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dodo

En temps opportun : en argot parlementaire signifie JAMAIS !

15 Mars 2013 , Rédigé par alex

Quelle est l’origine du terme "opportuniste" utilisé par les marxistes pour caractériser les faux révolutionnaires ?

dimanche 3 mars 2013, par Alex

Quelle est l’origine du terme "opportuniste" utilisé par les marxistes pour caractériser les faux révolutionnaires ?

Chez les marxistes, le terme d’opportuniste a connu un succès fou. Il est souvent utilisé pour caractériser les réformistes, les opposer aux vrais révolutionnaires. C’est sans doute à Lénine que l’on doit le modèle achevé de la lutte contre l’opportunisme dans le mouvement ouvrier : le détecter, le labeliser, le combattre dans le parti, scissionner s’il le faut. Lénine fonda le courant bolchévick en 1903 pour se démarquer des menchevicks, traçant une ligne de démarcation en pointillés susceptible de devenir une ligne pleine de rupture, alors qu’en 1904 l’Internationale imposa le parti unique dans tous les pays. C’est dans ce cadre que le socialisme français dut se réunifier en 1905 dans la SFIO.

Ce constat est peu glorieux pour le marxisme dans notre pays qui fut la fille ainée de l’Eglise, mais jamais celui du marxisme théorique. Pourtant il faut réparer une injustice : c’est bien chez nous France qu’est né l’acte « opportuniste » qui a donné naissance au concept, qui y a été nommé pour la première fois. C’est un mérite peu connu, que Lénine n’a pas souligné, que cet article se propose de rétablir.

Non, un opportuniste n’est pas celui qui saisit une opportunité

Le langage courant semble plaider en faveur des opportunistes contre les révolutionnaires trop purs. En effet, un opportuniste saisit une opportunité, il profite d’une occasion pour apporter une amélioration au sort du prolétariat, même un progrès très partiel. Le révolutionnaire, lui, veut du 100%, tout ou rien, donc il préfère ne rien obtenir. Bref, c’est un fanatique nuisible. Par exemple le socialiste Millerand en 1899 incarna l’opportunisme en acceptant de participer au gouvernement pour la première fois. Jaurès le soutint, pourquoi refuser ce qui pourrait profiter aux ouvriers, même si ce n’est pas l’avènement du socialisme, même s’il siégeait dans ce gouvernement avec le bourreau de la Commune le général Gallifet. Mais Jaurès changea vite d’avis, Millerand n’apporta rien aux ouvriers.

Donc première conclusion : les vrais communistes ne dédaignent absolument pas les progrès partiels, ils refusent ceux qui n’en sont pas. Il saisissent toutes les opportunités. Donc le terme d’opportunisme politique ne peut être expliqué par le dictionnaire.

Un apport théorique du Blanquisme : la définition de l’opportunisme

Pour trouver l’explication, n’hésitons pas à suivre la voie de Skyfall le dernier épisode de James Bond : il faut se ressourcer aux vieilles méthodes. Dans les bibliothèques de nos arrière grand-mères, militantes ou cultivées, on peut tomber sur un ouvrage aujourd’hui à tort peu connu : Histoire de la Troisième République par Alexandre Zévaès (1938). On y découvre p. 87 le secret de l’opportunisme :

Les temps sont durs en 1876 pour les militants ouvriers en France. Une terreur blanche sévit depuis la répression de la Commune. Les blanquistes comme Edouard Vaillant sont réfugiés à Londres où ils cotoient Marx. Ils attendent une amnistie pour revenir en France. Laissons la primeur de l’explication à Zévaes :

Le mot « opportuniste » qui devait avoir une si longue fortune, a paru pour la première fois dans le premier numéro du journal Les Droits de l’Homme, journal républicain socialiste auquel collaboraient Sigismond Lacroix, Yves Guyot, Henri Rochefort, G. Deville, Jules Guesde. L’article de Rochefort était intitulé : Opportunistes. E de Pressenssé ayant dit dans un discours que l’amnistie serait votée en temps opportun, Rochefort analysait avec sa verve habituelle cette prudente expression. Il terminait ainsi son article : « Les électeurs sont avertis. En temps opportun est un terme d’argot parlementaire qui signifie jamais. » Le mot opportuniste a donc été créé par Rochefort, il a paru le 11 février 1876 dans un nouveau journal.

Pour tester la définition de Rochefort, allons faire parler les faux révolutionnaires d’aujourd’hui

De nombreuses grèves sont animées par des syndicats animés par des « révolutionnaires » actuellement. Ils utilisent en fait ces grèves pour démontrer publiquement leur intégration au Front de Gauche « large », à la bourgeoisie. Une syndicaliste sincère à récemment rendu visite à PSA- Aulnay. Elle veut faire « converger » les luttes. Elle se vit répondre, « c’est trop tôt ». Bref, le temps « opportun » n’est pas venu. Le camarade de LO-CGT qui a ainsi répondu paraphrase donc, sans s’en apercevoir, l’expression qui a fait naitre le concept d’opportunisme.

Donc dès qu’un « expert », après avoir consulté ses capteurs secrets mesurant le fameux « rapport de force », assène que telle action « viendra en son temps » , mais que le temps « n’est pas encore venu », il reprend (sans le savoir) l’argot du crétinisme parlementaire dénoncé par Rochefort. On peut lui expliquer que quand il parle de « temps opportun », il est par définition, (comme disent ces professeurs), un opportuniste !

 

de Alex: Matière et Révolution

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Colère et révolte ne suffit pas pour être révolutionnaire!!!

6 Mars 2013 , Rédigé par dodo

Dans les milieux militants l’activisme a remplacé le point de vue de mettre en premier les "conditions objectives" c’est-à-dire le niveau de la crise de la domination de classe en prenant comme élément premier le moral de la classe exploitée, ce qui est un point de vue subjectiviste propre aux syndicalistes qui affirment que tout dépend de "la mobilisation" étant entendu qu’ils se chargent eux de mobiliser les travailleurs. la gauche de la gauche syndicale a repris cet objectif de "remonter le moral des travailleurs et les mobiliser"... C’est un faux objectif. la classe ouvrière n’a pas besoin de ces mobilisateurs en chef ni de cet encadrement là. Elle a besoin de connaître la situation objective, les conditions de son combat c’est-à-dire l’état et les problèmes des classes dirigeantes. Elle n’a pas besoin de chefs qui lui disent "ce n’est pas juste, les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent." Par contre, l’analyse de l’état de la domination de classe, les travailleurs ne peuvent s’en passer et ils ne peuvent pas la faire eux-mêmes. Au médecin on demande un diagnostic et pas de leçons de morale ni de nous donner des ordres sur ce que l’on doit faire. Seulement nous expliquer les alternatives : si on fait on risque ceci, si on ne fait rien on risque cela.

Le révolutionnaire prolétarien combat fermement quiconque transforme la classe révolutionnaire en assistés qui ont besoin d’avocats syndicaux qui iront négocier son sort à sa place. Il n’y a pas de parti ni de groupe révolutionnaire dont les membres ne soient pas profondément convaincus de la force extraordinaire de changement social de la classe elle même dans des circonstances révolutionnaires. Dans les autres circonstances, nous ne prétendons pas que le prolétariat soit nécessairement une classe aussi extraordinaire et nous ne prétendons pas qu’elle choisisse les révolutionnaires pour la diriger. Mais des circonstances relativement et localement extraordinaires peuvent se produire même dans une grève très localisée sur des objectifs très peu radicaux.

Bien sûr, nous ne combattons pas la crise du capitalisme mais notre combat se situe différemment dans une situation où la classe dirigeante est déstabilisée que dans une où elle a plein de belles perspectives devant elles. Si on ne raisonne pas ainsi on croit que la révolution peut se dérouler n’importe quand du moment que les gens sont en colère. C’est être un révolté et pas un révolutionnaire.

Ce qui ne change pas, quelles que soient les circonstances, si on est révolutionnaire, c’est notre volonté que les travailleurs s’organisent par eux-mêmes en comités de salariés en lutte. Les objectifs, les moyens, les buts, le programme dépendent directement des conditions objectives, c’est-à-dire de l’état de la domination de classe...

 

texte de robert paris.

 

 

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