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dodo

Un capitaliste à visage humain au XXI-Siècle ? on rigole.!

16 Avril 2013 , Rédigé par dodo

Quelle aura été l'évolution du binôme salariat/patronat depuis la mise en œuvre de l'organisation scientifique du travail Tayloriste du début du XX siècle en Europe ? Il apparaît que les antagonismes de classes n'ont pas disparus. Ils ont été seulement habillés différemment au travers d'une période de progrès social, conjointement au développement économique appelé cycle des "trente glorieuses" 1945/1975 comparable au "compromis Fordiste" aux USA.

Il faut poser en remarque liminaire que le rapport hiérarchique du subordonné (salarié) envers le propriétaire (employeur) n'est pas exclusif des rapports de classes dans la cité. Le rapport de classes va concerner des interactions entre les milieux sociaux et sont parfois d'un ordre sociologique.

La notion d'appartenance à un groupe véhicule également le rapport de classes, par exemple : un élu par rapport à un citoyen, une personne représentant un ordre tels : un policier, un gendarme (force de la Loi), mais aussi, un juge, un avocat, un médecin, un professeur, un banquier, un notaire, etc...vont revêtir implicitement un "label" définissant un pouvoir objectif ou subjectif qui vont le situer dans une caste, une élite reconnue, accordée ou supposée.

Cela impliquera une notion de classe, par le savoir d'un métier expert, ou dans la possession d'un patrimoine, qui vont différencier les groupes sociaux non pas en termes de classe dominante/classe dominée implicitement mais plutôt en référent de classe. On peut parler de "statuts" qui sont rattachés à une classe. Laquelle classe n'est pas strictement homogène.

On définira une classe dite "bourgeoise" on s'entendra sur la notion de classe "ouvrière", sans que pour autant juridiquement cela ne soit constitutif d'un avantage autre que celui qui s'y rattache ( savoir de l'expert, richesse du patrimoine, d'un revenu, reconnaissance d'une charge, etc...).

Je traiterai des acteurs sociaux proprement dit -de l'entreprise- sur quatre cycles de l'économie :

-Première période : le Capitalisme Industriel allant jusqu'aux années 1945 (le Taylorisme, le Fordisme),

-Deuxième période : les Trente Glorieuses couvrant le boom économique et social des années 1945 à 75,

-Troisième période : le passage à l'Economie de Marché de 1975 à 95 (tournant de la Mondialisation) avec les années Thatcher, Reagan, l'Union Européenne,

-Quatrième période : les années de la Financiarisation de l'économie allant de 1995 à nos jours, ( métiers experts de la nouvelle économie)

Depuis la révolution industrielle fin du XIXe siècle, le Taylorisme constituait le standard du travail en usine. Avec la rationalisation de l'outil par le travail à la chaine, parcellisé, chronométré, la soumission aux contremaîtres, et le bureau des méthodes (ceux qui gouvernent et ceux qui exécutent). Sans vrais contre-pouvoir à l'époque, le droit syndical n'ayant pas de reconnaissance statutaire ouvrant droit à des prérogatives jusqu'en Mars 1968 en France. Ce ne fût acquis qu'au terme de luttes sociales longues et difficiles pour faire jurisprudence.

Ce modèle majoritaire d'industrialisation fût illustré par le film "Les Temps Modernes" de Charlie Chaplin, accompagnant l'essor du développement industriel dans les usines.

I- L ACCELERATION ECONOMIQUE

Pendant que l'agriculture se mécanisait et se modernisait, le commerce de son côté verra naitre le Libre-service et les grandes surfaces après 1960. Le développement des banques et compagnies d'assurances sur les quarante dernières années a lui aussi été vertigineux. Les salaires sont payés par virement nécessitant l'ouverture des comptes bancaires ce qui va lancer le développement des services proposant des plans d'épargne, puis -par la suite- des Sicav et Obligations .Dans ce contexte, l'essor bancaire va être démultiplié par des créations d'agence au pied de chaque quartier. Les banques vont devenir LA super puissance de l'économie, pour le meilleur et pour le pire. Un véritable "boom". On va donc assisté à une "tertiarisation" de l'économie, y compris avec un rééquilibrage de postes administratifs consacrés aux femmes. 

Roger Garaudy, théoricien marxiste, a repéré en 1970 cette mutation comme inéluctable et historique ; avec la prépondérance des "cols blancs" par rapport aux "cols bleus", au travers d'une nouvelle production sur le dernier quartile du XXe siècle. La robotisation de la production va optimiser les flux de marchandises, empruntant les techniques de Marketing pour maximiser les parts de marché, sous l'effet de la publicité, des études de segmentations, de positionnement, de promotions, etc...

Cette évolution de production/consommation de masse va entrainer des effets induits tels que le système du crédit venant en soutien au pouvoir d'achat ; avec le risque du surendettement et de l'aliénation aux envies. L'on se rend compte que le crédit à la consommation par le grand commerce lui même est devenu un levier dans les termes de l'échange. Dans le même temps on constate la part grandissante de la population des Employés des Services (Banques, Commerce, Assurances, Communication) au détriment des Ouvriers du secteur Agricole et du secteur Industriel.

L'émergence de ces néo-standards (col blancs/cols bleus) débouchera sur des nouvelles relations de travail. Les méthodes de Management avaient déjà évoluées à travers le siècle avec les expérimentations du Psychologue Elton Mayo, à la Western Electric, ce dernier travaillant sur la Motivation au travail en déduira l'importance des facteurs d'ambiance et de reconnaissance dans le souci d'une meilleure valorisation individuelle.

On associera les travaux de Frédrich Herzberg proposant "l'Enrichissement des Tâches" pour une meilleure responsabilisation. Mais aussi l'apport de Max Wéber sur la Bureaucratie ; jusqu'à l'expérience des groupes d'atelier "semi-autonomes" menée quelque temps en Suède à l'usine Volvo, fin des années soixante dix.

Pour la partie "encadrement" c'est la théorie de la DPO (Direction Par les Objectifs) qui devint le Graal dans les entreprises. Pourtant, dans la dernière période on va reproduire encore des réminiscences de type Taylorisme dans le tertiaire. S'agissant des call-center, des services cadencés type Mc Donald, des caissières d'hypermarché, avec une pauvreté d'initiative, le travail étant répétitif.

Les "Cercles de Qualité" Japonais implantés dans le secteur automobiles n'ont jamais dépassé le niveau de la "boite à idées", sans influence sur la hiérarchie et le commandement. Le début des années 70 verra s'inscre dans la Loi le droit aux congés de formation continue sans perte de salaire. C'est donc le souci constant de rendement -plus que d'asservissement- qui sera le véhicule des méthodes de management.

II- LA NOUVELLE PRODUCTION

L'ensemble des facteurs se production s'inscrit sur un marché concurrentiel "mondialisé", "robotisé", "informatisé" lui même articulé autour des nouvelles technologies. Avec comme moyen, un catalyseur : le Marketing, dans une quête d'innovation perpétuelle. La société des besoins se transformera en société de consommation, voir de consommation du désir, du type Hédoniste. Avec la résurgence de "l'individualisme", marotte bourgeoise et la perte des valeurs du collectif dans les rapports sociaux.

Ce qui sera accompagné par une poussée dogmatique de la croissance et du Libre-Echange du commerce international. En France, le Commissariat au Plan va être pourtant abandonné dans les années 70, jugé accessoire, entravant. Le ministère de l'Industrie, au lieu de gérer et prévoir les évolutions et tendances globales va plus s'occuper des plans de licenciement massifs. On parle déjà de crise. Comme en Lorraine, pour le charbon et l'acier, les Chantiers navals, le Textile dans le Nord, etc...

On compte sur le bénéfice des épargnants pour créer des flux en se fixant de juguler l'inflation... Le tropisme exacerbé de la globalisation -dont la construction européenne est un cadre commercial- va entrainer des ressentis différents envers ce nouveau paradigme. On verra donc se dessiner d'un côté les fervents partisans, de la "Mondialisation" : surtout des "décideurs économiques", grands groupes côtés en bourse au CAC 40, leaders sur leur marché "tout à l'export" ; les professions libérales, avec l'appui de la sphère bourgeoise, de "l'hyper classe" (Consultants, Avocats, Experts financiers, dirigeants de la Banque, de la Distribution, gros Agriculteurs...).

En bref, ceux qui vont probablement voter "Oui" au Référendum Européen de 2005, qui acceptent l'abolition totale des barrières douanières et les flux débridés d'importation : tout pour la conquête des marchés par les nouveaux Eldorados. Sous l'impulsion de l'OMC et de l'Union Européenne, laquelle traite et normalise désormais 75% des décisions françaises. On ne considère pas encore que la levée des contrôles aux frontières va concourir à la mafia et à faciliter le commerce illégal (contrefaçon, drogues).

De l'autre côté on verra se dessiner une tendance critique dans les catégories : ouvriers, employés, techniciens -plus la classe moyenne- qui seront plus hostiles aux différents projets européens. On verra se constituer un discours "Altermondialistes" soutenants un concept de "régulation" des échanges internationaux. En bref, ceux qui vont voter "Non" au même référendum de 2005 avec 55 % des suffrages.

Un vote qui ne sera finalement pas pris en considération. Ce vote contre le projet de Constitution de Traité Européen va constituer un "marqueur" idéologique, le signal d'un désaccord. L'empreinte idéologique, que l'on pensait définitivement périmée avec la chute du Mur de Berlin...

On parle du monde des "élites" qui veulent la concurrence cosmopolite, à l'opposé des salariés qui eux sont exposés à la concurrence, car ils sont définis comme "un coût" que l'on compare à la main d'oeuvre du tiers monde. Coût qu'il faudrait diminuer globalement...C'est là que la science économique du "toujours moins cher" va poser problème. Car à travers un prix il y a un coût direct salarial et que celui-ci n'est pas un coût comme un autre. On ne peut le comprimer car derrière il y a des hommes.

C'est pour cette raison que les capitalistes vont : soit sous-traiter, soit ils vont délocaliser. Pas si compliqué. Sauf que la résultante en sera le chômage... Tout cet ensemble va raviver -d'une certaine façon- une conscience de classes qui semblaient si loin. En fait, seule la "perception" de la fin de la luttes de classes avait momentanément disparue au milieu des années quatre vingt sous l'effet catlyseur de la "classe moyenne".

Laquelle traduira effectivement un sentiment d'identité différente, de petite bourgeoisie. L'ascenseur social serait facilité -pensait-on- par une massification du collège qui, avec les diplômes, devait ouvrir la porte du parcours individuel de chacun (objectif de 80% d'élèves arrivant au baccalauréat). Le chômage issu des délocalisations devait-être neutralisé par les nouvelles technologies, l'innovation, faisant le reste par le génie français créateur d'emplois...Mais le plein emploi restera un leurre, dans une compétition inégale à l'international comme nous le verront.

Le résultat au plan social, malgré une société d'abondance, c'est que l'on va percevoir un réel clivage différenciant ceux qui subissent la crise, par rapport à ceux qui profitent de la crise (qui surfent sur celle-ci). On va parler d'exclusion, de précarité, de misère moderne, dans un contexte de fermetures de sites, donc de chômage.

L'analyse marxiste restera pertinente malgré l'accés à la consommation de masse ou de métiers s'inscrivant dans le tertiaire Ce concept de luttes des classes ne perd rien de sa réalité car la loi du profit reste la colonne vertébrale de l'économie capitaliste de marché. C'est un changement de cap pour l'Europe que la mondialisation qui va s'ouvrir induisant une perte de souveraineté.

Les Etats ne pouvant plus jouer sur des politiques économiques d'ajustement en fonction de leur monnaie. Et surtout, c'est l'apparition grandissante de la financiarisation produisant des métiers experts ( Consultants, Traders, Ingénieurs/Financiers, Avocats/Fiscalistes) lesquels vont complexifier les opérations afin d'optimiser les placements dans des jeux spéculatifs abrités par des sociétés écrans dites "Offshore".

III - LE CONTEXTE SOCIOLOGIQUE

Ce qui précède corrobore la définition de "classes dominantes" et de "classes dominées". Néanmoins, dans l'évocation de nos jours on voit réapparaître un substrat de langage, connotation de l'ancien régime du XIXe siècle, amalgamant les catégories socio-professionnelles entres elles, à savoir la terminologie différenciant : les "Elites " par opposition au "Peuple", ce qui reste abstrait.

Il serait plus adapté d'employer le terme de "Classe Populaire" que le terme abscon de "Peuple", qui est un fourre-tout d'expression séculaire, emblématique de la Révolution Française. 

Ce concept de Classe Populaire est lui même différencié sociologiquement par Karl Marx, qui détermine trois champs d'acteurs sociaux :

- la Bourgeoisie (possédant une charge, professions libérales : commerçants, artisans de corporations de métiers experts) par contraste avec ceux qui louent leur force de travail :

- le Salariat, représentant la forme majoritaire, 

- l'entité Capitaliste : actionnaire-propriétaire, percevant la rente.

Dans cette notion de "Classe Populaire" ont regroupera :

- le salariat classique (ouvriers, employés, ouvriers agricoles)

- la classe moyenne, laquelle bien que s'inscrivant en grande partie dans la bourgeoisie, ne décide pas vraiment ; bien qu'elle soit indépendante, n'ayant pas de réel pouvoir économique, comparé au grand capital.

Dans cette classe moyenne ont inclus les artisans, commerçants, cadres, techniciens, ingénieurs, professeurs, définissant les catégories socio-professionnelles de l'INSEE.

La notion d'Elite est plus vague à circonscrire mais on peut y regrouper (dans un concept moderne) les bénéficiaires du système représentant la grande bourgeoisie : les héritiers de patrimoine productif ou financier, les patrons des grandes sociétés cotées en Bourse, les hommes de pouvoir politique, des médias, grands avocats, hommes d'affaires de lobbies, de réseaux, installés dans les cartels bancaires, du sport et show-biz, etc...

On pense aux détenteurs de comptes offshores, d'exilés fiscaux dégageant des gains vertigineux. Dans ce contexte globalisé, la lutte des classes est devenue diffuse, moins cohérente que sur un espace national, elle s'est trouvée remise en question. Les luttes sociales ont perdues en capacité de rapport de force.

Par l'individualisme émergent -petit bourgeois- on a constaté sans cesse une désaffection du nombre de salariés syndiqués dans le privé. Surtout dans le nouveau secteur tertiaire. Cela ne faisait pas "branché" d'avoir sa carte syndicale. Et puis, si les syndicats obtenaient un avantage l'ensemble du personnel, syndiqué ou non syndiqué, profitaient des avantages acquis, contrairement aux pays anglo-saxon ou scandinaves.

C'est un particularisme français qui veut cela. Ceux qui font grèves n'obtiennent pas plus que ceuxqui ne la font pas. Après, vous allez vous étonner que le taux se syndicalisation du privé soit à 8 % des salariés ! Si l'on peut avoir la même chose sans se mouiller....

IV- UNE ECONOMIE DE LA DEREGULATION

Ce qui change à présent c'est la dérive de l'exploitation capitaliste par le déséquilibre du système global. Le chômage va donc ralentir la croissance par les pertes successives de pouvoir d'achat sur longue période. C'est le Japon qui le premier va "coincer" par une croissance zéro depuis 20 ans et un endettement chronique supérieur à 120 %.

Rappelons que durant les "trentes glorieuses" les ouvriers avaient acquis par les luttes sociales la réduction des inégalités. La Croissance étant au rendez vous. L'ascenceur social fonctionnait dans le parcours professionnel. Le culte de la Consommation faisait le reste pour l'élévation globale du niveau de vie. Les mises en garde du "Club de Rome" des années soixante dix par les précurseurs écologiques étaient infantilisées.

On peut assimiler les trentes glorieuses conforme à la théorie Keynésienne avec un Etat fort interventionnisme qui régule le marché tout puissant.

La pensée de Marx était méprisée car démodée. Le concept d'Herbert Marcuse sur la nouvelle aliénation par la consommation et le crédit était un exercice de "sachants" dans les universités. Un exercice de "divertissement" pour se donner des frissons en Mai 68... Pourtant... !

Que s'est-il passé depuis ?

Le capitalisme s'est diversifié. On parle à présent surtout de Capitalisme Financier. Avec le jeu des capitaux flottants et l'emprise des marchés financiers. On évalue en 2013 à 50% les flux financiers de la planète qui transitent par les sociétés offshores installées dans des paradis fiscaux en revêtant des noms de sociétés-écrans.

Pratiquement toutes les grandes banques mondiales ont des comptes offshores. La racine en est le secret bancaire, dont la Suisse plaque tournante, non adhérente et pour cause aux institutions européennes. Ce qui n'empêcha pas le Luxembourg, le Lieschenstein, les Iles Jersey, Chypre, membres de l'U.E. d'en faire autant.

Le système bancaire va développer une méga structure par l'importance capitalistique des transactions sur les marchés, conduisant à ce que les banques traitent 7 fois le volume des productions mondiales dans une journée ! On va donc assister à la dérive d'une véritable économie virtuelle en concurrence avec la réalité des facteurs de production.

La finance par sa taille devenant le pouvoir réel qui domine la politique. Il faut savoir qu'une entité comme BNP/Paribas traite en portefeuille plus de 2000 milliards d'actifs financiers, soit un montant supérieur au P.N.B. de la France. Les écoles d'Ingénieurs en mathématiques devenant le creuset de futurs financiers traders ; ces écoles qui fournissaient auparavant les métiers scientifiques de l'industrie et des applications de la recherche.

La résultante faisant que, y compris dans les gouvernements, ce sont les Présidents... "de Banque "qui font la loi", comme le disait Henri Guaino lui-même, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy.

Le Capitalisme Industriel de son côté va se singulariser dans des dérives sauvages telles des OPA hostiles pour jouer la concentration. Des fusions/acquisitions pour maximiser ses profits et surtout pour capter les parts de marché en phagocytant la concurrence. Nous sommes bien dans un total Darwinisme agencé à l'économie par les successeurs d'Adam Smith (Schumpeter, Mitton Friedman, Hayek, etc..) avec le monétarisme.

Afin de facilité le commerce des trusts à l'export on mènera une politique de libre-échange conduisant à l'abolition des frontières ; sans pour autant rééquilibrer les échanges et le coût du travail. Au contraire. La conséquence fait que "Le capital" s'est concentré en trusts pour le bénéfice accentué des possèdants et pour la diminution des avantages sociaux des pays du Nord.

Ce phénomène va creuser encore les classes sociales entre elles, telle une oligarchie (l'hyper classe) rassemblée sur moins de 5% de la population et les autres. C'est la vérification accentuée de la loi des 20/80 de Parodi. Le paradigme qui en résulte c'est l'accentuation de la fracture sociale partout dans le monde avec un chômage endémique qui restera élevé.

L'Europe ? On nous l'a vendue comme étant la solution, la résultante harmonieuse des peuples après la 2ème guerre mondiale. La prospérité..idée de consonnance évangélique. Question de croyance en somme. Un jeu présenté "gagnant/gagnant". Des riches qui ne seraient pas "trop gros" ; des pauvres qui ne seraient pas "trop maigres". Un capitalisme dit "moral". On peut rêver...

Ce fut le contraire dans une zone Euro attaquée, fragilisée par les Dettes souveraines, des déficits provoqués par le soutien aux nouveaux pauvres des pays riches. Des Banques qui bénéficient du jeu casino des traders-maison sur les produits dérivés. Entrainant des bulles spéculatives immobilières graves comme les Subprimes.

Les banques vont déstabiliser l'économie par la crise de 2008 mais se feront renflouer par les Etats qui sont cautions solidaires de leurs dérives. Compte-tenu qu'elles ont acquise une taille supra-nationale donc réputées "too big to fail" pour ne pas les laisser tomber dans la faillite qu'elles ont elles-meme provoquée et qui effondrerait le "sysyème" interdépendant.

La Globalisation ? C'était la promotion souhaitable des pays tiers vers un développement du bien être par l'accés à la consommation. Attrayant. Sauf que l'on a laissé dériver les effets pervers dans les pays sous développés, avec des régimes féodaux. Le bien être du peuple n'étant pas le souci. Voir la politique sociale inexistante en Chine, au Pakistan, l'Inde, les Emirats.

Le grand capital tire la quintessence du nouveau champ de production grace aux salaires, dérisoires (10 fois moins cher en Chine qu'en Europe). Il suffirait pourtant d'augmenter de 35 % des salaires de 150/euros mois pour les porter à 200 euros/mois, comparés à 1500 euros en France. Ce qui laisse encore beaucoup de marge. Ceci permettrait au travailleur asiatique d'avoir une assurance santé et de partir en vacances lui aussi.

Ce rééquilibre salarial qui permettrait aux productions made-in france de redevenir compétitives. Voilà du "gagnant/gagnant. Oui mais,..le capitaliste risque aussi de passer ses achats en...Inde,...au Vietnam,...au Pakistan, pour retrouver sa marge.Le "marché" ne régule rien.Le producteur voudra toujours maximiser son avantage, quitte à laisser son pays d'origine en dépression économique. C'est l'avantage du nomadisme marchand.

Voici le vice de la compétitivité dogmatique et cupide. Sans cesse c'est le moins-disant social qui justifie les investissements et les délocalisations. Les nouveaux pays européens émergents ( Slovénie, Croatie, Bulgarie, Roumanie, Pologne, mais aussi le Portugal, Turquie et le Maroc) sont aussi des pays low-costs pour le patronat français.

Les grandes firmes françaises du CAC 40 ont délocalisé depuis longtemps, tant en outil de production ( automobile) qu'en Services de types Centres d'appels avec des téléphonistes pratiquant la langue française( assurances, banques, téléphonie).

Pour résumer le triptyque de l'Union Européenne coïncide parfaitement avec le dogme du capitalisme anglo-saxon de marché qui est celui -ci :

- mise en concurrence des marchandises -sans droits de douane- avec des prix conduisant à l'abandon les productions locales ou nationales,

- la mise en concurrence des travailleurs payés le moins cher possible,

- la libre circulation des capitaux par la mise en concurrence des places financières : la City de Londres est devenue l'activité principale de l'économie anglaise, qui a abandonné ses industries. Elle est même devenue la première en Europe et dans le monde.

V- LES EFFETS PERVERS

Des pays industriels qui vont s'appauvrir par la mort programmée de pans entiers de l'économie, conséquence des délocalisations. Par une montée sans cesse du chômage structurel ; une politique fiscale au seul profit des firmes et des possédants ; par des exonérations (niches fiscales) qui déséquilibrent les recettes budgétaires.

D'où des déficits et les dettes qui en résultent, - de l'évasion fiscale, fraude fiscale sur les paradis fiscaux . Et ceci va concerner aussi bien l'Europe que le Japon ou les USA. Ces derniers, longtemps à la manœuvre mais qui vont faire grandir la Chine, "nouvel atelier du monde" un élève encore plus vorace, reposant sur un capitalisme d'Etat fort, avec très peu de protection sociale, sans smic, sans vraiment de bastions syndicaux indépendants.

La main d'œuvre est constituée de travailleurs venant des campagnes et sujette à repartir au village. Le système "rêvé" par Adam Smith avec une production très mécanisée, parcellisée et informatisée, dans l'obéissance. Dans ce contexte économique, la Chine restera gagnante sur une moyenne période tant que les luttes syndicales -pour un meilleur partage des gains de productivité- resteront très marginales et contenues.

Ce nouvel ensemble international, de la prédation des Banques, du trading généralisé opérant sur les placements et non pas sur la production réelle, va génèrer une crise "systémique". Avec l'effet domino de l'endettement des Etats tributaires de la BCE en Europe laquelle oblige à emprunter avec intérêts variables et qui ne permet plus de faire une dévaluation compétitive pour relancer l'export. 

Rappelons que les déficits ont été concédés par tous les gouvernements en rattrapage social, pour compenser les destructions d'emplois. Et que les solutions proposées sont de diminuer les acquis sociaux (voir l'accord avec le Médef). Ceci résultant de la cupidité et la soif jamais assouvie du "toujours plus" pour les acteurs du système détenant du capital, industriel ou financier.

Le dogme du libre échange par la libre concurrence non régulée mais aussi -surtout- par la spéculation financière qui entrainera la faillite d'un système pervers généralisé dans le monde. La crise américaine des subprimes de 2008 n'est pas qu'un mauvais souvenir.

Le système n'est pas autocorrigeant par nature et les dispositions de Bale III sur la finance restent bien en deça du nécessaire contraignant pour stopper les Banquiers dans cette spirale qui fait trembler les Etats. Cela est patent à présent avec les cas de : la Grèce, l'Irlande, l'Islande, le Portugal,l'Espagne, l'Italie, Chypre. Sachant que les Grecs et l'Espagne ont un taux de chômage supérieur à 25%.

Les présidents des grandes banques de Wall Street, de la City, de Hong Kong, les dirigeants de l'U.E. de la B.C.E. de l'O.M.C. ne savent pas -ne veulent pas- conduire autrement. La bonne moitié de de l'Europe est sous assistances respiratoire et même les USA ont un déficit supérieur à 10% avec un une dette d'environ 115% du PIB.

Dans le contexte franco-français le nouveau prolétariat a enregistré des nouveaux métiers (tertiaire) et s'est adapté à l'immigration économique venant des pays ex-colonies parlant français, qui sont entrés en concurrence directe.

Moins d'emplois à se partager. Moyennant ce volume de demandeurs d'emplois supplémentaires de façon continue, la conséquence conduira à une concurrence des salaires sur le marché. Pour tirer la masse salariale à la baisse, cet effet s'additionnant aux exonérations des charges patronales sur les salaires inférieurs à 1500 euros.

Ce que Karl Marx appelait -s'agissant des chômeurs- l'armée de réserve du grand capital. Les effets de concurrence :

- chômage endémique aux environs de 10%,

- sous-traitance délocalisée (importations des pièces et matières)

-production délocalisée totalement ou partiellement (capitaux et process)

Au total ce sont des marchandises venant majoritairement de l'extérieur ( importations des produits finis détaxés) conduisant à l'impasse que nous connaissons. Une course par l'absurde des termes de l'échanges (Finance élevée et Production appauvrie).

Dans cette problématique de concurrence exacerbée, les classes sociales restent bien vivantes en creusant, grâce à la mondialisation, des inégalités qui feront globalement et drastiquement diminuer le niveau de vie des classes populaires. Il faut s'attendre à un recul du droit syndical, du pouvoir d'achat, les organisations ouvrières subissant le chantage à l'emploi. L'actualité nous en informe chaque jour.

Mais peu importe, pourquoi voudriez vous que "les Elites" qui bénéficient d'un tel système scient la branche sur laquelle ils sont assis ?!....



 

 
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