs d'esclaves et qui souhaitent que Poincaré les maintienne dans les bienfaits de la civilisation capitaliste ![5] »

 Une troisième réponse — reproduite ici — vint de Robert Louzon. Le nom de Louzon n’est guère connu aujourd’hui. Ni stalinien, ni trotskyste, il a eu peu de successeurs pour garder vivant son souvenir. Mais ce fut un révolutionnaire remarquable, qui parlait d’un sujet qui lui importait beaucoup.

 Né en 1882, Louzon devint ingénieur au gaz.[6] Il adhéra au Parti ouvrier socialiste révolutionnaire en 1900, mais fut très vite attiré par les idées des syndicats. En 1906, il prêta une somme d’argent à la CGT pour l’achat de son immeuble de la rue de la Grange aux Belles. Par conséquent, il fut révoqué de la Société du Gaz de Paris où il était ingénieur. Il participa dès le début aux réunions du noyau de la Vie ouvrière, aux côtés de Pierre Monatte et d’Alfred Rosmer.

 En 1913, il partit en Tunisie, où il s’occupait d’une exploitation agricole. Il fit la guerre de 1914-18 comme capitaine de zouaves, puis revint en Tunisie. En 1919, il adhéra à la section de Tunis du Parti socialiste, laquelle vota, après le congrès de Tours, l’adhésion à l’Internationale communiste. Louzon devint secrétaire de la Fédération communiste tunisienne.

 Vers la fin de 1921, la Fédération tunisienne lança un quotidien en langue arabe, le premier quotidien communiste qui ait jamais paru en langue arabe. Pour Louzon, ce fut un projet qui lui tenait à cœur ; il écrivit à son ami Amédée Dunois : « II existe ici un vaste mouvement indigène de revendications nationales. Ce mouvement embrasse toutes les classes de la population, et il est dans son ensemble extrêmement favorable au Parti communiste qu'il regarde comme le seul parti pleinement sympathique à l'émancipation politique des indigènes. Mais c'est là un mouvement national, confus par conséquent, et qui comprend, à côté d'éléments féodaux caractérisés, des éléments prolétariens également caractérisés, et surtout une grande masse paysanne composée de métayers au cinquième, véritables serfs attachés à la terre et crevant de faim. Il s'agit donc de profiter à la fois de l'état général d'excitation produit dans la population indigène par cette propagande nationale et de la sympathie dont jouit le Parti communiste pour créer, à l'intérieur du mouvement indigène, un mouvement de classe nettement ouvrier et paysan. »[7] Lorsqu’il s’agissait de la propagande communiste auprès des indigènes, Louzon savait de quoi il parlait.

 Mais si Louzon reconnaissait l’importance d’un quotidien en langue arabe, les autorités françaises le comprenaient très bien, elles aussi. Au bout de huit jours, le journal fut interdit. Pendant une dizaine de jours de nouveaux quotidiens en arabe furent lancés, chaque jour sous un titre différent ; tous furent interdits immédiatement. Puis un décret soumit toute parution d’un journal en arabe à une autorisation préalable.

 En 1922, après la parution d’une brochure et d’un poème en arabe, Louzon fut poursuivi pour « attaque contre les droits et pouvoirs de la République française en Tunisie ». Il fut condamné à six mois de prison, puis expulsé de Tunisie et il devint rédacteur à L’Humanité. Mais deux ans plus tard, il démissionna du PCF après l’exclusion de ses amis Pierre Monatte et Alfred Rosmer.

 En août 1936, il se rendit au Maroc afin de contacter les Marocains des comités d’action pour qu’ils tentent d’empêcher Franco de recruter des Arabes dans le Rif. Puis, âgé de presque cinquante ans, il se battit quelques mois au front aux côtés des républicains.

 Après la deuxième guerre mondiale, il fit partie du noyau de la Révolution prolétarienne. Pendant la guerre froide, il eut des désaccords avec son vieil ami Rosmer. Mais en 1960, animé des mêmes principes révolutionnaires qu’en 1922, il signa, à côté de Rosmer, le Manifeste des 121 : « Nous respectons et jugeons justifié le refus de prendre les armes contre le peuple algérien. Nous respectons et jugeons justifiée la conduite des Français qui estiment de leur devoir d’apporter aide et protection aux Algériens opprimés au nom du peuple français. La cause du peuple algérien, qui contribue de façon décisive à ruiner le système colonial, est la cause de tous les hommes libres. » Il mourut en 1976.

 L’article de Louzon, intitulé « Une honte », fut une réponse cinglante au rapport adopté par le Congrès Interfédéral. Mais si on le relit aujourd’hui, ce qui est surtout frappant est son actualité. Les arguments du rapport ont survécu. On les entendait de la part de Guy Mollet lorsqu’il défendait la présence française en Algérie, et aujourd’hui on les entend toujours chez les partisans de la guerre d’Afghanistan.

 La distinction faite par Louzon reste essentielle : « Il n’y a pas d’équivalence entre le nationalisme d’un peuple oppresseur dont le nationalisme consiste à opprimer un autre peuple, et le nationalisme d’un peuple opprimé dont le nationalisme ne tend qu’à se débarrasser du peuple oppresseur. » C’était vrai en Algérie et au Vietnam ; cela reste vrai en Irak et en Afghanistan.

 Louzon répondit très clairement à ceux qui parlaient de l’« ignorance » de la population indigène d’Algérie. On ne pouvait pas compter sur la « tutelle » française pour s’occuper de l’éducation. Trente ans plus tard, en 1950, selon les statistiques de l’UNESCO, il y avait 90 % d’analphabètes dans la population « musulmane » d’Algérie[8]. Et en même temps, il rappelait que les Français de 1789 n’avaient pas eu besoin de savoir lire pour faire la Révolution.

 Aujourd’hui encore, on parle beaucoup du « fanatisme » islamique. Mais comme nous le rappelle Louzon, il ne faut pas oublier le fanatisme chrétien, toujours très puissant dans le monde. Par ailleurs, nombre de ceux qui, en général, ne s’intéressent guère à l’oppression des femmes dans la société occidentale, nous assurent que la guerre d’Afghanistan libérera les femmes.

 Et quand Louzon nous dit que le communiste « ne doit pas se croire supérieur à l’indigène parce qu’il porte un chapeau au lieu d’un fez », il est impossible de ne pas penser à ceux qui se croient supérieurs à celles qui portent le hijab ou la burqa.

 Robert Louzon était un représentant d’une tradition internationaliste qui est pour le moins aussi importante aujourd’hui qu’en 1922.

 

 Ian H. Birchall, a longtemps enseigné le français à la Middlesex University. Il est l’auteur, entre autres de The Spectre of Babeuf (1997). À paraître aux éditions La Fabrique : Sartre et l’extrême gauche française (septembre 2011).

 

 

*****

 

 

 Une honte

 

 

 Le Bulletin Communiste a publié dans un de ses récents numéros un rapport sur la question coloniale présenté dans un Congrès interfédéral de l'Afrique du Nord, et approuvé, paraît-il par l'unanimité des délégués à ce Congrès.

 Ce rapport est une honte pour le prétendu communiste qui l’a rédigé, et pour ceux qui, sans l'avoir attentivement lu, je l'espère, l'ont voté.

 Si le Parti Communiste n'élevait contre ce rapport une vigoureuse protestation, il se rangerait, selon l'exacte expression du Congrès de l'Internationale, parmi les esclavagistes.

 Le point capital du rapport, c'est la volonté affirmée de maintenir les peuples colonisés sous le joug des nations colonisatrices.

 Dès les premières lignes on énonce : « II y a des peuples opprimés qui sont dès maintenant accessibles à la souveraineté, et d'autres qui ne le sont pas », « il y a des peuples en tutelle qui sont dès maintenant capables de se gouverner, et d’autres qui ne le sont pas encore ». Et comme la suite du rapport montre, à l’évidence, que pour son auteur, les indigènes d’Algérie rentrent dans la seconde catégorie, celles des peuples qui ne sont pas « accessibles à la souveraineté », qui doivent être maintenus « en tutelle », la conclusion pratique en est que la bourgeoisie capitaliste française doit continuer à régner sur les masses indigènes de l’Afrique du Nord, et à leur imposer sa « tutelle » — au besoin par les mitrailleuses — si elles tentaient de se révolter.

 C’est la légitimation la plus éhontée de l’état de fait actuellement existant, c’est la condamnation la plus caractérisée des efforts faits par les indigènes de tous les pays colonisés, en Algérie aussi bien qu’ailleurs, pour s’émanciper du joug que le capitalisme occidental fait peser sur eux, c’est la proclamation du droit, pour la bourgeoisie des nations industrielles, de réaliser de « l’accumulation primitive » par expropriation des peuples agricoles non encore soumis au régime capitaliste.

 Tout ceci d’ailleurs caché sous la même phraséologie hypocrite que celle dont la bourgeoisie couvre toujours les intérêts matériels qui la guident. C’est « pour servir aux peuples colonisés de précepteurs humains et désintéressés » qu’on s’impose à eux. Cela se lit dans tous les discours officiels… et dans ce rapport d’un Congrès communiste !

 Le droit à la domination posé, il faut tenter de le justifier. Le rapporteur d’Alger s’y emploie en transcrivant les lamentables lieux communs qui constituent la thèse habituelle des conversations de café entre les éléments les plus arriérés de la bourgeoisie européenne d’Algérie. Il le fait sans s’apercevoir que ce qu’il dit de l’indigène s’applique tout autant au Français.

 La masse indigène, dit-il, est ignorante. Pour certaines régions, la Kabylie, par exemple, cela est faux. Dans d’autres, c’est exact.

 Mais la masse française est-elle savante ? Combien de Français savaient lire lorsque fut institué le suffrage universel ? En 89 ou même en 48, il n’y avait guère plus de Français qui savaient lire qu’il n’y a aujourd’hui d’Arabes qui le savent ; l’auteur du rapport estime-t-il, en conséquence, que le peuple français n’était point mûr alors pour la « souveraineté » et qu’il aurait dû rester soumis à « la tutelle » d’un monarque ou d’un peuple étranger ?

 Aujourd’hui même, d’après un sénateur, M. Roustan, « sur 437 000 conscrits français, 150 000 n’ont-ils pas compris, dès lors, [qu’ils ont reçu] une instruction totalement insuffisante ». L’auteur du rapport va-t-il conseiller la mise en « tutelle » du peuple français par le peuple allemand, dont l’instruction est de beaucoup supérieure ?

 Le rapport signale ensuite « l’emprise des marabouts et des confréries religieuses » sur l’esprit des indigènes. Ignorerait-on en Algérie l’emprise des prêtres et des moines sur l’esprit de la plupart des Français ? Ignorerait-on que c’est par centaines de mille que se comptent chaque année les pèlerins à Lourdes et autres lieux ? Ne se serait-on point aperçu que durant la guerre, les soldats français qui ne portaient point sur eux quelques gris-gris et refusaient, blessés, les exercices d’exorcismes des aumôniers, étaient fort rares ?

 L’égalité de l’homme et de la femme n’existe pas chez l’indigène. C’est exact. Mais existe-t-elle en France ? Pas plus pour les droits civils que pour les droits politiques, il n’y a égalité entre le Français et la Française.

 Enfin ! argument suprême ! d’après le rapporteur, la meilleure preuve que les indigènes algériens ont besoin d’une « tutelle », c’est que les ouvriers agricoles indigènes ne sont pas syndiqués ! Mais, connaissez-vous beaucoup de syndiqués parmi les ouvriers agricoles européens en Algérie, monsieur le rapporteur, et même en France, croyez-vous que la Fédération des ouvriers de la terre compte de bien nombreux effectifs ?

 Mais surtout, comment les congressistes d’Alger ne se sont-ils pas souvenus qu’il y a près d’un siècle que la France est en Algérie ? Et comment n’ont-ils pas compris dès lors que si après un siècle de « tutelle » les indigènes sont encore dans l’état arriéré où ils les dépeignent, c’est que la « tutelle » est un moyen de domination, mais n’est pas un instrument de progrès. Une prolongation de tutelle ne fera que prolonger l’état d’ignorance et de fanatisme que l’on décrit. Pour se développer, un peuple a besoin de ne pas être sujet. La condition non suffisante mais nécessaire pour qu’un peuple progresse, c’est l’indépendance. Tenir les indigènes dans la servitude est le moyen certain de leur conserver une âme d’esclave.

 Quant à l’accusation de nationalisme que porte le rapport contre ceux des indigènes qui luttent pour l’émancipation politique de leur race, elle repose sur un sophisme éhonté. C’est un sophisme que de mettre sur le même pied tous les nationalismes. Il n’y a pas d’équivalence entre le nationalisme d’un peuple oppresseur dont le nationalisme consiste à opprimer un autre peuple, et le nationalisme d’un peuple opprimé dont le nationalisme ne tend qu’à se débarrasser du peuple oppresseur. Il n’y a pas d’équivalence entre le nationalisme de l’Anglais qui veut continuer à gouverner l’Irlande, et le nationalisme de l’Irlandais qui veut se gouverner lui-même. Dans le premier cas, nationalisme signifie impérialisme, dans le second il signifie indépendance.

 Celui qui, pour légitimer l’impérialisme de son peuple, dénonce comme nationaliste la volonté d’indépendance du peuple qu’il opprime, commet une hypocrisie répugnante.

 Parlons net !

 Un communiste doit avoir une mentalité communiste, non une « mentalité algérienne ». Il ne doit pas se croire supérieur à l’indigène parce qu’il porte un chapeau au lieu d’un fez, ou qu’il invoque le nom de Jésus au lieu d’Allah, il doit se rendre compte que vis-à-vis de l’indigène il est un « privilégié » dont le privilège ne repose en dernière analyse que sur la force des baïonnettes, que sa situation de citoyen français le met par rapport à l’indigène dans la même position « d’exploiteur » que celle où se trouve son patron par rapport à lui, et cela doit l’inciter à beaucoup de modestie. Cela devrait surtout l’empêcher d’employer pour combattre les efforts d’émancipation politique des indigènes les mêmes arguments « d’ignorance », « d’incapacité… » que ceux qui sont journellement employés par la bourgeoisie pour combattre ses propres efforts d’émancipation sociale.

 Le communisme, c’est la lutte pour l’émancipation des travailleurs, de tous les travailleurs, non pour la mise en « tutelle » d’une partie d’entre eux sous la domination d’un prolétariat ou d’un capitalisme étranger. N’aurait rien de commun avec le communisme la politique qui ne tendrait qu’à obtenir des augmentations de traitements et de privilèges pour des fonctionnaires français de l’Afrique du Nord, tout fiers de porter faux col et d’avoir été à l’école.

 

Robert Louzon

 

 Bulletin communiste : organe du Comité de la Troisième Internationale, Paris, 1920-1933, Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 4 LC2 6655.




[1] Jacob Moneta, Le PCF et la question coloniale, François Maspero, 1971, p. 17. [Ce recueil de documents est très utile pour une compréhension de l’histoire du PCF.]

[2] Charles-Robert Ageron, « Les communistes français devant la question algérienne de 1921 à 1924 », Le Mouvement social, n° 78, janvier-mars, 1972, p. 32. [Cet article est fondamental pour comprendre le contexte du débat.]

[3] Texte publié dans le Bulletin communiste du 7 et 14 décembre 1922. Une note dans le numéro du 4 janvier 1923 précise que « l’article […] a paru pendant la courte période où le BC était aux mains des centristes ». Mais, comme le montre l’article d’Ageron cité ci-dessus, il est clair que l’article reflétait l’opinion de la grande majorité des communistes algériens.

[4] Bulletin communiste, 14 décembre 1922.

[5] http://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1922/12/lt19221201.htm [Raymond Poincaré était le Président du Conseil français.]

[6] Les informations biographiques sur Louzon sont prises de J. Maitron et C. Pennetier, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, tome XIII, Éditions ouvrières, 1975.

[7] Amédée Dunois, “Le communisme en Tunisie”, L’Humanité, 24 mars 1922.

[8] Francis Jeanson, La Révolution algérienne, Feltrinelli, 1962, p. 29.

 

date: 
30/07/2011 - 00:23
Ian Birchall
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