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PESTICIDE et AGRICULTURE

10 Mai 2012 , Rédigé par dodo

Dans le service pédiatrique qu’il dirige, au CHU de Montpellier, le professeur Charles Sultan constate tous les jours les effets dévastateurs des pesticides perturbateurs endocriniens. Ces molécules sont particulièrement redoutables pour les fœtus. « Chez les petits garçons, cela provoque notamment des malformations des organes sexuels. Chez les petites filles, on note une puberté précoce. Au-delà des problèmes psychologiques et sociétaux que cela pose, on sait que c’est un facteur de risque de cancer du sein », détaille le médecin. Les enfants d’agriculteurs sont particulièrement touchés. 28 % des nouveau-nés présentant une malformation génitale sont issus d’une famille d’agriculteurs alors que cette proportion descend à 14 % chez les autres, révèle une étude que le médecin a menée en 2002 sur plus de 2000 naissances. Des résultats confirmés par une deuxième étude en 2011 [1], dans un contexte où les agriculteurs commencent à se battre pour faire reconnaître le caractère professionnel de leurs maladies, après une longue omerta.

Depuis plus de dix ans, Charles Sultan alerte ses collègues et les responsables politiques sur le danger de ces perturbateurs endocriniens. Les effets sanitaires des pesticides auxquels sont exposé les fœtus ne se voient pas nécessairement à la naissance, ni même au cours de l’enfance ou de l’adolescence. Les problèmes peuvent surgir 20, 30 ou 40 ans après l’exposition. « Des effets transgénérationnels ont par ailleurs été récemment mis en évidence », précise Charles Sultan. Intervenant dans un congrès organisé au Sénat le 23 mars dernier par l’association Générations futures, il a lancé un cri d’alarme et appelé la France, premier consommateur européen avec 65 000 tonnes pulvérisées chaque année, à « une sortie des pesticides ». Le défi pourrait être relevé, à condition que le pays se prépare à une révolution agricole majeure.

1. Sortir des laboratoires pour sélectionner les plantes

« Il est très difficile, avec les variétés utilisées aujourd’hui en agriculture de se passer de pesticides », dépolore Marc Dufumier, agronome et professeur à l’Institut des sciences et industries du vivant et de l’environnement (agroParisTech). Les plantes d’aujourd’hui sont sélectionnées en laboratoire, loin des réalités des champs et des agressions du climat. « Elles ont des hauts potentiels de rendement, mais dans des écosystèmes très simplifiés, sans chenilles, sans champignons, sans acariens, etc. » La sélection génétique de ces plantes s’est faite très rapidement, dans la France d’après-guerre, à l’opposé de ce qui se pratiquait depuis des siècles en agriculture : « Les agriculteurs cherchaient leurs semences dans leurs propres champs. Ils prenaient les meilleures à chaque fois. Ils étaient les maîtres de leur sélection. Et la plante était adaptée, au fil des années et des siècles, à son environnement. »

Pour pouvoir cohabiter avec des insectes piqueurs-suceurs, elles s’étaient, par exemple, parées de poils. Tandis que leurs voisines, qui avaient à se protéger des chenilles, n’en avaient surtout pas, puisque cela aurait été l’endroit idéal pour pondre des œufs. Tout cela parfois au sein d’une même parcelle. Avoir des variétés paysannes multiples et extrêmement diversifiées, sur un même terroir, est une étape importante pour sortir des pesticides. Qui s’accommode mal avec la loi votée par nos députés en novembre dernier sur le certificat d’obtention végétale, qui supprime le droit de ressemer librement sa propre récolte sans verser de taxe.

2. Réapprendre à travailler la terre

Mais, pour apprendre à cultiver la terre sans recourir aux produits chimiques, les agriculteurs français doivent de toute façon changer complètement leur manière de travailler. Arrivés dans les campagnes françaises à partir des années 1960, les pesticides ont enfermé nombre de paysans dans un piège dont ils ont du mal à se tirer. « Quand ils ont supprimé l’atrazine (un herbicide, ndlr), se souvient l’un d’eux, je me suis demandé comment j’allais faire. Je ne savais pas, je ne savais plus que l’on pouvait désherber autrement qu’avec un pulvérisateur. » Ailleurs en Europe, et notamment en Allemagne et en Autriche, d’importants progrès techniques ont été réalisés en matière de désherbage mécanique. Mais ces techniques ne sont, curieusement, que rarement enseignées dans les écoles françaises.

« Pour éviter le désherbage chimique, on peut aussi simplement décaler les dates de semis », éclaire Laurence Guichard, agronome à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), qui a participé à l’expertise Ecophyto R&D. Les mauvaises herbes poussent les premières, et on peut alors les retirer facilement. Les auteurs de l’expertise « Eco-phyto R&D », qui ont recensé cette technique dite du « faux-semis », étudient la faisabilité d’une réduction de 30 % de l’usage des pesticides. « Cette réduction est possible sans gros bouleversements du paysage agricole français, poursuit Laurence Guichard. C’est-à-dire avec les mêmes cultures et les mêmes assolements. Mais avec, par contre, une petite baisse des volumes, sans incidences économiques pour les agriculteurs puisque le manque à gagner est compensé par les moindres dépenses en intrants. »

Mais ce premier palier de réduction pose quand même problème… Aux vendeurs de pesticides, bien sûr, mais aussi aux coopératives, qui ne voient pas nécessairement d’un bon œil la baisse des volumes récoltés. « Dans le système économique actuel, les coopératives n’ont aucun intérêt à encourager ce genre de pratiques », tranche Laurence Guichard. Que dire, alors, d’une suppression totale ?

3. Redécouvrir les écosystèmes

« Le vrai problème est que les agriculteurs vont y être obligés », souligne Marc Dufumier. Il propose que « l’on n’attende pas des dizaines d’années, et les résultats des études épidémiologiques sur les effets sanitaires de ces produits pour apprendre à s’en passer ». Selon l’agronome, certains agriculteurs anticipent ce changement. Il cite l’exemple d’agriculteurs picards qui s’exercent à se passer de labours, pour laisser travailler les vers de terre. Et qui ont découvert que la luzerne, qui piège les nitrates, permet de neutraliser les mauvaises herbes, en même temps qu’elle protège le sol de l’érosion. « Mais pour que ce genre d’expériences se multiplient, il faudrait qu’il y ait un débouché local pour la luzerne, poursuit Marc Dufumier. Il faudrait imaginer de remettre en place l’élevage dans cette région. »

Le bouleversement que suppose la sortie des pesticides « ne rime pas avec un retour à l’agriculture de nos grands-parents », prévient Marc Dufumier. « En Charente-Maritime, par exemple, on fait des lâchers de micro-organismes parfaitement éprouvés contre la pyrale du maïs. C’est le résultat d’une recherche très poussée en agroécologie. Mais l’objet de la recherche, c’est l’écosystème, et non la plante hors sol. » Ces techniques de « lutte intégrée » sont très utilisées par les agriculteurs qui choisissent de se passer peu à peu de pesticides. « Ça marche vraiment très bien. C’est presque miraculeux, dit l’un d’eux. Passer en bio, bien sûr, ce serait l’étape suivante, la plus logique. Mais attention, ça devient très technique ! S’habituer à travailler sans les produits auxquels on est habitué depuis des années, ce n’est pas forcément simple non plus. Il faut passer beaucoup de temps à observer. Avoir une connaissance pointue de son écosystème et de son sol. On a perdu tout ça, pour beaucoup d’entre nous. »

4. Réorienter les aides publiques à l’agriculture

À la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab), on estime que le défi, majeur, est possible à relever. Un plan de travail prévoyant 20 % de la surface agricole utile (SAU) en bio en 2020 a même été élaboré (la France plafonne aujourd’hui à 2,5 % de la SAU en agriculture biologique). Ce plan propose notamment la mise en place d’un « nouveau mode de calcul des aides, basé sur le principe des “coûts de pollution évités”, ou des “services environnementaux” en tenant compte des emplois plus que de la taille de l’exploitation ».

Comment financer ces changements structurels ? Et notamment la formation et l’accompagnement technique des milliers d’agriculteurs français qui ne savent plus se passer des produits phytosanitaires ? « Pourquoi ne pas piocher dans les 9,5 milliards d’euros du premier pilier de la Politique agricole commune ? », interroge Marc Dufumier. « D’ici un an et demi, on va devoir tout reformuler, insiste-il. On devrait avoir le courage de conditionner toutes les aides publiques à un cahier des charges qui respecterait une sortie des pesticides. Cela exigera beaucoup de travail, qui devra être bien rémunéré. Il est évident que si l’on poursuit dans cette même course aux coûts les plus bas, on est sûr d’échouer. » Pour l’agronome, qui se dit « techniquement optimiste », les difficultés pourraient être plutôt politiques.

La façon dont le plan Ecophyto 2018 a été mené semble donner raison à ses doutes. Promulgué dans la foulée du Grenelle de l’environnement, ce plan ambitieux promettait de réduire l’usage de pesticides de 50 % en dix ans. Trois ans après son lancement, aucun progrès. En 2011, le volume de pesticides consommés a même augmenté ! L’absence de contrôles sérieux et de moyens de coercition font que les 41 millions d’euros dépensés pour ce plan fantôme ont surtout servi… à de la communication, pour faire croire au changement. Et continuer d’encourager les autres modes de culture. Comme les agrocarburants, par exemple. Très consommateurs de pesticides, et qui ont bénéficié d’avantages fiscaux évalués en janvier dernier à 1,8 milliard d’euros par la Cour des comptes !

5. Soutenir les préparations naturelles

Faciliter le passage à une agriculture sans pesticides se traduirait aussi par la liberté d’utiliser, de produire, d’échanger et de commercialiser des préparations naturelles dites « peu préoccupantes » (PNPP), qui protègent notamment les plantes des maladies et peuvent donc remplacer les produits phytosanitaires. Si l’ortie est devenue l’emblème de ces préparations, les PNPP peuvent également être à base de prêle ou de fougère, sous forme d’extrait fermenté (purin), de décoction, d’infusion ou de macération. « Ce sont aussi l’argile, le vinaigre blanc, le petit lait ou l’huile de Neem, souligne Jean-François Lyphout, « ortieculteur » et membre d’une association qui promeut ces préparations (Aspro-PNPP). Mais en France, les PNPP se heurtent à des impasses réglementaires. » Leur commercialisation requiert en effet l’inscription de leurs substances actives sur une liste communautaire, au même titre que les produits chimiques. 40 000 euros, c’est le coût moyen des taxes pour le dépôt d’un dossier en vue de l’inscription de la matière active. Pas simple à réaliser [2], pour des demandeurs qui sont pour l’essentiel des agriculteurs, des jardiniers ou des associations.

En avril 2011, le ministère de l’Agriculture annonce l’autorisation de vente du purin d’ortie et en établit la « recette de fabrication ». Problème : cette recette ne correspond pas aux pratiques des fabricants ! De fait, cet arrêté recrée l’interdit. Alors que Jean-François Lyphout s’étonne toujours de « l’acharnement du ministre à bloquer les alternatives aux pesticides », de plus en plus de communes et d’élus s’engagent à défendre et à promouvoir les PNPP. Deux régions, un conseil général, douze villes, cinq communes, deux parcs naturels régionaux, un lycée agricole sont d’ores et déjà partenaires de la démarche de l’Aspro-PNPP. Ces derniers mois, des agriculteurs, des jardiniers, des élus et des consommateurs ont multiplié les actions civiques en épandant symboliquement sur les places publiques du purin d’ortie sur les plantes (voir notre vidéo). « Tant que le gouvernement respectera pas l’amendement à la loi sur l’eau de décembre 2006, adopté par les deux assemblées, affirmant que les PNPP ne sont pas des pesticides, et ne permettra pas leur commercialisation et leur utilisation effectives, nous appellerons tous les citoyens et les élus à soutenir nos actions civiques », affirme Jean-François Lyphout.

6. Sortir du déni

Pour des agriculteurs comme Paul François, victime de pesticides président de l’association Phytovictimes, la diminution des pesticides doit passer par une reconnaissance du mal que ces produits font. « Il y a un déni terrible dans la profession », affirme-t-il. Ce tabou fait d’ailleurs craindre aux plus pessimistes un nombre alarmant de victimes dans les années à venir. Si le silence commence à être rompu dans certains coins de campagne, il reste quand même très pesant. « Le fait que ces produits soient en libre service n’aide pas à prendre conscience du danger. »

Les vendeurs de pesticides s’appliquent avec zèle à masquer les dangers mortels de ces produits. L’appellation qu’ils se donnent – « Syndicat professionnel des industriels de la protection des cultures » – annonce, à elle seule, tout leur programme de communication. Dans le cahier de doléances formulé lors du congrès de Générations futures le 23 mars dernier, figure une demande d’étiquetage très claire sur les risques pour la santé et l’environnement, un peu comme pour les paquets de cigarettes.

7. Combattre les lobbies

Une France sans pesticides ne ressemblerait pas tout à fait à celle dans laquelle on vit. C’est sans doute là le problème… pour ceux qui ont le pouvoir en tout cas. Alors que le professeur Sultan appelait à la sortie des pesticides, Xavier Beulin, président de la toute-puissante Fédération nationale des exploitants agricoles (FNSEA), se trouvait dans les Pyrénées, à l’assemblée générale d’une section départementale du syndicat. Il s’y est illustré par un brillant « les grenouilles ou les libellules, ça commence à bien faire », évoquant aussi « cette écologie punitive et dogmatique ». Il y a un an, il avait affirmé que le cas de Yannick Chenet, un agriculteur mort quelques jours avant d’une leucémie due aux pesticides, était un cas isolé.

Le même Xavier Beulin s’était insurgé contre les termes de l’accord signé entre le Parti socialiste et Europe Écologie les verts, dans lequel était mentionné le nécessaire « soutien à l’agriculture paysanne et biologique pour atteindre les 20 % de la SAU en bio ». Espérons que le débat national sur l’agriculture, la pêche et l’alimentation promis aura bien lieu. Et qu’il tiendra compte de la santé des agriculteurs, et de celle de leurs enfants.

Sophie Chapelle et Nolwenn Weiler

Photo : CC USDA, Wikimedia

Notes

[1] Cette seconde étude dirigée par le Professeur Charles Sultan, publiée en 2011, montre que la fréquence des hypospadias (malformation de l’urètre) passe de 0,2 % à 8,2 % chez les garçons issus de « grands-mères distilbène », un médicament xéno-oestrogène considéré comme un modèle de l’action des pesticides perturbateurs endocriniens.

[2] Issues de savoirs populaires, les PNPP sont réalisables par tous et non brevetables : le coût des procédures n’est donc pas amorti par le monopole accordé par un brevet.

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ECOLOGIE PRATIQUE DE PIERRE RABHI

9 Mai 2012 , Rédigé par dodo

Ecologie
Pierre Rabhi : « Si nous nous accrochons à notre modèle de société, c’est le dépôt de bilan planétaire »
Par Agnès Rousseaux, Ivan du Roy (7 mai 2012)
Et si, après une stressante campagne électorale, on respirait un peu ? Quelle société voulons-nous aujourd’hui construire ? « La croissance est un problème, pas une solution », affirme Pierre Rabhi, paysan-philosophe. Face à la disparition des questions écologiques dans le débat politique, et à la frénésie marchande qui nous a pris en otages, il invite à repenser la vie sur un mode à la fois « sobre et puissant ». Et à inventer, pour éviter des explosions sociales et un chaos généralisé, un autre modèle de civilisation. Entretien.
Basta ! : Vous défendez une société de la sobriété. Les crises actuelles et l’austérité qui menace vont-elles permettre de remettre en question le système économique dans lequel nous vivons ?
Pierre Rabhi [1] : Je ne me réjouis pas de cette situation, mais je me dis finalement que l’être humain a besoin d’entrer dans des impasses pour mieux comprendre. Les impasses peuvent soit finir sur un chaos généralisé, soit permettre d’initier autre chose. Le chaos est tout à fait possible : une sorte de cocotte-minute d’incertitudes et d’inquiétudes est en train de miner les âmes et les consciences. Qu’une seule ville explose et toute la France explose. Le problème aujourd’hui n’est pas de se réjouir de cela, mais de voir ce qu’on peut tirer de cette évolution. Notre modèle de société montre son inadéquation, son incapacité à continuer. Si nous nous y accrochons, ce sera le dépôt de bilan planétaire. Tous les pays émergents veulent vivre à la moderne. Où va-t-on puiser les ressources ? C’est totalement irréaliste. Il y a aujourd’hui à repenser la vie sur un mode qui soit à la fois sobre et puissant. Je crois beaucoup à la puissance de la sobriété. Je ne crois pas à la puissance des comptes en banque. La vraie puissance est dans la capacité d’une communauté humaine à se contenter de peu mais à produire de la joie. Notre société déborde de tout, mais nous sommes un des pays les plus consommateurs d’anxiolytiques, pour réparer les dégâts que produit la « société de la matière » ! Nous sommes une espèce de planète psychiatrique. Combien de souffrances produisons-nous ?
Pendant la campagne électorale, l’écologie a quasiment disparu du débat politique. Qu’en pensez-vous ?
C’est parce que les citoyens ne sont pas véritablement conscients de l’enjeu de l’écologie que nous sommes obligés d’avoir une écologie politique pour lui donner une place au forceps. Dans la réalité, l’écologie concerne absolument tout le monde. Je suis évidemment reconnaissant envers ceux qui essayent de placer l’écologie dans le débat politique. Mais c’est une anomalie. Car l’écologie est une affaire de tous. C’est ce qui détermine l’existence de tout individu, du phénomène de la vie. Nous sommes donc tous concernés.
Selon vous, le progrès technologique nous asservirait ?
La civilisation moderne est la civilisation la plus fragile de toute l’histoire de l’humanité. Plus d’électricité, de pétrole, de télécommunications et la civilisation s’écroule. Elle ne tient sur rien du tout. Le progrès ne libère pas. Plusieurs avancées ont apporté un certain bien-être. Mais ce bien-être n’est pas forcément partagé. Il faut que l’humanité se pose la question : le progrès, pour quoi faire ? Et avant : qu’est-ce que vivre ? S’il s’agit juste de consommer, je n’appelle pas ça la vie, cela n’a aucun intérêt. Nous sommes devenus des brigades de pousseurs de Caddie. Cela me terrifie. Nous sommes revenus au néolithique : nous sommes des cueilleurs, nous passons dans les rayons et nous cueillons. Tout cela n’est pas bon. On a évoqué la décroissance, qui est considérée comme une infamie dans le monde d’aujourd’hui : remettre en cause la croissance ! Au Moyen Âge, j’aurai été brûlé vif.
Peut-on se passer de l’industrie et du progrès technologique sur une planète qui comptera bientôt 9 milliards d’êtres humains ?
Le progrès technologique ne rétablit pas de l’équité dans le monde, au contraire. Une minorité en bénéficie. Ce ne sont pas les pays en voie de développement qui consomment le plus de voitures ou de frigos. C’est un leurre de dire que la planète ne pourra pas suffire, parce que nous serons plus nombreux. C’est une injustice totale : sur 7 milliards d’humains aujourd’hui, la moitié n’a pas accès à la nourriture pendant que les autres se bâfrent et gaspillent à outrance. Un cinquième de l’humanité consomme les 4/5es des ressources produites. Ce serait très pernicieux d’invoquer la démographie pour dire qu’on ne va pas s’en sortir. Non ! Plusieurs milliards d’humains ne s’en sortent déjà pas. Ce ne sont pas les pauvres qui épuisent les ressources. La démographie n’est pas en cause. Je sens cet argument s’insinuer de façon très vicieuse.
Pourquoi, après avoir été ouvrier, avez-vous choisi de devenir paysan ?
J’ai accompli mon retour à la terre, ici en Ardèche, en 1961, parce que je considère que notre système n’a pas d’intérêt. Je n’ai pas envie d’être né pour produire, pour consommer et mourir. C’est une destinée un peu limitée ! Je suis né pour vivre, je suis né pour admirer. Si on doit toute sa vie besogner pour que les poubelles débordent de déchets, cela n’a aucun sens. Il n’y a pas si longtemps, en mai 68, les jeunes défilaient dans les rues pour protester contre la société de consommation. C’était l’excès. Leur intuition était forte : nous ne sommes pas des consommateurs. Les gagneurs d’argent, la frénésie marchande nous ont pris en otages pour faire de nous des gens qui doivent absolument consommer pour faire monter le produit national brut. C’est complètement stupide. Les jeunes disaient : on ne tombe pas amoureux d’un produit national brut ! Ils lançaient des slogans très importants, qui étaient un appel à la vie. Nous ne vivons pas : nous sommes conditionnés, endoctrinés, manipulés, pour n’être que des serviteurs d’un système. Ils ressentaient ce besoin de sursaut de la vie. Depuis, je ne vois plus les jeunes défiler dans la rue pour dire qu’ils ont trop. Nous sommes au contraire entrés dans la phase du manque. Les certitudes d’une idéologie triomphante, c’est terminé ! Aujourd’hui, les jeunes ne savent pas quelle place ils auront et s’ils auront une place dans l’avenir. Ce système-là peut-il encore perdurer ? Non. Il ne faut donc pas s’illusionner et se raconter des histoires : notre système arrive à ses limites. Il faut maintenant que l’imagination se mette en route, pour en créer un autre.
D’où peut venir le changement ? D’abord de chaque individu ou de transformations portées collectivement ?
Vous pouvez manger bio, recycler votre eau, vous chauffer à l’énergie solaire, tout en exploitant votre prochain, ce n’est pas incompatible ! Le changement radical de la société passe par une vision différente de la vie. L’humain et la nature doivent être au cœur de nos préoccupations. Le rôle de l’éducation est souverain : et si on éduquait les enfants au contentement et non à l’avidité permanente ? Une avidité stimulée par la publicité, qui affirme qu’il nous manque toujours quelque chose. Cette civilisation du besoin chronique et permanent, sans cesse ressassé, installe dans les esprits la sensation de manque. Le phénomène de la vie, ce qui fait que nous existons, devrait avoir une place dans l’éducation des enfants. Or nous n’avons que des structures éducatives qui occultent complètement les fondements de la vie pour, le plus vite possible, fabriquer un petit consommateur et un petit producteur pour le futur. Cela en fait un petit ignorant qui s’occupera bien davantage de savoir comment il va avoir un bon boulot malgré la compétitivité.
L’exigence fondamentale, c’est que tout le monde puisse manger, se vêtir, se soigner. Voilà ce qu’une civilisation digne de ce nom devrait pouvoir fournir à tout le monde. Aucun bonheur n’est possible sans la satisfaction des besoins vitaux. Notre civilisation a la prétention de nous libérer alors qu’elle est la civilisation la plus carcérale de l’histoire de l’humanité. De la maternelle à l’Université, nous sommes enfermés, ensuite tout le monde travaille dans des boîtes. Même pour s’amuser on va en boîte, assis dans sa caisse. Enfin, on a la boîte à vieux quand on n’en peut plus, qu’on est usé, avant de nous mettre dans une dernière boîte, la boîte définitive.
Comment convaincre ceux qui profitent le plus de la société de consommation et d’accumulation ?
Qui enrichit ces gens-là ? C’est nous. Ils s’enrichissent parce que des gens insatiables achètent de plus en plus, parce que toute une communauté humaine leur donne les pleins pouvoirs. Ils n’existent que parce que nous les faisons exister. Je ne roule pas en char à bœufs mais en voiture, je pollue malgré moi, j’ai le confort moderne. Ce qui fausse tout, c’est que cela devient prétexte à un enrichissement infini. Ce serait différent si les objets fabriqués par le génie du monde moderne avaient vocation à améliorer la condition humaine. Nous donnons très peu de place à ce qui est indispensable, à ce qui amène véritablement la joie. Et nous ne mettons aucune limite au superflu.
Cela signifie donc s’attaquer aux puissances de l’argent ?
L’argent est noble quand il permet l’échange. C’est plus facile d’avoir quelques billets dans sa poche que de transporter deux kilos de pommes de terre. L’argent n’est pas à récuser dès lors qu’il participe au mécanisme de régulation du bien-être entre tous. Mais quand il régule seulement la richesse, non. Toutes les choses vitales, les biens communs – eau, air, terre, semences – devraient être soustraites à la spéculation. Ceux qui ont de l’argent commettent un hold-up légalisé sur le bien de tous. Un vol illicite mais normalisé par la règle du jeu. L’argent rend l’humanité complètement folle et démente. Aujourd’hui, on achète le bien des générations futures. Je possède de la terre, mais je suis prêt à dire que ce n’est pas la mienne. Je l’ai soignée pour qu’elle soit transmise à mes enfants ou à d’autres gens.
Comment soustraire les biens communs à ceux qui spéculent ?
Admettons qu’on aille jusqu’à la logique extrême : un jour, un petit groupe d’humains hyperriches va posséder la planète. Aux enfants qui arriveront, on leur dira qu’ils sont locataires. Qu’ils doivent payer leur droit d’exister. C’est stupide. C’est navrant. C’est d’une laideur infinie. Parce que j’ai de l’argent, j’ai le droit sur tout… C’est là que le politique devrait réguler. Mais, pour l’instant, les responsables politiques sont là pour maintenir en vie cette inégalité criante. Ils font de l’acharnement thérapeutique sur un modèle moribond. On peut le mettre sous perfusion tant qu’on voudra... on sait très bien qu’il est fini. Le drame serait que tout cela finisse dans le chaos, si on ne met pas en place une nouvelle orientation de la vie.
Il faut changer les règles du jeu démocratique, dites-vous… Pour aller vers quoi ?
On ne peut pas changer un monstre pareil du jour au lendemain. Ce que je regrette, c’est qu’on ne se mette pas sur la voie du changement. Ce modèle a été généré par l’Europe. La première victime de ce nouveau paradigme, cette nouvelle idéologie, c’est l’Europe elle-même. L’Europe était une mosaïque extraordinaire. Tout a été nivelé, standardisé. Et on a exporté ce modèle partout ailleurs, en mettant un coup de peinture « démocratie » là-dessus. Aujourd’hui ce modèle se délite, il n’a aucun moyen d’être réparé. Il faut aller vers autre chose. Ce que propose la société civile : elle est le laboratoire dans lequel est en train de s’élaborer le futur. Partout des gens essayent de faire autrement. Un État intelligent devrait encourager ça. Sinon, cela se fera sous la forme d’explosion sociale. Une grande frange des citoyens sont secourus par les dispositifs de l’État. Cela ne durera pas. Le jour où la société ne pourra plus produire de richesses, où prendra-t-on ce qu’il faut pour soutenir ceux qui sont relégués ? Nous sommes dans un système « pompier-pyromane » : il produit les dégâts et prétend en plus les corriger. On met des rustines au lieu de changer de système : ce n’est pas une posture politique intelligente.
Recueilli par Ivan du Roy et Agnès Rousseaux
Vidéo : Agnès Rousseaux
Photo : Ivan du Roy
Notes
[1] Pierre Rabhi vit en Ardèche, où il a été paysan. Il a crée en 2007 le Mouvement pour la Terre et l’Humanisme appelé ensuite mouvement Colibris. Il est aussi l’inventeur du concept « Oasis en tous lieux » et a lancé en 2012 la campagne Tous Candidats

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CAPITULATION DU REICH-8-5-45

8 Mai 2012 , Rédigé par dodo

Le 8 mai 1945 était signée la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie 
de : Le MRAP 
mardi 8 mai 2012 - 14h53

1 commentaire

Aujourd’hui, après 5 années de xénophobie d’Etat et une campagne électorale durant laquelle, une droite - dont les composantes de droite extrême n’ont plus rien de républicaines - ainsi que le Front National - ont rivalisé dans l’abject. C’est ainsi qu’ont été tour à tour désignés « l’autre » - étranger, immigré, musulman ou supposé tel – ainsi que le Rom, à la vindicte populaire dans des discours d’exclusion dont la haine constitue le fil directeur.

Le MRAP se doit de rappeler qu’à cette victoire sur le IIIe Reich et le fascisme ont contribué, à côté des alliés –Soviétiques, Américains et Anglais pour la plupart – de nombreux immigrés venus d’Afrique noire et du Maghreb mais aussi de l’Europe toute entière.

Les uns avaient fui l’idéologie fasciste qui avait d’abord triomphé en Italie, puis en Allemagne et en Espagne ; d’autres, colonisés, espéraient que leurs peuples bénéficieraient eux aussi de cette liberté chèrement acquise pour sortir du statut colonial et devenir des citoyens de leur propre patrie.

On ne demandait pas alors aux combattants étrangers de la résistance s’ils mangeaient de la viande hallal ou s’ils avaient des papiers ! Qu’il s’agisse des Algériens, Marocains, Tunisiens, Africains, Antillais , Malgaches, de ceux du groupe Manouchian de la Main d’Œuvre Immigrée (MOI) désignés comme « terroristes » sur l’Affiche rouge, ou encore de ceux qui, dans des chars baptisés Guadalajara Ebro, Teruel, Brunete, Madrid – mais également Don Quijote ou Durruti - ont contribué à libérer Paris.

« Pourrions nous accepter que nos cimetières où se mêlent par milliers les croix chrétiennes, les étoiles juives et les croissants de l’Islam, soient ensevelies sous l’oubli et l’ingratitude ? », interrogeait le Général De Gaulle le 23 avril 1968.

Aujourd’hui un très grand nombre d’ enfants et petits enfants de ces combattants morts pour la France sont sans papiers, sans droits, sans reconnaissance. Et ceux d’entre eux qui sont de nationalité française sont trop souvent victimes du racisme, de la relégation, de la discrimination.

Le MRAP tient également à rappeler que non seulement ces « indigènes » ont été exclus du défilé de la victoire du 8 mai 1945 à Paris, mais que, ce même jour, une répression terrible s’abattait en Algérie, sur la région de Sétif, parce qu’un drapeau algérien, symbole de l’indépendance, était brandi au cours d’un défilé célébrant la victoire. Il y eut alors des milliers de morts.

En ce 8 mai 2012, le MRAP tient à rendre hommage à tous ces combattants venus d’ailleurs, « à ces étrangers et nos frères pourtant », qui ont lutté pour que la devise Liberté, Égalité, Fraternité ne soit pas un vain mot. Et quel meilleur hommage que de continuer leur lutte pour une société plus juste d’où le racisme aura enfin disparu, où le « vivre ensemble » l’emportera sur toutes les peurs et les haines.

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OU EST BEN ? par agent sans secrets.

11 Avril 2012 , Rédigé par dodo

mort de Ben Laden
La Presse officielle nous prend vraiment pour des cons!!!


Nos amis canadiens, les "Agents Sans Secrets" démontrent clairement la supercherie
          "Oussama Ben Laden aurait été tué cette nuit par les commandos américains. La preuve ? un montage photo bidon fait à partir d'un des cliché d'Oussama Ben Laden de l'agence Reuters le plus diffusé ces dernières années. La machine de propagande US et ses sbires formés dans toutes les agences de presse occidentales s'est remise en route alors que nous dormions paisiblement...
Une fois de plus, le mesonge est flagrant, mais les journalistes n'ont pas l'habitudes de vérifier l'exactitude des informations qu'ils diffusent... surtout lorsqu'elles viennent de la maison blanche.

           Voyons ce que l'on obtient en faisant simplement pivoter le cliché que diffusent les organes de propagande de la CIA à travers le monde, et en retravaillant l'échelle du cliché... puis comparons avec la fameuse image de Reuters datant de 1998.


           Troublant n'est-ce pas ? La même barbe, la bouche et les dents parfaitement identiques, comme tout le bas du visage et en bonus une pixellisation qu'aurait évité n'importe quel débutant en première année d'infographie.
Si quelqu'un peut nous retrouver le cliché ayant servi à constituer le haut de l'image, nous sommes preneurs !

          Au fait... la photo d'Oussama Ben Laden mort avait déjà été publié il y a plus de deux semaines sur le site du « Souvereign Independant », curieusement hors-ligne aujourd'hui, mais heureusement, Google Cache est mon ami :

PS : A l'instant où j'écris ces lignes, les journaux français comme BFMTV relayent l'information selon laquelle le corps de Ben Laden aurait été jeté à la mer, on croit rêver.

AJOUT DE DERNIERE MINUTE : Des lecteurs perspicaces ont retrouvé le cadavre original... !
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étienne chouhard

7 Avril 2012 , Rédigé par dodo

http://www.blueman.name/Des_Videos_Remarquables.php?NumVideo=3860

 

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gauche et droite bourge. !

5 Avril 2012 , Rédigé par dodo

" Nous aurons également à notre service de bons petits journaux payés grassement , chantant nos louanges , cachant nos fautes , nous prêtant plus de vertus qu ’ à tous les saints du paradis . Nous en aurons d ’ autres , et ceux - là nous les paierons plus cher , qui attaqueront nos actes , discuteront notre politique , mais d ’ une façon si plate , si maladroite , qu ’ ils ramèneront à nous les gens d ’ esprit et de bon sens . Quand aux journaux que nous ne paierons pas , ils ne pourront ni blâmer ni approuver ; de toutes manières , nous les supprimerons au plus tôt . "

Emile Zola ( 1840 - 1902 ) " Contes à Ninon ( 1864 )

Il n ’ y a que des droites , cela est assez évident , surtout pour les anciennes générations . Souvenons - nous de la C.F.D.T du début des années 1970 qui était pour l ’ autogestion , même si c ’ était loin d ’ être la même autogestion que celle voulue par les anarchistes autogestionnaires de la gestion directe . Et de même , toutes les manifestations des années 2000 sont bien paisibles et même plus réformatrices , en rapport aux manifestations révolutionnaires et revendicatives de la période 1968 / 1973 . En 2012 les politiciens et politiciennes qui se prétendent de gauche , sont risibles et ridicules , à qui connaît un peu l ’ histoire sociale et politique de son pays . Car ce phénomène de la droitisation des gauches de la bourgeoisie , se confirme dans tous les pays du monde . La France est stalinienne , la France est fasciste , la France est nazie .

Le monde aussi d ’ ailleurs . Cela est assez évident , sauf pour la nouvelle génération du faux poulet , et des mouchards électroniques . Cela est compréhensible , puisque leur référent est le mouchard électronique qui vous trace et vous fiche , et le poulet synthétique . Mais il faut bien faire croire aux gens qu ’ il existe encore une gauche , qui s ’ intéresse à leurs problèmes de survie . Les Mélenchon , Hollande , et autres , en France , et chaque pays a les siens , qui sont des hommes de droite , et qui en sont encore à la retraite à 60 ans , la semaine des 35 heures , les nationalisations , et autres vieilleries réactionnaires , qui étaient déjà en retard d ’ une réforme en mai 1968 . Alors que c ’ est la société spectaculaire marchande techno - industrielle , le capitalisme , qu ’ il faut abattre , et donc aussi , toutes les droites , l ’ extrême gauche , la gauche , la droite , l ’ extrême droite , et les politiciens / politiciennes qui les représentent . Et moi au moins , je ne suis pas anonyme , j ’ ai l ’ audace de mes rimes . Et je suis seul contre tous et toutes , ou presque ...

Les bourgeoisies sont donc représentées par leurs nombreux et divers composants historiques , contradictoires et nonobstant complémentaires . Nous aurons quand même admis que la masturbation ( onanisme ) , pénienne ou clitoridienne , ne rendait aucunement sourd ou aveugle , mais par contre toute théorie qui nous dérange est taxée de masturbation intellectuelle . Et pourquoi serait-il de toutes façons , plus louable , de branler son vit ou son clitoris , plutôt que son cerveau ? Nous devenons vite des moralistes quand un texte théorique nous dérange . Il faut savoir que le véritable socialisme est contre le travail salarié , et il faut ne pas ignorer , justement , que le vrai communisme se situe de fait , hors et contre les courants historiques de la bourgeoisie , à savoir , l ’ extrême gauche , la gauche , la droite , l ’ extrême droite , ce qui fut peu dit ou jamais , sous cette forme . Il s ’ agit donc presque d ’ une innovation théorique , qui déplaira très longuement , et c ’ est logique , aux anciens / anciennes partisans / partisanes de l ’ ancienne classification des cartels de la politique . Il s ’ agit de l ’ unification de la bourgeoisie dans ses quatre aspects principaux , qui sont eux - mêmes divisés en de nombreux autres aspects . L ’ ataraxie et l ’ aponie ne sont pas du monde des bourgeoisies . Le capital a le besoin impérieux de nombreux collaborateurs et collaboratrices , dont les plus haineux et haineuses sont de l ’ extrême droite du capital . Mais les plus manifestes de ces ennemis /. ennemies de l ’ humanité ne sont pas forcément ceux et celles que l ’ on croie , les plus subtils / subtiles sont à long terme , bien plus redoutables ...

" " Le discours politique est destiné à donner aux mensonges l ’ accent de la vérité , à rendre le meurtre respectable et à donner l ’ apparence de la solidarité à un simple courant d ’ air . "

George Orwell ( 1903-1950 )

Toutes les bourgeoisies ont un socle commun . Elles ne veulent rien changer à l ’ ordre existant des choses et des êtres . La bourgeoisie d ’ extrême gauche pense qu ’ il peut exister une bonne police et une bonne prison , de bons militaires , une bonne science , un bon capitalisme . La bourgeoisie de gauche , une bourgeoisie de fonctionnaires , très présente dans le milieu enseignant et des cadres directionnels de l ’ administration publique , veut surtout que l ’ on reconnaisse ses mérites et que les salaires soient proportionnés à ses mérites . Elle veut traiter les esclaves salariés mieux que ne le fait la bourgeoisie de droite . La bourgeoisie de droite , avec une forte composante de la droite prolétarienne dont le rêve est de s ’ embourgeoiser , pense que tout est joué à la naissance , avec de bons ou de mauvais gènes . Il s ’ agit de s ’ élever dans la hiérarchie professionnelle , pour gagner plus d ’ argent , et ainsi de pouvoir devenir des propriétaires . Une partie de la gauche bourgeoise en est convaincue aussi . La bourgeoisie d ’ extrême droite , aristocratique ou populiste , essentiellement réactionnaire , croit fermement qu ’ il y a des gens qui sont faits pour être des chefs et d ’ autres qui sont faits pour être des subalternes . Elle est aussi xénophobe , militariste , intégriste , nataliste .

" Le fait que les hommes tirent peu de profit des leçons de l ’ histoire est la leçon la plus importante que l ’ histoire nous enseigne . "

Aldous Huxley ( 1894 - 1963 )

Chaque personne à une place qui lui est attribué à la naissance , de par ses gènes ou de par sa classe sociale et chacun / chacune doit rester à cette place , et ne plus la quitter . Toutes ces bourgeoisies ont toutes le même mouvement de justifier leurs positions idéologiques , par une prétendue donne génétique de naissance . Et ce que peuvent dire les généticiens / généticiennes qui vont à l ’ encontre du tout joué d ’ avance par les gènes , ne les intéresse aucunement , et les faits n ’ ont de l ’ importance que quand ceux-ci peuvent s ’ adapter à leur politique de la vie , qui n ’ est que leur politique de la vie . D ’ ailleurs , certains / certaines ont même pris la peine de " lire " des livres d ’ Albert Jacquard , le généticien des populations , mais en le comprenant de travers , et même en le déformant .Car , tout ce qui ne rentre pas dans le signifiant des bourgeoisies , est soit censuré , déformé , adapté , récupéré , transformé , détourné , non compris , non entendu , sans valeur , ou parfois atomisé . Et ainsi , au lieu de lire , par exemple , tout s ’ apprend , rien n ’ est génétique , ils / elles lisent , rien ne s ’ apprend , tout est génétique .Car , les bourgeoisies n ’ entendent bien que ce qui les arrange et elles gomment tout le reste .

" Il faut sans cesse se jeter du haut d ’ une falaise et se doter d ’ ailes durant la chute . "

Ray Bradbury ( né en 1920 )

Tout ce qui n ’ est pas signifiant pour elles ( les bourgeoisies ) , est inintelligence , masturbation mentale , et surtout en fait , inintelligible pour elles . C ’ est comme si on leur parlait chinois ou hébreu . Leurs cerveaux sont codés de telles façons qu ’ ils ne peuvent plus entendre et comprendre la moindre critique de la société spectaculaire marchande techno-industrielle . Car simplement dire la société , ne veut plus rien dire . La société est marchande . La société est spectaculaire . La société est technologique . La société est industrielle . Comme l ’ a bien démontré l ’ ex - mathématicien Théodore Kaczynski ( né en 1942 ) dans son livre " L ’ effondrement de la société technologique " . Et cette société de l ’ aliénation des uns et des unes par les autres , est vivement défendue par les diverses et nombreuses bourgeoisies ( extrême gauche , gauche , droite , extrême droite ) . Certes , il y a la bourgeoisie ouvrière , la bourgeoisie intellectuelle , la bourgeoisie pauvre , la bourgeoisie riche , mais aucune de ces bourgeoisies n ’ a jamais été contre les valeurs de la bourgeoisie originelle , justement . Elles sont d ’ailleurs toutes parlementaristes . Nous en sommes restés à des manichéismes enfantins , gauche , droite , ouvrier , bourgeois , sans voir que ces manichéismes sont eux-mêmes les garanties de la reproduction des bourgeoisies .

Penser contre les bourgeoisies , c ’ est penser contre tous les manichéismes . Mais nous pouvons appeler aussi cela , la petite bourgeoisie , la moyenne bourgeoisie , la grande bourgeoisie , la très grande bourgeoisie , mais c ’ est toujours la bourgeoisie , non ? en quoi sont différents ceux et celles qui se disent de gauche , d ’ extrême gauche , de droite , d ’ extrême droite ? Ils / elles disent quasiment les mêmes boniments . Et ils / elles mangent pratiquement les mêmes plats ( empoisonnés aux pesticides ) , vont voir souvent les mêmes films , regardent les mêmes programmes de télévision . Il est bien évident que la société de l ’ aliénation totale par les uns les autres , n ’ a pas le moindre avenir humain . Et nos corps s ’ artificialisent et se technologisent de plus en plus . Nous avons des prothèses de toutes sortes pour remédier aux organes défectueux . Il existe encore , ( pour combien de temps ) , un petit tabou sur les greffes de cerveaux via les têtes , et encore , cela s ’ est-il fait jadis sur des chiens , en ex - URSS . Les " fameuses " expériences des laboratoires secrets russes sur les chiens bicéphales et autres ...

" Les travailleurs ont en mains la puissance la plus formidable et , s ’ ils en prenaient une fois véritablement conscience et l ’ employaient , rien ne pourrait leur résister ; ils n ’ auraient qu ’ à arrêter le travail , considérer les produits de leur travail comme leurs et en jouir . "

Johan Caspar Schmidt dit Max Stirner ( 1806 - 1856 )

Tout pouvant se greffer en fait , après c ’ est une question d ’ éthique . L ’ on y vient avec les visages . Et il n ’ est pas impossible qu ’ un jour , l ’ on puisse carrément mettre sa tête et donc son cerveau , sur le corps idéal de son choix . Et le trafic d ’ organes , cela existe déjà , ce ne sont que les prolégomènes . L ’ on changera de corps , comme de nos jours , l ’ on change les seins des femmes . Sauf que là , le cerveau sera toujours le même , seul le corps changera . Et qui acceptera de léguer son corps à une autre tête / cerveau ? et tout ceci n ’ est pas de la fiction , mais déjà de la pleine réalité ? vous pouvez / nous pouvons le croire . Et c ’ est cela aussi le monde que veulent les bourgeoisies . Et ce que l ’ on appelle le peuple de la bourgeoisie , lui ne fait que suivre ce que veut et fait la bourgeoisie détentrice des moyens de production . Ce sont les valeurs des bourgeoisies possédantes , que l ’ on met dès le berceau , dans les têtes du peuple des bourgeoisies , qui ne sont que les bourgeoisies du peuple . Et tout ce qui ne rentre pas dans ces " valeurs " des bourgeoisies , est déclaré charabia par ces mêmes bourgeoisies .

Et la bourgeoisie d ’ extrême gauche , est la bourgeoisie le plus habile historiquement , à ce que le prolétariat de la bourgeoisie , ne puisse sortir de la bourgeoisie du prolétariat . Rien , n ’ est plus facile à comprendre , n ’ est-ce pas ? Et ne nous vexons plus d ’ être traités / traitées d ’ inintelligents / inintelligentes , car encore une fois , l ’ espèce humaine est tout , sauf intelligente . Le comprenons - nous ? Les multiples courants de la bourgeoisie , extrême gauche , gauche , droite , extrême droite , ont tous leurs politiciens / politiciennes , leurs écrivains / écrivaines spectaculaires , leurs philosophes spectaculaires , leurs scientifiques spectaculaires , leurs artistes spectaculaires , leurs vedettes spectaculaires . Aucun de ces courants ne remet en question la conception bourgeoise de l ’ existence , puisque chacun de ces courants est une composante de la bourgeoisie . Ces courants considèrent comme normal toutes les violences qui participent de la bourgeoisie , et ils légitiment même ces violences . Mais toute violence qui se situe en dehors des multiples courants de la bourgeoisie est bien sûr honnie , calomniée , déstructurée , voir le plus souvent ignorée . Et ce sont donc seulement ces nombreux courants de la bourgeoisie , en France et ailleurs dans le monde , qui détiennent tous les médias . Aucune autre parole que la leur , ne peut s ’ y exprimer .

Ces multiples courants de la bourgeoisie sont sa meilleur protection et ils se nourrissent les uns / les autres . Et ils sont faussement différents . Ce sont les multiples réactions possibles de la bourgeoisie , avec de nombreux composants réactionnaires . Il était temps que cela soit ouvertement dit . Aucun monde nouveau , ne pourra jamais voir le jour , tant que ces nombreux courants de la bourgeoisie ne seront pas dénoncés et combattus . Car , ils seront toujours les ennemis de l ’ émancipation humaine . Nous devons étudier en dehors des universités . Nous ne devons/ devrons plus accepter aucune représentation par les multiples courants de la bourgeoisie , qui sont indispensables au bon fonctionnement de la société spectaculaire marchande techno-industrielle . Il n ’ est jamais inutile , de toutes façons , de le répéter . Un propriétaire veut défendre sa propriété , son idéologie , sa famille , sa fortune , son organisation , sa religion , sa croyance , son parti , son syndicat , et quelqu ’ un / quelqu ’ une qui n ’ a aucune propriété de cette sorte à défendre , ou autre , n ’ a rien à défendre , sauf la vérité , qui étudie l ’ anatomie des très nombreuses bourgeoisies .

" Le despotisme qui se propage sous le gouvernement de plusieurs , le despotisme sénatorial est aussi terrible que le sceptre des rois , puisqu ’ il tend à enchaîner le peuple , sans qu ’ il s ’ en doute , puisqu ’ il se trouve avili et subjugué par les lois qu ’ il est censé dicter lui-même . "

Jacques Roux ( 1752 - 1794 )

Nous savons donc maintenant ce que sont les bourgeoisies , et ce qu ’ elles proposent . Un monde sans vie . Et à quoi bon voyager , puisque la vie est partout absente . Bientôt , ce sera le monde des artilects . L ’ humain n ’ y sera plus nécessaire . L ’ on peut déjà s ’ en passer de plus en plus . A quoi bon , nous rendre au restaurant , aller au cinéma , partir en vacances , en étant entouré partout de cadavres habillés ? Et cela n ’ est pas du " pessimisme " , ni de la " paranoïa " , mais de la simple observation . Nous sommes d ’ ailleurs un certain nombre à le penser . Et à la naissance , nous ne sommes ni bons , ni mauvais , nous sommes simplement les produits manufacturés des différents courants de la bourgeoisie . Leurs produits sont dans nos têtes . Et c ’ est ce que nous appelons notre " libre arbitre " ... et il est bien difficile de nous déprogrammer de ces déterminismes bourgeois . Nous voudrons nous transformer pour changer de monde et nous serons comme des bébés à qui il faudra tout réapprendre . Le monde n ’ existe pas encore . Il faudra l ’ inventer . Vous aurez / nous aurons peut-être compris trop tard , que vivre n ’ est pas posséder , car toute possession est le contraire de la vie . Finalement , les pauvres qui espèrent devenir riches , n ’ ont que l ’ illusion des jeux d ’ argent pour ce faire , un éventuel héritage , ou faire un braquage de banque . Ne vaudrait - il pas mieux faire une authentique révolution ( déjà en soi - même ) qui renverserait toutes les bourgeoisies ( extrême gauche , gauche , droite , extrême droite ) pour qu ’ enfin la vie puisse voir le jour ?

Patrice Faubert ( 2012 ) pouète , puète , peuète , paraphysicien , Pat dit l ’ invité sur " hiway.fr "

gauch

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LA MAFIA HAUT DE GAMME !!

30 Mars 2012 , Rédigé par dodo

La banque de la Reine d’Angleterre condamnée pour blanchiment d’argent de la drogue
28 mars 2012 - 17:49
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Le 28 mars 2012 (Nouvelle Solidarité) – La première phrase d’un article à la une du Financial Times se lit comme suit : « Coutts & Co., la banque privée utilisée par la Reine Elisabeth II, a été condamnée à la plus grosse amende (8,75 millions de livres) jamais infligée à une institution financière pour violation des règlements contre le blanchiment des revenus de la drogue. La banque avait failli de vérifier l’origine de l’argent déposé par presque trois quarts de ses clients présentant un profil sensible. »

Est-il besoin d’en dire plus ? La plupart des quotidiens anglais présentaient à la une des titres allant dans la même direction. L’Autorité des services financiers (FSA) a revu le dossiers de 103 clients à « haut risque » de la banque (des criminels, des trafiquants de drogue, etc.), et conclu que 73 d’entre eux (soit une proportion de 71%) n’ont pas été l’objet de vérifications cherchant à identifier les clients à « haut risque » et les personnes exposées à la politique, c’est-à-dire des politiciens corrompus ou des responsables gouvernementaux perçus comme « présentant un risque inacceptable ».

On ne sait pas toutefois si la Reine Elisabeth II fait partie des dossiers étudiés par l’Autorité.

La Banque Coutts est aujourd’hui intégrée à la division de la gestion des grandes fortunes de la Royal Bank of Scotland (RBS), détenue en majorité par le gouvernement britannique suite à sa nationalisation en 2009.

« Les défaillances de Coutts sont significatives, nombreuses et inacceptables », a déclaré Tracy McDermott, directeur intérimaire de la FSA : « Sa conduite a été bien en dessous des normes établies, et l’importance de l’amende montre bien à quel point nous estimons que la faute commise est grave. »

La banque avait déjà été condamnée pour ne pas avoir empêché des organisations terroristes d’utiliser ses comptes, dans le cadre d’une amende de 5,6 millions de livres infligée à RBS en 2010. Elle avait été également condamnée à une amende de 6,3 millions de livres en novembre 2011, pour avoir négligé d’expliquer à ses clients les risques associés à des instruments financiers croisés avec l’assureur américain AIG, qui a lui aussi été sauvé de la faillite par le gouvernement américain. Ainsi, Coutts a été condamnée à un total de plus de 25 millions de livre d’amende au cours des dernières années, plus que toute autre banque.

Tout ceci émerge, comme l’a fait remarquer l’agence de presse iranienne PressTV, comme suite à la polémique lancée la semaine dernière par Jacques Cheminade dans le cadre de la campagne présidentielle, en affirmant qu’une partie, mais pas la totalité, de la fortune de la Reine d’Angleterre et surtout de l’Empire britannique provient historiquement de l’argent de la drogue, plus précisément des guerres de l’opium et les trafics associés.

Un rapport du FMI de 2001 affirme également que les sommes provenant de la drogue, réinvesti dans le système financier international, s’élevait pour cette année à 1500 milliards de dollars. L’essentiel de cet argent est blanchi dans les paradis fiscaux dont l’immense majorité est située dans le Commonwealth.

Sans oublier la plus grande lessiveuse de la planète : la City de Londres, comme le dénonçait le 2e rapport d’évaluation mutuelle du Royaume-Uni par les experts du GAFI de septembre 1996 : « Le Royaume-Uni et, en particulier, la ville de Londres, demeurent attrayants pour les blanchisseurs d’argent, en raison de la taille et de la sophistication de leurs marchés financiers. L’étude d’un certain nombre de grosses affaires de blanchiment d’argent non liées au trafic de stupéfiants sur lesquelles il y a toujours enquête dans la ville de Londres a montré que ces affaires étaient toutes importantes (certaines d’entre elles dépassant les 100 millions de dollars des Etats-Unis), qu’elles avaient toutes une dimension internationale reposant souvent sur l’utilisation de techniques classiques de blanchiment d’argent comme les sociétés écrans et qu’elles se greffaient en majorité sur des infractions primaires commises hors du Royaume-Uni. Outre que le nombre d’infractions primaires présumées commises en Europe orientale est important et que nombre de professions libérales telles que les avocats sont utilisées pour blanchir le produit de ces infractions, des objets de valeur, métaux précieux notamment, seraient de plus en plus utilisés pour les transferts de propriété d’un pays à l’autre. »

Bien que cette réalité fut étayée à l’époque par le rapport d’Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, elle semble encore faire halluciner certains journalistes.

Voir également la vidéo : City de Londres, la finance en eaux troubles.

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lci-retraites.mp4

23 Mars 2012 , Rédigé par dodo

 

 


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Médic-psycho attention danger

18 Mars 2012 , Rédigé par dodo

 Tout d'abord, quelques faits :

      - Jusqu'à l'avènement des médicaments psychiatriques de Big Pharma, la plupart des gens qui souffraient d'un épisode psychotique (schizophrénie) guérissaient.

      - Jusqu'à l’arrivée du Lithium, le trouble maniacodépressif était si rare qu’à peine une personne sur cinq à dix mille en était atteinte, et presque toutes se rétablissaient. De nos jours, un Zunien sur 20 à 50 est diagnostiqué de cela et drogué pour. C’est désormais considéré comme une affection permanente.

      - En 2007, le nombre d'enfants handicapés mentaux était 35 fois plus élevé que le nombre de 1990.

      - Jusqu’à ce que les gens soient drogués pour la schizophrénie, leur espérance de vie était identique à celle des autres. De nos jours, toute personne diagnostiquée peut s’attendre à voir son espérance de vie réduite de 25 ans. Cela signifie qu’un homme qui aurait pu espérer avoir une durée de vie typique, aujourd'hui de 78 ans en Zunie, est susceptible de vivre seulement 53 ans s'il est traité avec des antipsychotiques.

      Ce sont des faits abasourdissants, mais ils sont tous fidèlement et minutieusement confirmés dans le brillant ouvrage de Robert Whitaker, Anatomy of an Epidemic [Anatomie d'une épidémie] (1), ainsi que dans plusieurs livres du docteur Peter Breggin. Ce problème me touche directement. Il m’a été difficile d'écrire sur ce sujet, car la personne atteinte n'est pas moi, mais quelqu'un bien-aimé, qui a été changé par Big Pharma, la psychiatrie et la médecine moderne.


      Mais ce qui arrive aux gens doit être dit, surtout maintenant, pour nos enfants. Bien trop de vies sont totalement brisées par des traitements médicaux qui, à mon avis, peuvent être seulement qualifiés de malveillants.



Vérité sur les drogues psychiatriques


      La psychiatrie s’est ingéniée à se faire passer pour une vraie médecine, à l'instar des autres professions médicales, comme la gastro-entérologie et la neurologie. Pour parvenir à cet objectif, la décision fut prise de soutenir que la maladie mentale a des causes physiques et est soignable avec des médicaments. L'American Psychiatric Association (APA), le National Institute for Mental Health (NIMH), et la National Alliance for the Mentally Ill (NAMI), s’associèrent avec Big Pharma pour convaincre le monde que le haut est en bas et que le noir est blanc.


      En dépit du manque absolu de preuve, ils affirmèrent que les gens souffrent de problèmes mentaux parce qu'ils ont le cerveau malade – leur cerveau détraqué souffre de déséquilibres chimiques. Des années et des années de recherches, certaines brillantes, tentèrent de prouver que le cerveau des malades est à l'origine des troubles mentaux. Ils ne purent jamais le faire, mais ça ne fit aucune différence. Les études prouvant le contraire furent manipulées pour donner l'impression qu'elles montraient des différences physiques ou chimiques dans le cerveau des gens atteints de maladies mentales.


      Ce n'était rien d'autre qu'un mensonge. Il n'y avait pas une once de vérité. Pas le moindre indice ne montrait que les gens avaient une anomalie cérébrale lors des premiers diagnostics de maladie mentale. Il importait peu que le diagnostic soit dépression, psychose maniacodépressive, schizophrénie, ou la foule de nouveaux diagnostics dont il fut fait étalage comme excuses pour prescrire des psychotropes.


      Seulement, à présent, il y a du vrai en cela. C’est la véritable tragédie du crime de la psychiatrie : Aujourd'hui, dès que les gens commencent à prendre des psychotropes, le mensonge initial devient vérité. Les drogues endommagent le cerveau, et tout indique que c'est permanent. Ces dommages cérébraux donnent d’authentiques troubles du cerveau, qui engendrent ces mêmes symptômes pour lesquels les drogues sont prescrites.


      La psychiatrie est à l'origine de l’immense majorité des maladies mentales.


      L'ampleur de cet holocauste iatrogène, médicalement induit, était quasi-inconcevable avant que Big Pharma et la psychiatrie ne décident de s'en prendre aux enfants. Aujourd’hui, nous ne savons pas encore exactement le degré de calamité cela atteindra. Si l'on considère les énormes dommages fait au cerveau adulte, que doit-il arriver au cerveau des enfants ? De combien sera réduite leur vie, après que sa qualité ait été quasiment détruite ?



Maniaco-dépression : Antidépresseurs et antipsychotiques


      La psychose maniacodépressive est un excellent exemple des changements dans le cours naturel perçu de la maladie mentale. Il y a exactement 50 ans, avec à peine un cas sur cinq à vingt mille personnes, la psychose maniacodépressive était extrêmement rare. La plupart des victimes, vraisemblablement pas moins de 80%, connaissaient un seul incident et retournaient à la vie normale. Or, aujourd’hui, pas moins d’un individu sur 20 à 50 est diagnostiqué maniacodépressif, et, comme Whitaker le démontre clairement dans Anatomy of an Epidemic, la seule explication possible implique l’action des drogues données pour la dépression et la psychose. Le pronostic désormais avancé pour la psychose maniacodépressive, c’est qu'elle est permanente. Les psychiatres ne donnent généralement pas l’espoir d'y échapper !


      Considérez que les enfants sont maintenant livrés à cette magouille de drogue mentale. De combien sera réduite leur vie, et dans quel état la passeront-ils ? Merci aux semblables du Dr Joseph Biederman, qui, selon Whitaker, « ont spécifié le cadre du diagnostic qui a rendu possible [le diagnostic des enfants atteints de psychose maniacodépressive]. » Nous avons un très grand nombre d'enfants diagnostiqués à tort, puis droguée avec les psychotropes les plus puissants et nocifs imaginables – et pire, avec des cocktails de ces drogues.


      Ces enfants deviennent inévitablement de plus en plus malades. Parfois à peine à l’âge de deux ans, à cause d'un diagnostic bidon, leur vie est brisée. Ils deviennent juste du fourrage pour l’industrie mercantile du gros business pharmaceutique et médical.


      La psychiatrie couvre bien sûr d’une manière retorse ce qu'elle fait à ces enfants. Ils changent simplement la description de l'évolution naturelle de la « maladie » qu'ils ont définie. Au lieu de reconnaître que la plupart des gens se rétablissent, ils disent à présent qu'il n'y a aucun espoir de guérison. Ils disent maintenant naturel ce qu'ils ont créé.


      Voilà le vrai terrorisme. Le système médical moderne a décidé que les gens qu'il est censé servir sont sans valeur, que leur but est de servir de pâture à l'insatiable machine à produire des bénéfices qu'il est devenu.

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