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dodo

SERVICE DES RECLAMATIONS DE LA NATION.!!

19 Septembre 2012 , Rédigé par dodo

LE SUFFRAGE UNIVERSEL, CHARME DISCRET DE LA DEMOCRATIE BOURGEOISE
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 "Le suffrage universel ne me fait pas peur, les gens voteront comme on leur dira" disait le royaliste Alexis de Tocqueville.

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 "La discussion fut ajournée, mais le suffrage universel immédiatement proclamé. Il fallait en effet calmer des insurgés menaçants et contrebalancer des mesures d’austérité." Cette citation de Monsieur le Professeur de science politique Alain Garrigou, tirée de son article au "Monde diplomatique" sur le suffrage universel, pourrait résumer la réponse que je fais ici à ce même article.

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 La société est un supermarché, et le "Président de la République" est un employé du service des réclamations : il est là pour prendre les coups à la place du capital. Les vrais chefs ne sont jamais élus. Les patrons de la France sont les patrons. D’ailleurs, ce sont eux qui, en finançant les campagnes électorales dans un sens plutôt que dans l’autre, choisissent le président du service des réclamations. Nous n’avons même pas "la liberté de choisir l’étendard de notre future désillusion" (Higelin).

 Le suffrage universel n’est pas une conquête de 1848, il est l’arme qu’utilisa le pouvoir pour vaincre la tentative révolutionnaire de cette époque. Le pouvoir savait que la révolution n’était présente que dans les grandes villes. Il institua le suffrage universel pour écraser les fusils des révolutionnaires parisiens sous les votes du reste de la France. Dans d’autres pays de l’Europe, la révolution de 1848 ne fut pas suffisamment puissante pour que le pouvoir ait besoin du suffrage universel pour en venir à bout.

 Malheur au vaincu, il perdra même la mémoire. La révolution de 1848 fut vaincue à tel point que le pouvoir put lui faire croire qu’elle avait gagné et que l’arme de sa défaite, le suffrage universel, était sa principale conquête.

 Le dessin illustrant l’article auquel je suis en train de répondre, pourrait tout aussi bien illustrer mon texte, mais ironiquement, non pour montrer la "conquête" de 1848, mais pour expliquer comment la bourgeoisie a désarmé la révolution (sur ce dessin d’époque, on voit un "homme" remplaçant son fusil par un bulletin de vote).

 Aujourd’hui, le suffrage universel a toujours le même but (et tous les prétextes sont bons pour désarmer les "citoyens"). Ainsi, pour vaincre Mai 68, de Gaulle, dans son discours du 30 mai, proposa : « Soit la guerre civile tout de suite, soit les élections dans un mois ». Pendant ce temps, des automitrailleuses circulaient ostensiblement dans Paris. Et les manifestants qui criaient "élections piège à cons ! Une seule solution, la révolution !" n’y purent rien : ils n’étaient pas armés !

 C’est un fait : le peuple "s’exprime" par le suffrage universel. Mais, comme le disait Karl Marx : « Quand j’entends parler de peuple, je me demande ce qui se trame contre le prolétariat ». En effet, le peuple c’est la nation entière, l’union sacrée entre les bourgeois et les prolétaires d’un même pays, la collaboration de classe ; le prolétariat, lui, est international et pratique la lutte des classes. Actuellement, le suffrage universel est partout et la lutte des classes nulle part.

 Monsieur le Professeur de science politique nous dit : « Le suffrage universel … une institution qui n’enregistrait pas seulement les rapports de forces, mais donnait à des hommes, puis à des femmes, une dignité que leur condition sociale leur déniait ». Je dirais tout d’abord que la dignité, c’est ce qu’on donne au vaincu pour qu’il accepte la défaite (dans la dignité). Mais je dirais aussi que le suffrage universel n’enregistre en rien les rapports de forces. Il enregistre seulement des nombres, ce qui n’a rien d’étonnant dans une "société" où la quantité a détruit la qualité. Pour enregistrer des rapports de forces, il ne faudrait pas que les questions posées soient : « Qui est d’accord avec ceci ? Qui est contre ? », mais comme cela se faisait à Athènes je crois : « Qui est prêt à se battre pour ceci ? Qui est prêt à se battre contre ? » Et on verrait que non seulement les nombres seraient plus petits, mais que dans bien des cas le résultat serait l’inverse de celui obtenu avec l’autre type de question2. De plus, on nous demande rarement notre avis sur les choses à faire. On nous fait voter pour des gens qui, une fois élus, nous rappellent que les promesses électorales ne sont rien, que, comme le disait Pasqua : « Les promesses n’engagent que ceux qui y croient ». Mitterrand nous avait promis qu’il était socialiste alors qu’il était pétainiste…

 Par exemple, on ne nous a pas demandé notre avis sur la nucléarisation de la France. Mais, comme le disait aussi Pasqua : « La démocratie s’arrête où commence la raison d’État. » L’État est forcément prioritaire, puisqu’il n’est que "Les bandes armées du pouvoir" (Karl Marx). On ne nous demandera pas notre avis non plus sur la future transgénisation du pays. Puisqu’on se contente de commencer doucement : « Seulement le maïs… »

 Et, quand on nous demande notre avis sur une chose importante, si on ne vote pas comme il faut, on nous refait voter, comme au Danemark à propos de Maastricht. En France, pour être sûr qu’on vote comme il faut, les médias3 disaient tous "Vive Maastricht !" et l’européiste Mitterrand, à l’époque Président de la République Française, a trouvé le moyen de se faire plaindre en choisissant de se faire opérer une nouvelle fois de son cancer de la prostate pile une semaine avant le référendum ! (alors que le tout un chacun n’est opéré qu’une seule fois d’un tel cancer). De toute façon, la construction de l’Europe a été imposée par les "Américains" avec le plan Marshall en 1947, en contre partie de leur "aide" financière. Le suffrage universel est ridicule4. "Le capitalisme, c’est la loi du plus salaud", que peut donc le suffrage universel contre lui ? Si voter pouvait changer quelque chose, ce serait interdit !

 La bourgeoisie préfère la lutte électorale à la lutte des classes. Et le pseudo-combat entre droite politicienne et gauche politicienne n’est que le spectacle (au sens de Debord) de la lutte des classes. C’est-à-dire que, par un subterfuge bien mené, le pouvoir prestidigitateur a pu subtiliser la lutte des classes et la remplacer par le pseudo-combat électoral droite-gauche sans que personne ne s’en rende compte. Les vaincus ferment les yeux : il est plus facile de ramper vers une urne que de se lever comme le Che, kalachnikov à la main. Oui, le suffrage universel est bien un calmant5, destiné, comme chez Staline, à enfermer la contestation dans une camisole chimique. Si la grève et la critique sont des armes fondamentales du prolétariat, on peut quand même dire avec Karl Marx : « L’arme de la critique ne remplacera jamais la critique par les armes. »

 

Fait en commun le 4 avril 98 par le comité : « Votez dur, votez mou, mais votez dans le trou ! »

 et par le comité : « Aux armes, citoyens ! »

 

Notes :

1) On n’a jamais autant lu Karl Marx dans les pays de l’est de l’Europe que depuis le spectacle de l’effondrement d’un communisme qui n’y a jamais existé.

2) Ceci dit, je n’écris pas ces dernières lignes pour inciter au changement du type des questions mais seulement pour la démonstration.

3) " Les journalistes sont au service de ceux qui les paient ", comme dirait, je suppose, Serge Halimi.

4) Si on avait encore quelques doutes à ce sujet, les articles du Monde Diplomatique sur l’A.M.I. se chargeraient de nous les enlever.

5) Comme vous le dites, Monsieur le Professeur de science politique, dans les premières phrases où je vous cite.

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Les joyeuses tueries du président. !!

15 Septembre 2012 , Rédigé par dodo

A la convention démocrate, Obama se vante d’être « le Président qui n’a pas peur de tuer »
11 septembre 2012 - 14:34
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11 septembre 2012 (Nouvelle Solidarité) — En 1980, Ronald Reagan a battu le président sortant Jimmy Carter en demandant aux électeurs si leur situation personnelle s’était améliorée depuis quatre ans. Comme il s’agissait d’une période de forte inflation et de faible croissance, la réponse évidente était « non », et le malheureux Carter ne trouva rien à répondre.

En 2012, un Mitt Romney dépourvu d’imagination pose la même question, sachant qu’en dépit des assurances données par la Maison Blanche d’une « lente reprise » de l’économie, la majorité des électeurs ont connu des difficultés économiques sévères depuis 2008, et que la réponse serait encore une fois « non ».

Si les partisans de Barack Obama doivent effectivement reconnaître que la reprise est lente, ils mettent cela sur le dos de son prédécesseur – même si Obama a poursuivi les pires aspects de la politique économique du président Bush, à savoir le sauvetage des banques – et sur le dos des républicains qui contrôlent le Congrès, bien que les démocrates aient eu la majorité des deux chambres pendant les deux premières années de la présidence Obama.

Barack Obama et ses porte-parole à la Convention démocrate ont beau répéter que « les perspectives sont bonnes mais que nous avons besoin d’un peu plus de temps », leur optimisme a été brutalement démenti par de nouvelles statistiques montrant qu’il n’y avait eu aucune création nette d’emplois au cours des neuf derniers mois, tandis que les Américains sont plus nombreux que jamais (46 millions) à dépendre de l’aide publique pour acheter de la nourriture. Selon la dernière étude du département de l’Agriculture, un Américain sur six ne mangeait pas à sa faim en 2011 et neuf millions d’enfants vivaient dans l’« insécurité alimentaire ».

Par conséquent, le seul argument économique que la campagne d’Obama puisse invoquer en faveur d’un nouveau mandat de quatre ans, serait de dire que la politique de Romney serait encore pire. Bien que Romney n’ait rien proposé jusqu’à présent pour arrêter la désintégration de l’économie et du système financier, entre 55 et 65 % des électeurs, suivant le sondage, disent qu’ils ne font pas confiance à Obama sur le plan économique.

Il n’est donc pas surprenant que l’équipe du Président ait choisi de tabler sur l’image d’« Obama le tueur en chef », martelant en particulier « qu’il a eu la peau d’Oussama ben Laden ». Selon un commentateur, le nom de Ben Laden a été prononcé si souvent à la Convention qu’on aurait pu croire qu’il s’agissait du colistier d’Obama !

Cette tactique se reflète dans la réponse macho du sénateur John Kerry à la question de Romney : « Demandez à Oussama ben Laden si sa situation est meilleure aujourd’hui qu’il y a quatre ans. » Le vice-président Biden, de son côté, a proposé comme slogan : « Ben Laden est mort, General Motors est vivant », en référence au sauvetage de GM (qui aura sans doute besoin d’un nouveau renflouement l’année prochaine).

Lors de son interview à CNN pendant la convention, Obama a largement affiché son intention de se présenter comme « le Président qui tue », lorsqu’on lui a demandé sur quels « critères » il s’appuie pour lancer des frappes mortelles par drone. Bien qu’il n’existe aucune disposition juridique ni constitutionnelle autorisant un Président à ordonner un « assassinat ciblé », Obama a souligné qu’il décide personnellement de qui tuer car le droit américain l’y autorise ! Les cibles, ajouta-t-il, doivent représenter une menace « sérieuse et non spéculative », mais son administration n’a jamais présenté la moindre preuve contre ceux qui ont déjà été assassinés, y compris des citoyens américains. De même, il n’a rien à dire sur les centaines, voire les milliers de civils abattus par drone sur ses ordres en Afghanistan, au Pakistan et au Yémen.

S’il est impossible de connaître les chiffres exacts, des experts estiment que ces attaques de drones auraient tué au moins dix fois plus de civils que de terroristes présumés (mais non prouvés). En outre, Obama et son département de la Justice se refusent à poursuivre en justice un seul des Américains accusés de torture, sans parler de ceux qui donnaient les ordres, et ils viennent de classer sans suite les dernières enquêtes.

A l’extérieur du site de la Convention, les militants larouchistes (LPAC) ont pu recueillir le sentiment des délégués participants à l’évènement. De nombreux militants démocrates s’avouent troublés par les méthodes anti-démocratiques employées par le Parti pour étouffer les voix dissidentes.

Depuis le début de la campagne cette année, en dépit de nombreux signes indiquant que les électeurs cherchent une alternative (plus de 40 % des voix dans les primaires démocrates d’au moins cinq Etats ont choisi un autre candidat que le Président sortant), toute opposition à sa réélection a été brutalement rejetée.

Par exemple, lorsque des membres du Comité de rédaction du programme ont voulu y inclure le rétablissement de la loi Glass-Steagall, des proches du président les en ont dissuadé par des mensonges et des intimidations, puisque Obama s’oppose fermement à une régulation sérieuse du monde bancaire et financier. Selon des membres de ce Comité, hormis le Glass-Steagall, une quarantaine de résolutions ont été rejetées d’office. En revanche, les participants étaient appelés à approuver sans discussion l’agenda d’Obama.

Le seul sujet controversé soumis aux délégués de la convention concernait la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël. Cette disposition, figurant dans le programme de 2008, avait été supprimée cette année, provoquant la colère d’Obama qui la fit réintégrer. Lors de sa lecture publique, de nombreux délégués se sont révoltés, exigeant un vote.

Après trois votes par acclamation, il était indéniable que la majorité s’opposait toujours à cet article imposé par Obama. Cela n’a pas empêché le président de la session de le déclarer adopté, à la grande colère de ceux qui craignent qu’Obama n’encourage le Premier ministre Netanyahou à attaquer l’Iran.

Autre sujet litigieux, l’immigration. Si Obama a signé un ordre exécutif accordant l’immunité à un groupe spécifique de jeunes immigrés clandestins, il a par ailleurs fait expulser plus de 1,9 million d’immigrés, plus que tout autre Président de l’histoire.

Des militants du LPAC ont pu distribuer sur place des milliers de tracts, notamment sur le danger de guerre. Ils furent frappés, mais non surpris, par le manque d’enthousiasme ressenti par les délégués à l’égard de l’homme en qui ils avaient mis tant d’espoir il y a quatre ans.

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Oligarchie satanique contre la syrie !---28.08.2012

1 Septembre 2012 , Rédigé par dodo

Le Plan Brahimi
par Thierry Meyssan

Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 28 août 2012

mercredi 29 août 2012, par Comité Valmy

 

La presse occidentale salue la témérité de Lakhdar Brahimi qui relève le gant et accepte de remplacer Kofi Annan comme représentant spécial conjoint des secrétaires généraux de l’ONU et de la Ligue arabe en Syrie. En réalité, note Thierry Meyssan, sa mission est toute autre. À défaut de changer le régime de Damas, cet homme de confiance de l’OTAN est chargé de déclencher une guerre civile en Syrie.

Lakhdar Brahimi et Ban Ki-moon

Suite au deuxième véto russo-chinois interdisant une intervention étrangère en Syrie (4 février), les Occidentaux ont feint de rechercher la paix tout en conduisant une vaste guerre secrète. Sur la scène diplomatique, ils mirent en avant le Plan Lavrov-Annan, tandis qu’en sous-main ils acheminaient des dizaines de milliers de mercenaires et que certains des observateurs des Nations Unies convoyaient les chefs de l’ASL, organisant leurs déplacements malgré les barrages. L’attentat qui décapita le commandement militaire syrien (18 juillet) devait ouvrir la porte de Damas aux Contras et permettre aux Occidentaux de « changer le régime ». Il n’en fut rien. Tirant les leçons de cet échec, et malgré le troisième véto russe et chinois, les Occidentaux ont choisi de franchir un pas : à défaut de « changer le régime », semer le chaos. Pour cela, ils ont saboté le Plan Lavrov-Annan et annoncé leur intention d’assassiner le président Bachar el-Assad.

L’opération a débuté par des fuites organisées dans la presse. Reuters [1], NBC [2], Le Parisien [3], Le Canard enchaîné [4], The Sunday Times [5] et Bild am Sonntag [6] ont révélé que Barack Obama avait autorisé depuis des mois une ingérence militaire secrète ; que les États-Unis, la Turquie, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne agissaient de concert ; et que cette guerre secrète était coordonnée depuis un quartier général installé sur la base de l’OTAN à Incirlik.

Dès la révélation de l’ordre présidentiel US, Kofi Annan présenta sa démission. Il était devenu vain d’exiger un cessez-le-feu au nom du Conseil de sécurité alors que des membres dudit Conseil revendiquaient être les fauteurs de guerre. L’envoyé spécial des secrétaires généraux de l’ONU et de la Ligue arabe précisa que, désormais, il serait impossible à quiconque de poursuivre sa mission, puisque cette mission elle-même était illusoire au vu des « désunions » du Conseil [7].

Malgré cela, les Occidentaux ont pu compter sur les secrétaires généraux de l’ONU et de la Ligue arabe pour donner une apparence de pacifisme et de légalité à leurs ambitions impériales. Ceux-ci ont donc désigné un nouveau représentant spécial conjoint, Lakhdar Brahimi. Selon le communiqué de nomination, Ban Ki-moon ne lui a pas donné comme mission de mettre en œuvre le Plan Lavrov-Annan approuvé par le Conseil de sécurité, mais d’user de « ses talents et [de] son expérience extraordinaires » pour conduire la Syrie vers « une transition politique, conformément aux aspirations légitimes du peuple syrien » [8].

Pour comprendre ce qui se prépare, il suffit de se souvenir ce que sont « les talents et l’expérience » de M. Brahimi. Fils d’un collaborateur de l’Occupation française —et non pas d’un héros de l’Indépendance algérienne comme il aime à le faire accroire en utilisant une homonymie—, Lakhdar Brahimi est un des thuriféraires de l’« ingérence humanitaire », expression politiquement correcte pour désigner le néo-colonialisme. Son nom reste attaché au rapport de la Commission qu’il présida sur les Opérations de maintien de la paix. Il ne s’interrogea pas sur la dérive qui a conduit l’ONU à créer des forces d’interposition pour imposer des solutions politiques contre l’avis de belligérants au lieu de veiller à l’application d’accords de paix conclus équitablement entre eux. Au contraire, il préconisa d’asseoir cette gouvernance mondiale sur une doctrine d’intervention et un service de renseignement supra-national [9]. Ainsi fut créé le service « d’appui à la décision ». Par la suite, et sans même en informer le Conseil de sécurité, Ban Ki-moon signa un protocole avec son homologue de l’OTAN (23 septembre 2008), qui lie ce service à l’Alliance atlantique [10]. Voilà pour les « talents ».

Quant à l’« expérience » de M. Brahimi, elle l’a conduit à inventer le régime confessionnel libanais (Accord de Taëf) et à instituer le narco-régime afghan (Accord de Bonn). Il tenta aussi de participer au « remodelage » de l’Irak, c’est-à-dire à sa partition en trois États distincts, dont un sunnite où l’on eut rétabli la monarchie hachémite. Alliant l’utile à l’agréable, il maria sa fille Rym (alors journaliste à CNN) au prince Ali, de sorte que si celui-ci devenait roi, elle serait reine d’Irak. Cependant sa mégalomanie se heurta à la résistance farouche du Baath et Washington abandonna le projet.

Ce n’est pas tout. Ses biographies officielles omettent de rapporter que le grand « démocrate » Lakhdar Brahimi fut un des 10 membre du Haut Conseil de Sécurité qui perpétra à Alger le coup d’État de 1992, annulant les élections législatives, contraignant le président Bendjedid à la démission et installant les généraux janviéristes au pouvoir [11]. Il s’en suivit une guerre civile —modèle que Washington souhaite appliquer aujourd’hui à la Syrie— où les deux camps à la fois furent manipulés par les États-Unis. Durant cette période, le leader des islamistes, Abbassi Madani (aujourd’hui réfugié au Qatar) prit comme conseiller politique le pseudo-laïque Burhan Ghalioun (futur président du Conseil national syrien). La faction islamiste armée GSPC (renommé en 2007 Al-Qaida au Maghreb islamique) s’entraîna au maniement des armes avec le Groupe islamique combattant en Libye (renommé dès 1997 Al-Qaeda en Libye) ; la plupart des combattants des deux groupes sont aujourd’hui incorporés dans l’Armée « syrienne » libre.

C’est dans ce contexte que le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a inspecté les bases arrières françaises installées dans les États frontaliers de la Syrie. De passage en Jordanie, il a déclaré : « Je suis conscient de la force de ce que je suis en train de dire : M. Bachar Al-Assad ne mériterait pas d’être sur la Terre » [12]. Sans avoir à pointer le pouce vers le sol, Fabius Imperator est donc passé du « Bachar doit partir ! » au « Bachar doit mourir ! »

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Les Occidentaux ont un message pour Moscou et Pékin. Ils ne céderont pas. Ils iront jusqu’au bout par n’importe quels moyens.

Thierry Meyssan

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